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Agar Agar

À l'occasion du festival Biarritz en été, nous avons pu échanger avec le duo Agar Agar.

Composé de Clara et Armand, le groupe a remporté le concours des Inrock Lab 2016 et depuis, les deux acolytes ne cessent de prouver que la musique alternative française est bourrée de talent.


Agar Agar © Andrea Mae Perez

Pour commencer, pourquoi Agar Agar?

Armand : En fait Agar Agar, c'est le nom d'une gélatine végétale. À la base on s'en foutait d'avoir un nom avec Clara. On commençait à faire de la musique très sereinement et puis avoir un nom, cela ne nous intéressait pas. Quand le projet s'est concrétisé, il a fallut trouver un nom et nous n'avions pas forcément envie de s'appeler "Armand et Clara". Du coup, on a cherché dans les mots qui nous plaisait et Agar Agar faisait partie des mots qui sonnaient bien. Cela faisait parti d'une recette que je faisais pour nourrir mes fourmis et nous trouvions ça assez cool.


Quelles sont vos influences musicales?

Clara : Pour ma part, plus Garage, Cold Wave et un peu de Rap aussi. Depuis toujours j'écoute beaucoup Ariel Pink, John Maus et en ce moment pas mal de Okay Kaya, une nana super chouette qui fait de la musique Folk, Alternative. En fait, le panel est assez large.

Armand : Pour ma part aussi, j'ai un panel assez large, j'aime beaucoup la musique éléctronique instrumentale. Des BO de jeux vidéos un peu étranges. Des choses un peu plus Techno, Rave.


Pouvez-vous me parler de la pochette d'album de votre EP : "Cardan" ? D'où vient le visuel, pourquoi cette illustration ?

Armand : L'illustration vient de Groduk & Boucar. Ce sont deux illustratrices qui vivent à Paris. On leur à laissé carte blanche concernant le visuel. On a juste expliqué le concept de notre album. En général, quand on bosse avec des artistes que nous aimons bien, nous leur laissons un maximum de liberté car c'est là où ils sont les meilleurs. Nous n'avons pas conceptualisé l'image. Ne nous voulions pas nous enfermer dans un concept trop cadré en demandant quelque chose de précis. 


Dans le clip "Fangs Out", vous avez bossé avec l'actrice du film Grave, Garance Marillier. J'ai trouvé ça hyper intéressant, mais pourquoi ce choix?

Clara : Justement, ce film est bouleversant. Cette nana est arrivée comme ça, elle était inconnue avant Grave et elle a un talent incroyable je trouve. Moi, je voulais faire écho à ce film en la prenant comme actrice dans notre clip. J'ai beaucoup aimé l'atmosphère de l'oeuvre, ce côté cannibale, un peu crade. Garance véhiculait ce côté animal, doux mais aussi un peu timide. C'était vraiment ce que nous voulions pour illustrer notre musique.


Votre dernière musique traite des relations amoureuses, du fait que beaucoup de couples flemmards se contentent de recouvrir les problèmes pour cacher la misère, pourquoi ce sujet?

Armand : Ce n'est pas forcément du vécu. Nous avons tous une éducation sentimentale. C'est quelque chose d'universel, que tout le monde partage : les relations amoureuses, la vie de couple. C'est un truc qui se construit petit à petit pour tous les individus. C'est une expérience universelle qui n'est jamais résolue au final. On se redécouvre souvent après ce genre d'expérience, c'est souvent un échec mais le fait de l'accepter, cela donne de la force, on gagne en autonomie. C'est un sujet qui touche toute la société.


Pourquoi cette métaphore avec le tapis du coup?

Clara : L'idée vient de Antonin Peretjatko. Nous, on lui a juste parlé de la base de notre composition musicale. On s'est inspiré d'une BD qui s'appelle Megg, Mogg and Owl, une sorcière verte qui est complètement défoncée avec ses potes. J'ai écrit les paroles en lisant cette oeuvre. Dans cette BD, il y a une omniprésence des objets et Antonin a traduit cela avec un tapis pour le clip. Mais nous aurions pu choisir un piano. Encore une fois, on lui a laissé carte blanche. Un peu comme avec la pochette d'album Cardan. On aimait beaucoup son taff du coup, on lui a fait confiance.


Votre prochain album " The dog and The futur" sort en septembre, vous pouvez m'en dire plus sur cet album ? 

Armand : L'idée de cet album c'est d'ouvrir pas mal de portes, d'expérimenter pas mal de choses que nous n'avions pas forcément expérimenté au début quand nous nous sommes rencontrés. On a un peu grandi musicalement. C'est un album avec nos deux facettes musicales, nos deux personnalités. The Dog, c'est le côté intuitif, voir les choses en perpétuels mouvements. C'est un peu notre histoire au final. Et Futur, ce n'est pas forcément aller de l'avant mais c'est plus réfléchir au temps des choses, au recul que peut nous apporter nos expériences, notre vécu, comment nous voyons notre passé et celui des autres. La façon dont nos expériences nous permettent de nous donner des forces  enfouies au fond de nous même.

Dans cet album, on a pioché dans pas mal de cultures, d'époques différentes mais aussi dans notre vécu. Ce n'est pas un album qui sonne musique expérimentale mais c'est un album composé de manière intuitive et pour le live.


Pour terminer, cela fait quoi de jouer en clôture d'un festival de la ville où tu as vécue Clara ?

Clara : C'est un énorme plaisir de jouer en terre connue. De plus, nous n'avons jamais joué en clôture d'un festival. C'est une superbe opportunité. 




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Nicolas Jolfre I 03/07/2018

© Blandine Pichon

© Andrea Mae Perez