Rencontre avec Noémie Lacote, photographe à l'univers captivant

Mis à jour : 28 nov. 2020

Cette semaine, la rédaction de Feather vous plonge dans l’univers de la jeune photographe Noémie Lacote. Lyonnaise de 22 ans, Noémie Lacote explore sa réalité de par son travail du corps dans l’espace. Des clichés perturbateurs, souvent futuristes, principalement numériques, impulsent l’expression de son univers, captant l’inattendu.


© Noémie Lacote

Quels ont été les vecteurs qui vous ont menés à la création artistique et quel est votre parcours ?

La photographie est entrée dans ma vie grâce à mon papa et mon rêve d’enfant était de pouvoir m’épanouir en baignant dans l’art. Aujourd’hui, je pratique la photographie depuis plus de 10 ans. Après l’obtention d’un bac pro photographie, j’ai effectué un Bachelor photographie à l’Ecole de Condé de Lyon. Et actuellement, je suis en micro-entreprise, basée sur Lyon. Ma dévotion pour l’art de la photographie me définit, en tant qu’artiste, traduisant les images de mon imaginaire que je cherche à approfondir en permanence,, exprimant mes états d’âme car je suis très intuitive.


Pourriez-vous définir votre style ?

Mon style, je l’associerais à un univers humain, expression du corps et de l’esprit, chargé d’émotions et d’interrogations sur l’autre. Souvent j’essaie de créer des rendus imaginaires déconnectant du réel, étant très attirée par le rêve, la création d’autres mondes... Je dirais que mon travail est polyvalent, j’ai appris à m’adapter au monde des artistes avec lesquels je collabore, alliant mon identité à la diversité de création. Je peux aussi bien faire des images dures et violentes que quelque chose de très léger et aérien. J’essaie toujours d’innover. Je m’inspire beaucoup de contenus actuels, virant vers le futurisme, je souhaite montrer quelque chose de perturbateur pour le spectateur. Mon identité visuelle s’est principalement constituée lors de la réalisation de mes deux projets, « Future », où j’avais travaillé aux côtés du directeur artistique Depend of Yourself, et « Paysage immersif ». J’essaie de créer une projection vers l’avenir en créant une dualité entre l’immensité des espaces naturels, quasi apocalyptiques et le côté futuriste de la mode streetwear, aux matières industrielles et brutes.

© Noémie Lacote

Quelles sont vos sources d’inspirations ? Et vos aspirations ?

Concernant mes inspirations, je suis le travail de beaucoup de photographes de mode, comme Michal Pudelka ou Cho Gi Seok.. Également des photographes du milieu du rap français et belge: Mister Fifou, David Delaplace ou mon Dexter Navy. Concernant les artistes français, je suis très admirative du travail de Valentin Petit ou de Guillaume Kayacan que j’ai pu avoir en maître de stage.

Ces références sont très porteuses de créativité pour moi. Ce que j’observe chez chacun de ces artistes ce sont les matières, les textures et les mises en scène créées pour nous permettre de voyager instantanément.


Sur une œuvre donnée, quels sont vos principaux procédés de création ?

Pour réaliser mes travaux, je travaille beaucoup en numérique, mais de plus en plus à l’argentique. Les logiciels qui m’accompagnent sont Photoshop et Lightroom. Concernant mes outils manuels, j’ai besoin de textures donc de différents fonds. Je recherche toujours à avoir en arrière-plan quelque chose qui crée une atmosphère envoutante. Parfois juste un fond blanc suffit, mais je me focalise plus sur l’attitude du modèle et la place qu’il doit prendre dans l’espace. Le décor, les couleurs et les formes enrichissent les messages et le sens d’une image. Les réseaux sociaux ont une place importante dans mon travail. Instagram est l’un des éléments où je montre le plus mon travail, comme une vitrine, je n’expose que les plus belles pièces de mon univers. J’ai également mon site internet ou je stocke plus de séries, c’est comme un catalogue d’images plus complet que les autres supports.

© Noémie Lacote

Avez-vous des projets futurs ou des objectifs ?

J’aimerais faire plus de projets personnels, entourée d’une équipe en accord avec mon univers. Egalement, j'aimerais me pencher sur la vidéo, étant un médium qui me parle beaucoup. Pour la suite de ma carrière, j’aimerais pouvoir disposer d’un local pour réaliser des shootings studio. Mon objectif serait de pouvoir vivre de la photographie, d’être complètement autonome. J’aimerais réaliser beaucoup de projets avec des artistes dans la musique, la mode, c’est là où je m’épanouis le plus. Je ne sais pas si je peux dire que je suis fière de mon travail, car je me lasse vite de mes productions. Cependant, je suis assez fière des séries concernant mon book, particulièrement les deux évoquées plus haut.


Selon vous, qu’est ce qui définit un artiste ?

Pour moi un artiste c’est une âme qui s’exprime via différents médias artistiques. C'est quelqu'un qui expose ses différents états, transmettant des messages qui lui sont chers. C’est aussi quelqu’un qui se réfugie dans son art, comme une échappatoire. Etre artiste, c’est la capacité à se remettre constamment en question sur ce qu’on est, ce qu’on fait et la direction poursuivie. Cela concerne aussi la rencontre avec le regard d’autrui ; exposer ses états d’âme est un combat permanent.

Etre un artiste, c’est pouvoir tenir un équilibre dans son art, savoir recevoir des idées du monde et de l’autre supposant de pouvoir parfois se détacher de son art et de ses propres idées tout en donnant de soi. Pour moi, à travers ce métier se trouve un énorme travail psychologique.

© Noémie Lacote

Retrouvez le travail de Noémie Lacote sur ses différents réseaux sociaux :


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Louise Levallois ⎮ 27.11.2020

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