Cats on Trees, rencontre pour leur nouvel album « Alie »

Quelques jours avant leur concert du 24 février à la Rock School Barbey, seconde date de leur nouvelle tournée, nous avons rencontré Cats on Trees. Duo formé en 2007, ils signent aujourd’hui leur meilleur album avec des mélodies à la fois pop et intimes. Yohan Hennequin nous parle de la conception de « Alie », leur retour sur scène, et quelques anecdotes sur les chansons de ce troisième album.

Pourquoi avez-vous choisi le titre « Alie » pour ce troisième album ?

Alie, c’est une personne avec qui on travaille, qu’on aime. C’est quelqu’un qui nous a beaucoup réconforté dès nos débuts, a toujours été là pour nous à des moments importants de nos vies. Elle nous a aidé à traverser le tourbillon du succès. A l’origine, on voulait lui offrir une chanson. Finalement, lorsqu’on a cherché un nom pour l’album, cela nous a paru évident de l’appeler Alie.

Nous sommes très fiers de ce disque donc très heureux que les gens le reçoivent aussi bien. On signe nos meilleures chansons, nos meilleures mélodies, avec nos textes les plus introspectifs.

Etes-vous contents des retours que vous avez eus depuis sa sortie ?

Oui, nous sommes très surpris par l’accueil de la part du public. Nous sommes très fiers de ce disque donc très heureux que les gens le reçoivent aussi bien. On signe nos meilleures chansons, nos meilleures mélodies, avec nos textes les plus introspectifs.

Dans quel contexte avez-vous créé votre album ?

Nous l’avons enregistré chez moi sur le petit piano du salon, ou chez Nina (seconde membre du duo) avec des panneaux acoustiques construits avec les moyens du bord. Ce disque a un côté très artisanal, on l’a fait tout en douceur. On n’avait pas la pression d’être dans un grand studio où le temps et l’argent défilent. En parallèle, nous avons eu des collaborateurs exceptionnels dont le producteur anglais Liam Howe (Lana del Rey, FKA Twigs…). Cela a créé une synergie magnifique. Nous avons des productions très abouties, avec en même temps un côté poétique et artisanal.

Photo : Clémence Roger

Comment vous êtes-vous organisés pour la composition ?

On n’a pas vraiment de règles. Parfois, on fait des morceaux chacun de notre côté. Mais ce que je préfère, c’est amener des idées, et Nina me complète en arrivant avec un super couplet dont elle seule a le secret, que je n’arriverai pas à faire au bout de huit ans de travail acharné. Nous avons vraiment une complémentarité unique, qui est un peu comme un trésor qu’on adore cultiver. Il y a toujours une place pour l’autre, pour l’échange, la concertation. On ne fait que des choses qu’on a chacun validées, que l’on sent tous les deux, et dans lesquelles on se retrouve.

Le confinement a aussi altéré ça, le fait d’être séparés pour la première fois l’un de l’autre pour travailler.

Justement, comment arrivez-vous à renouveler constamment votre duo ?

Musicalement, artistiquement on est toujours surpris. On sait comment on fonctionne, mais on a aussi admis avec le temps qu’on pouvait parfois ne pas s’entendre, fonctionner différemment, qu’on avait besoin de temps aussi chacun de notre côté. Le confinement a aussi altéré ça, le fait d’être séparés pour la première fois l’un de l’autre pour travailler. Par exemple, je me suis rappelé que j’adore travailler la nuit, alors que Nina préfère travailler tôt le matin. C’est comme toutes relations humaines, on le raconte dans Please, please, please. On passe par plein de phases. Il faut se soutenir, travailler sur cette relation au quotidien avec des trésors d’abnégation, de compassion, d’entente, afin de la préserver. Nous avons une chance infinie d’avoir cette complicité et de constituer un duo avec son/sa meilleur(e) ami(e).

Quels sont les principaux thèmes abordés dans votre album ?

On parle beaucoup des relations avec les gens qu’on aime, d’introspection par rapport à ça, de recul sur la transmission car nous avons tous les deux des enfants. J’ai perdu mon père récemment, Nina à une autre époque. Ça a remis beaucoup de choses en perspectives. Je me suis demandé ce que je retiens de ce que mon père m’a transmis, qu’est-ce que j’ai envie de transmettre à mon fils. Nina me parlait toujours de la relation fusionnelle que ses parents avaient, l’amour qu’ils lui montraient. C’est presque de la naïveté, ça permet de s’armer dans la vie, de donner un a priori positif sur tout.

Pour cet album, on a parfois travaillé plusieurs années pour que ça se décante et que ça donne quelque chose de bien.

Quelle chanson a été la plus difficile à écrire ?

Please, please, please est une mélodie qu’on avait depuis plusieurs années. On pensait la mettre sur le deuxième album mais on n’avait pas trouvé le bon texte ni le bon arrangement. On savait que c’était une mélodie très forte, mais le texte n’allait pas, on a failli la donner. Le confinement a donné un éveil à Nina car elle a été confrontée de manière soutenue avec ses proches. Ça a altéré le fait qu’elle voulait parler justement des trésors d’abnégation que tu dois déployer pour préserver les relations avec les personnes que tu aimes. La chanson a fini par prendre tout son sens. Il y a des moments pour les chansons. Avant, on stressait un peu de ne pas trouver la bonne formule au bon moment. Pour cet album, on a parfois travaillé plusieurs années pour que ça se décante et que ça donne quelque chose de bien.


On peut voir sur votre dernier album que vous avez écrit trois chansons en français (Tendresse, Une nuit ou deux, Nino). Qu’est-ce qui change dans votre manière d’écrire par rapport à l’anglais ?

On affectionne les deux, nous avons un très fort amour de la mélodie. On est inspirés par la pop anglaise, il y a toujours des mots sur lesquels tu peux te raccrocher et créer ton histoire. Sur notre précédent album Néon, on avait écrit un morceau en français qui s’appelait Les bateaux. Quand on le jouait sur scène, j’avais presque envie de pleurer, c’était très émouvant, ce sont des sensations très différentes. Ça reste toujours un challenge de chanter en français. Nina s’est inspirée des poésies qu’elle lit à ses enfants. Avec des mots simples, on peut raconter des choses très profondes et parfois plus graves, toujours avec douceur.

On ne sait pas du tout ce qui va plaire, puis ça change régulièrement. Je pense que si on y pensait en créant, on se perdrait complètement.

Lorsque vous écrivez vos chansons, est-ce que vous pensez à l’après ? (Les concerts, la diffusion en radio…)

Nous avons des personnes superbes dans notre label (Tôt ou Tard) qui réfléchissent à ça avec nous. Bien sûr, on sait que les morceaux qui bougent, ça pourrait nous aider lors des festivals. On aime creuser les contrastes. On adore avoir des morceaux très doux, intimes, en piano-voix, sans effet, complètement à nus. Puis, on aime aussi avoir des morceaux très énergiques en mode Arcade Fire, groupe de rock là pour mettre le feu, faire la fête et faire passer un bon moment aux gens. Je pense que les morceaux forts sont d’autant plus forts après des passages doux. C’est vraiment ce qu’on cultive sur nos albums, donc on préfère avoir la surprise des singles. On ne sait pas du tout ce qui va plaire, puis ça change régulièrement. Je pense que si on y pensait en créant, on se perdrait complètement.

Enfin, quel morceau conseillez-vous d’écouter à un lecteur qui ne connaîtrait pas votre musique ?

Il y en a plusieurs, chacun a une histoire. Old Friends, c’est une chanson sur notre amitié, qui on est, sur notre relation avec Nina. C’est un bilan de notre aventure commune qui dure depuis presque vingt ans. J’ai aussi beaucoup d’attachement pour Tendresse parce que cela parle de transmission, c’est un joli moment pour nos enfants. Le morceau est assez fun et frais. J’adore également Took Took car c’est un cadeau qu’on avait fait à notre label à l’origine. Ils étaient en train de déménager donc on leur a composé une chanson dans un camion. Puis, on leur a envoyé a cappella en l’enregistrant sur un répondeur. Finalement, on s’est dit que c’était chouette, c’est une ode à la liberté, à la route. Ça me rappelle la tournée, les concerts. J’ai encore plus hâte !

Photo : Clémence Roger

Retrouvez Cats on Trees durant leur tournée dans toute la France dès maintenant.



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Clémence Roger I 01.03.2022