Carlouchina : broderie érotique et libératrice exposée à La Reprise, boutique atelier textile

Mis à jour : il y a 4 jours

Feather a rencontré l’artiste Carlouchina, créatrice de broderies qui représentent avec un réalisme coloré, les joies et passions suaves de la sexualité. À l’occasion de cette rencontre passionnante, nous vous faisons également visiter la boutique et atelier La Reprise, lieu dans lequel Carlouchina crée et expose et où elle nous accueille chaleureusement.



Carlouchina nous parle de sa nouvelle série de broderies qui s’inspire du travail du photographe Jean-François Jonvelle. En plaçant toujours l’intimité et la sensualité des femme au coeur de son travail, Carlouchina s’inspire des photographies du livre Celle que j’aime, sorti en 1983. On y ressent l’amour des silhouettes féminines et de leurs courbes. Entre Ana Teresa Barbosa et Kim Roselier, tout en apportant sa propre sensibilité et ses signatures : la rencontre du figuratif et de l’épuré et la vivacité des couleurs primaires, Carlouchina célèbre la femme dans son plus simple appareil et rend hommage au photographe révélateur de beauté qu’était Jean-François Jonvelle.


Comment as-tu découvert l’ouvrage de Jean-François Jonvelle et pourquoi as-tu eu envie de t’inspirer de ses photos ?


Cette série est différente de mon travail de broderie, parce que normalement c’est moi qui prend les photos des modèles, qui les dessine et qui ensuite les transforme en broderie. Et là ce n’est pas le cas, en me promenant à la brocante de Saint-Michel un dimanche, je suis tombée sur un livre de photos érotiques, le recueil photographique de Jean-François Jonvelle. Je suis tombée complètement amoureuse de ses photos. C’était des photographies prises à l’argentique des femmes qu’il a pu avoir dans sa vie. J’ai trouvé ces corps très photogéniques, puisque je trouve le corps de la femme photogénique en général. Mais j’étais tellement inspirée que j’ai voulu les reproduire en broderie, en dessin et d’en faire quelque chose d’autre. Je voulais les détourner avec plus de couleurs.

En parlant de couleurs, d’où tiens-tu ce style très coloré ?


Les couleurs primaires c’est quelque chose qui me suit partout, depuis l’enfance, elles ne m’ont jamais quitté. Artistiquement et personnellement je crois que j’ai toujours été un peu bloquée entre l’enfant et la femme, j’ai toujours eu cette admiration pour le côté enfantin, l’état naturel de l’être humain, la joie, la découverte, le divertissement, l’apprentissage et d’un côté la femme dans toute sa sensualité, forte et à la fois mystérieuse. J’ai vraiment envie de lier les deux dans mon travail; dans la forme, utiliser des couleurs primaires, des pompons etc et dans le fond parler de sujets plus adultes liés à l’érotisme, la sexualité, le corps, ou encore la masturbation.


Qu’est-ce que tu penses avoir apporté de nouveau aux femmes de Jean-François Jonvelle ? En quoi son regard est différent que celui que tu portes sur tes modèles ?


La première impression que j’ai eu quand j’ai regardé les photos c’est que les photos étaient très belles, les corps des femmes et les femmes étaient magnifiques, le sujet aussi, le fait qu’il les prenne dans leur intimité m’a beaucoup plu, j’adore les photos de vies, voir les gens au réveil qui se servent dans leur frigo ou des photos comme ça. J’aimais déjà beaucoup le sujet, mais la deuxième réflexion que je me suis faite c’est qu’elles étaient toutes super belles, ces femmes. C’était toutes des canons de beauté même si elles avaient des traits différents, il n’y avait pas une grosse, pas un seul corps avec de la cellulite, c’était très lisse. Ce qui m’a un peu bloqué mais j’ai quand même ressenti de l’amour dans son regard, j’ai vu qu’il prenait ces femmes dans leur environnement naturel : quand elles s’habillent, quand elles mangent, quand elles prennent leur douche, et c’est ça que j’ai aimé. On sent également que ce n’est pas du voyeurisme, les femmes apprécient être prises en photo. Mais j’aime qu’il y ait un peu plus de diversité dans les corps dans mon travail.


Tu l’as déjà évoqué mais y a-t-il des tabous, ou des complexes que tu souhaites libérer à travers tes broderies ?


Oui, j’aimerais que la sexualité de la femme soit épanouie, montrée et libérée tout simplement. Qu’il n’y ait pas de tabous par rapport à ça. À force de créer j’ai peut-être du mal à avoir le recul nécéssaire pour me dire que je vais trop loin ou que j’évoque des sujets tabous. Mais c’est devenu tellement naturel pour moi et aujourd’hui dans notre société, ce sont des sujets dont on parle de plus en plus, la parole se libère à travers les podcasts ou les différents projets artistiques et c’est tant mieux ! J’ai envie de le montrer comme quelque chose de normal, au lieu de dire que c’est un tabou.


Cette évolution dans ton processus artistique, de la photographie au dessin à la broderie, comment l’as-tu adopté ?


La broderie, c’est arrivé quand j’étais en école de mode, on avait un exercice de broderie à faire et un dossier à constituer sur la création textile. À la base, j’ai toujours aimé le dessin anatomique donc je faisais beaucoup de dessins de femmes nues. En faisant ce travail donné par l’école, je me suis dis pourquoi pas reproduire ces dessins en broderie. Et la photo m’a aidé à avoir un support, c’est aussi une discipline que j’aime beaucoup. Même si dans ces trois médiums il n’y a que la broderie et le dessin que j’utilise à but final. Je ne suis pas encore totalement à l’aise avec la photographie de nu, j’ai du mal à la considérer comme un projet fini, car c'est une technique particulière et compliquée à cause du droit à l’image etc.


Pourrais-tu nous parler de la boutique La Reprise, qui est l’endroit où tu travailles et exposes ?


Ça fait deux ans que je suis à l’atelier. Au départ nous étions trois créatrices, on avait chacune notre espace de création, on faisait de la retouche couture toutes les trois. Celle qui a ouvert l’atelier est partie récemment, on l’a donc repris avec ma deuxième collègue et maintenant on est un atelier-boutique. Dans la boutique il y a une marque de friperie (Last Call), la marque de broderie que j’expose avec mes dessins et plus tard des vêtements customisés. Et dans la partie atelier on fait les réparations, customisations et retouches de vêtements, un peu de confection et de création évidemment !


La boutique-atelier La Reprise que vous découvrez en photo célèbre son ouverture le 25 septembre, l’occasion de chiner la marque vintage Last Call tout en découvrant les oeuvres colorées et envoûtantes de Carlouchina. Rendez-vous le 25 au 3 rue Porte Cailhau pour l’inauguration d’une boutique qui habite créativité, durabilité et convivialité !

Si cette interview vous a plu et que vous souhaitez découvrir les broderies et dessins de Carlouchina, n’hésitez pas à la suivre son compte Instagram sur lequel elle poste régulièrement et peut également recevoir vos demandes personnalisées ! Faites un tour à la boutique-atelier La Reprise pour voyager dans son univers et profiter des dernières pièces de la marque vintage Last Call. Pour un anniversaire, un cadeau romantique, une preuve d’amour, un geste tendre, les broderies de Carlouchina sont certaines de faire chaud au coeur à vos proches ou d’apporter une touche sensuelle et colorée à votre petit chez vous.


Suivez Carlouchina et La Reprise sur Instagram pour plus d’informations sur l’inauguration de la boutique, on a hâte de vous y voir !


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Louise Naudot | 13/09/2020