• Feather

Enchanté, moi c’est Thibaud je travaille pour Voyou !

Mis à jour : 15 juil. 2019

Durant le festival Vie Sauvage dans la douce citadelle de Bourg, Feather a rencontré le souriant Thibaud Vanhooland aka Voyou

Ce chanteur indé, qui slalome entre poésie et pop enjouée nous a parlé de son album Les bruits de la ville, de son public, de sa façon d’écrire et de voir la musique sans trop se prendre au sérieux et toujours avec une part de légèreté.


© Clarisse Cante

En ce moment tu es en tournée et tu as l’occasion de rencontrer ton public, que penses tu de celui-ci?

C’est déroutant car c’est des gens qui m’écoutent chez eux donc il y a ce

sentiment d’intimité, ils ont l’impression de me connaître alors qu’en fait pas du tout.

Sinon le public est bienveillant bien éduqué et c’est important, je n’ai rencontré que la base solide de mes auditeurs et je vois leurs âges, leur sexe, les artistes qui leurs plaisent…

J’ai remarqué qu’il n’y a pas trop d’ados dans le public, c’est plus des gens qui creusent sur internet ou qui connaissent le label.

Il y a aussi une petite base LGBTQA grâce au feat avec Yelle je pense.

Et je vois aussi des familles qui viennent ensembles à mes concerts, ce qui me touche beaucoup.



Avant tu étais bassiste dans un groupe et maintenant tu es chanteur solo sur le devant de la scène, qu’est-ce que ça change dans ton attitude ?

Je me comporte toujours comme si j’étais bassiste, j’ai du mal avec le rapport égocentriste des chanteurs, vu que j’étais bassiste personne me regardait et je m’y suis habitué et je me comporte toujours comme ça, un peu à faire n’importe quoi, comme si ce n’était pas moi au centre de l’attention même si ça l’est et je reste un peu là dedans sauf quand j’interagis avec le public, je suis très à l’affût de ce qui se passe dans le public et je préfère les pointer du doigt que me pointer du doigt.


On dit souvent de ton album qu’il est joyeux, coloré mais on y trouve des chansons tristes comme Seul sur ton tandem, est ce que c’est une volonté pour toi d’interpréter les choses avec autodérision et gaieté?

C’est assez habituel pour moi et ce n’est pas que dans les chansons c’est comme ça que j’aborde la vie en général, j’essaie de regarder la face positive des choses et de mettre de la joie dans les moments de tristesse. Je n’ai pas envie d’être mélancolique et de faire quelque chose de plombant. Faire des choses plus joyeuses ça aide à accepter plus facilement la tristesse et beaucoup de gens me disent que dans leurs ruptures ou pertes de proches, ça les a aidé à aller mieux.



Est-ce que la musique te permet de partager ces émotions ou c’est plutôt une surprise lorsque cela arrive?

Je ne suis pas psy mon but c’est pas de rendre les gens heureux. Un peu égoïstement, le but premier c’est de régler mes problèmes ou ceux qui pourraient m’arriver et je suis content d’aider des gens un peu malgré moi, j’espère que ça ne sonne pas prétentieux *rires*, c’est des retours que j’ai eu et c’est l’intimité de personnes que je ne connais pas donc j’essaie de ne pas trop rentrer dedans non plus.


Est-ce-que ta tournée et ton public t’inspirent pour un prochain album?

J’essaie de ne pas trop écouter ce que veulent les gens. Je pense qu’il vaut mieux faire des choses qui me plaisent et espérer que ça plaise aux autres. Au moins si ça ne marche pas je suis quand même fier de ce que j’ai fait. Je pense que mon deuxième album me ressemblera tout comme le premier.

Là j’ai écrit une chanson dans le camion pour venir, parce que il n’y avait rien à faire durant le trajet. J’aime bien m’isoler deux-trois jours dans un bel endroit où je ne peux pas me déplacer, j’ai besoin de partir de Paris pour écrire, pour prendre du recul sur ce que j’y vis.


Dans tes clips il y a quelque chose de très naturel et d’intime, presque naïf. Comment transcris-tu cela en support vidéo?

C’est un peu le génie de Vincent Castant un bon ami à moi qui a aussi clipper pour Jacques ou Polo & Pan, c’est quelqu’un de très talentueux, on se comprend et on peut donc s’amuser quand on réfléchit aux clips. Il est très libre dans la création et c’est le type de personne avec qui je travaille le mieux parce qu’on peut se permettre pleins de choses, on peut parler sans être gênés.

Là j’ai un peu changé de façon de travailler avec le clip de La Serre, la vidéo a été réalisé par Antonin Peretjatko qui a notamment réalisé La fille du 14 juillet un film très poétique et j’avais super envie de travailler avec lui.



Cette idée d’enfance c’est important : on peut un peu libérer sa parole, dire des choses qui sonnerait stupides ou basiques venant de la bouche d’un adulte sans passer pour un idiot aigri. Alors que c’est juste des questions qu’on a oublié de se poser. Et en même temps c’est une façon de ne pas imposer ma vision des paroles, il y a pas mal de choses cachées et qui ne seront comprises que par ceux qui en ont envie


La tournée des festivals de Voyou n’est pas finie et vous aurez peut-être l’occasion de le croiser sur les routes de France, de Belgique ou encore de Suisse. L’album Les Bruits de la Ville est disponible sur toutes les plateformes de streaming, pensez à l’ajouter dans vos playlists d’été si ce n’est pas déjà fait !


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Clarisse Cante, Louise Naudot, Fanny Mielnitchenko | 09.07.2019