Rencontre avec le duo bordelais ROP : le feeling comme maître mot

Mis à jour : janv. 28

A l’occasion de la sortie de leur morceau « Seule » le 20 janvier et du clip qui l’accompagne mercredi dernier, Feather a rencontré ROP, le jeune duo bordelais plein de chill et de bonnes vibes. Auteurs, compositeurs et interprètes, Julien et Hugo nous ont raconté l’histoire de leur amitié devenue fusionnelle et de l’évolution de leur musique. Avec « Seule », ROP souhaite prendre un nouveau départ et trouver sa voie. Après une tournée bordelaise qui s’est étendue jusqu’en Allemagne, près de 30 000 écoutes sur YouTube et une communauté Instagram toujours plus grandissante, ROP se lance sur le terrain de la langue française et nous, on adore ! Un mélange de pop française aux influences folk britanniques, idéal pour les couchers de soleil sur les quais, les apéros entre amis dans les parcs bordelais ou les escapades sur le bassin.

© ROP

Bonjour ROP, merci de nous accorder cette interview ! Alors, votre duo en quelques mots ?

Hugo : On pense que c’est avant tout une histoire d’amitié. Ça fait maintenant deux ans que c’est un projet sérieux. On pourrait parler d’un avenir en construction. On est en train de bosser pour se trouver, pour découvrir notre vraie identité et on pense être sur la bonne voie.

Julien : C’est récent dans notre vie qu’on se soit professionnalisé. Tout s’est précisé cette année, 2020 nous a permis de trouver notre chemin.

Pourquoi ce choix de nom « ROP », pouvez-vous nous en dire plus ?

Julien : A la base on s’appelait « Rope » comme une corde en anglais. Pour plein de raisons, il y a quelques années on a décidé d’enlever le « e » pour ne pas forcément être rattachés à un objet. En plus, esthétiquement on trouvait ça intéressant d’avoir trois lettres, comme des initiales.

Hugo : Ça avait du sens par rapport à la corde vocale, à la corde de guitare ça sonnait bien à l’époque. Au final, on voulait que ce soit plus un nom, notre nom, plutôt que ça ait une signification particulière.

On s’est rencontrés au lycée, c’était une rencontre non-amicale parce que Ju ne m’appréciait pas trop (rires), on n’avait pas les mêmes amis. Il dit qu’il était plus du style à être au premier rang, et moi derrière.

J’ai parcouru votre profil Instagram, ce dernier représente deux jeunes mecs, cools, plein de bonnes vibes mais c’est avant tout une belle amitié qui ressort de votre feed. Pouvez-vous nous parler de cette rencontre amicale et musicale ?

Hugo : On s’est rencontrés au lycée, c’était une rencontre non-amicale parce que Ju ne m’appréciait pas trop (rires), on n’avait pas les mêmes amis. Il dit qu’il était plus du style à être au premier rang, et moi derrière. A la fin d’un cours, avec un autre copain, ils ont fait un morceau guitare/voix. Moi, je faisais de la guitare donc je me suis dit « cool des musiciens ». On a discuté, créé des liens, pour très vite se retrouver tous les deux. De fil en aiguille, après avoir fait des reprises d’un peu tous les styles, on est parti dans un univers britannique, jusqu’à cette année, où l’on s’est dirigé vers le français et la pop. On est tous les deux en couple et pourtant on a l’impression de vivre un couple rien qu’à nous deux.

Julien : Et on est devenus meilleurs potes ! En tout cas lui ça l’est devenu pour moi, à l'inverse je ne sais pas… (rires)

Comme je te le disais tout à l’heure, au début on était plutôt dans un univers britannique avant d’être vraiment dans cette phase « professionnelle »

Quels sont les artistes qui vous inspirent ?

Julien : Il y en a beaucoup, on est passés par plein de phases. Déjà, on écoute beaucoup de styles de musique très différents. Depuis Angèle ou encore Julien Doré, il y a une pop francophone à l’ancienne qui se développe et on a eu envie de surfer sur cette vague qui nous plait.

Hugo : Comme je te le disais tout à l’heure, au début on était plutôt dans un univers britannique avant d’être vraiment dans cette phase « professionnelle ». On était inspirés par divers artistes tels que Asgeir ou Ed Sheeran donc beaucoup de folk, qui ne se ressent plus dans ce qu’on fait maintenant même si c’est toujours le cas malgré nous. Désormais, on se tourne plus vers ce que font Poupie ou Julien Granel qui nous intéressent de par leurs personnalités, leurs univers artistiques au sens large et pas uniquement leur musique.

© ROP
Ce qui nous inspire le plus, ça va être cliché mais ce qui tourne autour de l’amour et de l’espoir. Il y a aussi quelque chose de particulier voire compliqué lorsque l’on écrit à deux, c’est difficile de parler de choses personnelles.

Quels sont les sujets qui vous influencent dans l’écriture de vos paroles ?

Hugo : On est pas mal inspirés par des personnages féminins, instinctivement. On aime tout ce qui est métaphorique et subjectif, ce qui permet aux gens d’adapter nos textes à leur propre vie. On écrit sur ce qui nous parle, ce qui permet de prendre plusieurs angles de vue. Ce n’est pas si authentique que ça, mais c’est ce qui nous intéresse. On est clairement en train d’apprendre l’écriture, ce n’est pas facile pour nous parce qu’écrire en français c’est récent. Les thèmes seront amenés à évoluer et c’est ce qu’on recherche.

Julien : On n’a pas trop cette pâte-là de raconter ce qui se passe dans notre vie… Parce qu'il ne se passe rien (rires). Du moins il ne se passe pas suffisamment de choses que l’on ait envie de raconter. Ce qui nous inspire le plus, ça va être cliché mais ce qui tourne autour de l’amour et de l’espoir. Il y a aussi quelque chose de particulier voire compliqué lorsque l’on écrit à deux, c’est difficile de parler de choses personnelles. Dans la dualité, ce qui serait intéressant pour nous de faire ce serait d’écrire des choses qui nous concernent directement tous les deux et ce n’est pas toujours évident de mêler le personnel à la dualité. En tout cas, on part toujours de la musique pour créer, elle va guider nos textes.

Travaillez-vous seulement à deux en autoproduction ou êtes-vous entourés d’une équipe ?

Julien : On compose et on écrit seuls, et depuis l’après-confinement on travaille avec Tour Vie pour du booking et les RP. Musicalement, on travaille avec Leos Prod sur Toulouse. C’est avec eux que l’on a enregistré « Seule » sorti le 20 janvier. Ils ont co-composé et arrangé le morceau avec nous. Ça fonctionne vachement bien, puisqu’on est deux duos d’amis.

Hugo : C’est créé par deux potes, Léo Faubert et Léo Bouloumié que l’on a rencontré pendant le premier confinement, leur pâte nous a fait kiffer directement. Ils sont bien installés dans l’industrie, ils ont de l’expérience en tant que musiciens et compositeurs. On s’y est retrouvés, ils nous ont aidé à trouver la voie que l’on cherchait dans cette recherche d’identité musicale. On sait que pour un bon moment on va travailler avec eux. On fonctionne au feeling, comme d’habitude !

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On a toujours eu envie de faire les choses naturellement, comme le fait de travailler avec des gens avec qui on a le feeling. Avec nous, faut que ça coule de source ou ça ne se passe pas.

Comment définiriez-vous votre musique ? Que voulez-vous provoquer chez ceux qui vous écoutent ?

Julien : Ce qu’on cherche à provoquer c’est avant tout des choses chez nous. Dès qu’on arrivera à cet état de plénitude, on pourra te répondre plus clairement. Dans tous les cas, l'image ne se contrôle pas totalement, on verra ce que les gens peuvent penser de ce morceau. On veut faire de la musique posée, chill, comme on est.

Hugo : On a toujours eu envie de faire les choses naturellement, comme le fait de travailler avec des gens avec qui on a le feeling. Avec nous, faut que ça coule de source ou ça ne se passe pas. L’idée est de véhiculer une image de mecs qui s’entendent bien, on veut que nos textes nous parlent à nous et parlent aux autres de part des sujets universels. On veut véhiculer un good mood, simple, accessible, qui donne envie de partager des moments ensemble. Si on devait donner un style à notre musique, ce serait une sorte de pop française même si c’est très large.


Sur vos plateformes et votre chaîne YouTube, nous pouvons écouter de nombreux cover. Comment choisissez-vous les morceaux à reprendre ?

Julien : L’avantage c’est que pour le coup on écoute vraiment les mêmes choses et comme on passe quasiment notre vie ensemble, si l’un découvre quelque chose il va le montrer à l’autre et vice-versa. Donc ça vient souvent de ce que l’on écoute et de ce que l’on kiffe vraiment. Comme tout ce qu’on fait, on ne se pose pas vraiment la question et ça se fait naturellement.

Hugo : Pour le coup, les vidéos faites pendant le deuxième confinement avec un rythme assez soutenu, c’était vachement lié à l’actualité. On suivait un peu toutes les sorties, tout ce qui nous inspirait pour reprendre le truc à notre sauce, let’s go quoi. Tout est une histoire de ressenti et d’émotions : le feeling.

Le 20 janvier 2021 a eu lieu la sortie de votre Single « Seule ». Pourquoi avoir décidé de passer à la langue française après votre premier EP « Hove » en 2018 en anglais ?

Hugo : Déjà, le fait est que chanter en français, en France, permet d’avoir plus de public, d’aller plus loin ça rentrait dans la balance mais ce n’est pas ce qui nous a fait changer de « bord ». C’est plutôt parce que nos inspirations évoluent aussi. Il y a eu beaucoup de nouveaux artistes en France qui nous ont fait aimer la nouvelle vague de pop vintage un peu synthétique. Ça nous a permis de nous remettre en question, on savait qu’on n’était pas dans le bon style, on le sentait. On avait aussi beaucoup de réflexions de notre entourage qui nous poussait à essayer. Pendant les dates que l’on faisait, on ressentait que ça plaisait plus.

Julien : Comme on était en pleine recherche d’identité, on est français, on a aucune autre origine donc c’est toujours un peu particulier de chanter dans une langue qui n’est pas la nôtre. Dès qu’on a commencé à faire des reprises en français, à écrire français on a eu un tout autre ressenti et on a compris que c’était la bonne formule.

Qu’est-ce que cela change pour vous, dans la composition de vos textes ?

Julien : On s’est directement rendus compte de la différence, dès que l’on a écrit nos premiers textes en français, on a mis beaucoup plus de temps. En anglais, il y a une idée une phrase, tandis qu’en français…(rires)

Hugo : Il y a aussi ce côté très intéressant, d’où le labeur un peu, de beaucoup plus jouer avec les mots, il y a mille façons de dire une chose. Nous qui aimons les métaphores et les images, c’est encore plus cool ! On peut donner plus de couleurs à nos sons.

© ROP
Il y a eu beaucoup de remises en question pendant ces deux confinements. Surtout le premier, car en plus on était séparés, chacun chez nous. Pas mal de création aussi au final puisqu’en sortie de confinement on a écrit des chansons et enregistré à Toulouse.

Le clip de ce son est sorti le 27 janvier dernier, qui l’a réalisé et que pouvez-vous nous en dire ?

Julien : On a encore bossé avec un duo (rires). Ce sont deux cousins réalisateurs, Julien Blanche et Nollan Larroque. On les a rencontrés en novembre pendant le second confinement par le biais d’un pote avec qui l’on travaille pour notre communication et notre graphisme. En raccourci, on parlait d’un éventuel clip avec lui, deux semaines après ils étaient sur Bordeaux et on a tourné la semaine qui suivait !

Hugo : En effet c’est un gros raccourci (rires). Il y a eu des discussions sur le thème du clip, le point de vue que l’on allait aborder, le script etc, mais entre le moment où l’on a fait connaissance avec lui à distance et le moment où l’on a tourné il s’est passé à peine un mois. On a tourné pendant le second confinement (en toute légalité bien sûr), tout s’est super bien passé, surtout pour une première expérience. On a eu la chance d’avoir une comédienne, Chloé Lamarque qui joue le rôle principal de ce clip, on en est hyper fiers. Le résultat est au-delà de ce que l’on espérait.


Vous avez commencé 2020 sur les chapeaux de roue avec en janvier la première partie de Frangines au Rocher de Palmer. Comment vivez-vous la période actuelle ? Est-ce l’occasion pour vous de créer ?

Julien : Il y a eu beaucoup de remises en question pendant ces deux confinements. Surtout le premier, car en plus on était séparés, chacun chez nous. Pas mal de création aussi au final puisqu’en sortie de confinement on a écrit des chansons et enregistré à Toulouse. Là on a sorti « Seule » mais courant 2021 il y en aura d’autres. C’est une manière aussi de se recentrer sur le projet, notamment avec les vidéos cover. On s’est re-concentrés sur notre musique, sans penser aux dates parce que même si on ne demande que ça, malheureusement il n’y en a pas. On espère être prêts. Bon sinon on ne va pas se mentir, c’était quand même une année de merde (rires).

Hugo : Comme dit Ju, sur le plan artistique le contexte jusqu'à maintenant a donné tout ça, et c’était bénéfique. On s’est préparés, on a mis le paquet pour s’éclater et faire avancer le projet en interne car il y a toujours de quoi faire quand tu veux te faire connaître. Là, le plan c’est d’avoir le plus de retours possibles sur « Seule » et notre clip, pour que l’on puisse avancer. On est déjà sur la suite, on compte beaucoup sur cette année en travaillant tous les jours.


Le « Tac au Tac »

- Un mot pour décrire votre acolyte ?

o Hugo : Frère !

o Julien : Frèrot (rires) facilité… !


- Concert ou studio ?

o Julien : Studio !

o Hugo : Concert !


- Votre artiste préféré ?

o Julien : Ed Sheeran sans hésiter !

o Hugo : En ce moment j’aime beaucoup Poupie.


- Votre morceau préféré ?

o Julien : Moi c’est « Again » de Archive.

o Hugo : J’ai bien aimé le dernier morceau de Jérémy Frerot, “Un homme”


- Film préféré ?

o Julien : Je vais dire la Saga Harry Potter, c’est le sang de la veine.

o Hugo : Star Wars !


- Série préférée ?

o Julien : Breaking Bad !

o Hugo : Ah ouais pareil !


- Mer, campagne, ville ou montagne ?

o Julien : Montagne.

o Hugo : Mer.


- Casquette ou chapeau (rires) ?

o Julien : Casquette (rires)

o Hugo : Chapeau bien sûr…




Un grand merci à Julien et Hugo pour leur enthousiasme et leur sympathie !


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Clarisse Jaffro ⎮ 25.01.2021

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