Folamour : l'interview haute en couleur

Dernière mise à jour : 24 janv.

Folamour vous fait vibrer ? Comme tous les artistes et DJ, 2020 fût signe d’arrêt de scènes et de tournées. Cependant il eu bon après deux albums, d’en composer un troisième qui est sorti en juin dernier. D’ailleurs, on vous en parle ici. Après une reprise de festivals et de scènes en 2021, il s'apprête à être surbooké pour 2022. L’artiste lyonnais devenu populaire avec sa reprise légendaire d’ABBA pour la Boiler Room x FLY Open Air 2019 a bien réussi à se démarquer et re marquer les esprits de la scène électronique française.

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C’est à l’occasion du Festival Stereoparc que nous avons pu échanger quelques mots avec Folamour en toute légèreté. La couleur d’une chemise, le pourquoi du comment ses collaborations ont-elles eu lieu, son nouvel album “The journey” sorti un mois plus tôt à l’époque et ses émotions. Assis sur des transats à la Corderie royale, avec le fabuleux Woodkid en fond sonore et son légendaire Run boy Run. Revivre un festival après un an de vide était vraiment quelque chose de fort et intense. On vous présente une retranscription 2022 d’une interview 2021. Retour vers le passé avec Folamour pour Feather Webzine.


The Journey, un arc-en-ciel d’émotions

C’est compliqué, je dirais que si mon album était une chemise, ce serait un arc-en-ciel. Parce que j’ai vraiment essayé de faire un album varié, qui représente un peu toutes les nuances d’émotions que l’on peut ressentir,

Si ton album “The Journey” était une chemise, quel en serait le motif ?

Ahahahhaaa… C’est compliqué, je dirais que si mon album était une chemise, ce serait un arc-en-ciel. Parce que j’ai vraiment essayé de faire un album varié, qui représente un peu toutes les nuances d’émotions que l’on peut ressentir, des moments, de choses que l’on peut vivre dans notre vie et du coup j’ai vraiment essayé de faire un album comme ça. Et je trouve que l’on pourrait essayer d’associer une couleur de l’arc-en-ciel sur chaque chanson. J’y ai jamais pensé mais je verrais bien ça comme ça.


Il y a 3 collaborations dans son album “The Journey” dont “Lost In Space” avec SG Lewis qui est littéralement une perle. Les 2 artistes ne pouvaient que bien s’entendre et tout ceci a créé une bombe mélodique aux couleurs chaudes nous ramenant à l’été. Pour ceux ne l’ayant toujours pas écouté, on vous laisse la vidéo officielle totalement décalée juste en dessous. Folamour nous dit que ses collaborations sont le fruit d’une rencontre due au hasard. Notamment SG Lewis avec qui il a fait quelques dates, où le feeling est tout de suite passé. Adorant sa musique, le résultat n’est que probant. Folamour est allé au concert de Tertia May, et est tombé amoureux de sa voix, ni une ni deux, il s’est dit qu’il fallait faire quelque chose et la collaboration est donc née. Simple, efficace et idyllique. Si toutes les histoires d’amour pouvaient être aussi simple. Et pour Zeke Manyika, tout naturellement en tombant sur l’un de ses sons, il l’a directement contacté. Tous ont été directement partant de la collab, en 1 journée de studio, écriture et enregistrement ont mené à un aboutissement que nous connaissons désormais.


Mais du coup, ton studio n’est plus dans ta chambre ahah ?

Du coup le studio n’est plus dans ma chambre depuis! Il y a toujours pleins de morceaux qui ont été enregistré dans ma chambre mais ceux là en l'occurrence on les a enregistré en studio ahah.


Ta collaboration de rêve, celle qui te pousse vers le 4ème album/ EP ?

Là, actuellement, je rêverais de faire un feat avec… Hamza ! Je suis extrêmement fan d’Hamza et son travail. Ouais, clairement Hamza ou Tayc ça me ferait kiffer de travailler avec eux.


The Journey, une ambiance hors temps


Dernièrement Adèle à fait retirer la sélection aléatoire sur les albums dans Spotify, une victoire pour les artistes puis l’ordre est travaillé de façon minutieuse dans ce domaine. Pourquoi commencer par le dessert alors qu’il y a l’entrée et le plat chaud ? Après une description forte et émotionnelle de son album, la question légitime “quel moment est le plus propice pour écouter ton album ?” atterrie à la Corderie Royale. Une réponse aussi douce que le descriptif qu’il a su nous faire : “un moment de calme, quel qu'il soit” Cet album peut s’écouter en voiture, dans le bus, le matin, l’après midi, il y a de quoi l’aimer à n’importe quel moment de la journée tant que c’est au calme. Tout un paroxysme, aux antipodes de ses Boiler Room qui nous l’ont révélé quelques années plus tôt, de certains albums / EP où la danse était l'élément central, “The Journey” est beaucoup plus introspectif.

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Folamour 2019 VS Folamour 2021


Dans ses anciens albums et sons, le Dj lyonnais avait de fortes influences liées au cinéma s’inspirant de grands classiques pour projeter des émotions à travers notes. Dans “The Journey”, Folamour s’inspire davantage de sa vie, de ses ressentis et émotions qu’il souhaite amener à travers ses productions. Par effet de balance, il a moins puisé dans ses lectures et films. Les inspirations de cet album sont donc inattendus, si cet album se veut introspectif, l’artiste n’en est pas moins influencé par ce qui l’entoure, et en grand fanatique de pop, il ne pouvait que citer Oasis qui est une influence majeure de cet album malgré le fait que nous ne le ressentons pas. Il avait une volonté de recréer des mélodies fortes sur l’album. Et lorsqu’on écoute les morceaux vocaux, il y a un côté mélodies qui restent en tête et qui creusent le cerveau. Ce qu’il ressent fortement chez Oasis et qu’il a voulu retranscrire dans “The Journey”. La pop influence donc cet album par l’importance de la mélodie qui en est le point central.

Je me suis vraiment décroché de tout ça pour essayer de faire un album personnel où vraiment le centre de chaque chanson est un moment de ma vie.

L’année hors des tournées l’a ramené au calme dans sa vie. 2019 était très agitée et intense donc 2021 est l’année de la raison avec calme et paix comme mantra. Désormais plus libre, les 2 années écoulées lui ont permis d'expérimenter en essayant pleins de projets et de choses que l’on peut ressentir dans l’album. “Ma façon d’aborder ce que je fais, je me sens beaucoup plus libre aujourd’hui, je débloque des clés petit à petit ce qui fait que je sens la différence, je me permets beaucoup plus de liberté sur chaque projet, d’aller toujours plus loin. Sur chaque album, j’essaie d’aller plus loin dans ce que je suis capable de faire, donc d’apprendre des choses entre chaque album. Par exemple, mon premier album était très samplé, le deuxième a été de commencer à utiliser pas mal d’instruments et de moins sampler, The Journey, le troisième c’est de chanter, d’enregistrer de la guitare, de la basse. J’ai hâte de continuer pour débloquer d’autres choses, il y a toujours à apprendre”


Résumer en 3 mots son moi de maintenant. Dit comme ça, c’est factuel, mais en réalité c’est un exercice qui demande pas mal d’efforts et d’introspection. Un peu comme son album au final, alors on s’est permis de le lui demander :


L’indépendance : j’ai un vrai besoin d’indépendance dans ma carrière.

L’apprentissage : c’est un peu la thématique de l’album, toujours évoluer et apprendre.

Le Je m’en foutisme : de ne pas me préoccuper de ce que les gens vont penser de ce que je fais, de continuer de faire ce que j’aime avant tout afin de me plaire en premier lieu.

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Si Bordeaux devait être un moment où tu t’es produit, elle serait lequel?


Bordeaux ça m’évoqueraiiiiiit… Qu’est ce que ça m’évoque Bordeaux…

Gabriel : Garorock? Garorock sous les 45 degrés ?

Folamour : Ouais en vrai c’est sûr que c’est ça, J’essayais de chercher mais ouais t’as raison aha. Ouais bah clairement le concert qui est resté le plus ancré dans ma mémoire c’est clairement Garorock en 2019. Car notamment, il faisait genre 45° quelque chose comme ça… Et c’était vraiment dur là mais c’était le feu. Il y a eu ce truc trop mignon où il faisait tellement chaud, que les gens étaient devant moi et ont trouvé l’ombre d’un arbre, et du coup le public se tournait. Et j’ai fini peut être avec 4000 personnes sur 10 mètres de large et 1km de long, ils étaient tous dans l’ombre de l’arbre quoi, dans le camping. Ça c’est mémorable et c’est Bordeaux. J’ai trop kiffé.

Il y a eu ce truc trop mignon où il faisait tellement chaud, que les gens étaient devant moi et ont trouvé l’ombre d’un arbre, et du coup le public se tournait.

Ton set dont tu es le plus fier ? De tous confondus !


Le set dont je suis le plus fier c’est le set que j’ai fait sur ma terrasse. J’ai fait 2 sets pour Boiler Room, j’en ai fait un quand j’étais chez moi pendant le confinement “Streaming from Isolation” et je pense que c’est le meilleur set enregistré qui est de moi ahah. Chaque chanson est un 20/20 absolu, c’est probablement l’un des meilleurs sets que j’ai pu faire de toute ma vie. Je le trouve parfait.

Car une interview sans bonne adresse n’est pas une interview, on lui a demandé THE SPOT où il a préféré mixer. Bah il ne nous a rien dit, apparemment il a plein d’adresses, donc allez lui demander vous même. Si de son côté l’artiste est fan de rap et folk et en écoute énormément, il n’écoute pas de musiques électroniques. Cependant son moment préféré pour mixer c’est entre 20 heures et 22 heures, pourquoi vous direz-vous ? Tout simplement car en extérieur, c’est magnifique. C’est ce pourquoi sa musique est faite. Une musique d'extérieur, festive avec un magnifique couché de Soleil.


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Océane Thomarat | 16/01/2022