Garluche : ode à la culture et aux patrimoines, interview des créateurs de ce projet passionné

Dernière mise à jour : 24 juin 2020

Après avoir ambiancé les soirées des bordelaises et des bordelais à la Tencha et avoir participé à la construction et l'émergence du festival vie sauvage, Maxime Deluga et Guillaume Dupeyron sont de retour avec un projet engagé qui a pour objectif de dynamiser la culture en Aquitaine tout en célébrant ses patrimoines matériels et immatériels.

© graphisme NDbrg

Garluche, c’est quoi ? C’est une agence de communication créative qui a pour particularité de valoriser les patrimoines et richesses qui nous entourent. Le patrimoine local, le terroir, l’histoire et les typicités culturelles sont la priorité de Garluche qui met également en avant les petits producteurs, les savoir-faire artisanaux ainsi que les pratiques artistiques. Cette belle initiative, nécessaire et inédite, est le fruit de la sensibilité et de l’ambition de Maxime Deluga et Guillaume Dupeyron, mais c’est également une alliance solidaire entre différents acteurs culturels de la région qui souhaitent mettre leur talent au service d’un espoir de changement.


Garluche est un projet destiné aux espaces naturels, aux musées, aux collectivités, aux festivals, aux producteurs et productrices à la recherche d’une agence à l’écoute qui saura élever un projet et lui tout en respectant son environnement naturel ! Et si vous êtes un lecteur sensible aux questions sur l’environnement, que vous faites partie du public récurrent du fabuleux vie sauvage ou que vous êtes curieux d’en savoir plus, cette interview est faite pour vous !

© NDbrg

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans la gestion et le développement de projet ?


Cela fait un petit moment que nous gravitons dans le milieu de la culture, sur Bordeaux et ses environs, à mettre en place associations, festivals, cafés-concert et autres lieux de vies, à œuvrer à la direction artistique, la programmation et la communication. On avait envie de se lancer ensemble dans un nouveau projet qui mettrait à profit ces compétences, mais d’autres encore, afin de valoriser, de mettre en lumière, de transmettre ces choses qui nous tiennent à cœur, les patrimoines, nos patrimoines, cet héritage commun.


Vous évoquez l’importance des patrimoines, comment comptez-vous mettre la culture au service de leur protection ?


Il y a différentes choses dans cette question que tu fais bien de soulever. Il faut déjà considérer le patrimoine culturel comme une composante des patrimoines, et même à l’intérieur de celle-ci on peut distinguer patrimoine matériel (monuments historiques, sites, paysages construits, objets d’arts…) et immatériel (savoir-faire, langues, coutumes, mythes, documents d’archives…) que nous souhaitons mettre en lumière. Mais plus loin que ça, c’est dans sa préservation et sa transmission que nous souhaitons jouer un rôle. User de moyens de médiation moderne afin de sensibiliser, de contribuer à une ré-appropriation de ses patrimoines. Car les patrimoines relèvent du bien public et du commun. Alors pourquoi pas réaliser avec un ou des artistes une création visuelle et sonore sur la base d’une collection d’archives déjà disponibles ou comme on peut le voir dans Punkovino, une interprétation sonore d’un vin naturel et de sa typicité, comme le fait Flavien Berger sur un vin Géorgien. Voilà, peut être, le genre de contenu qui peut se retrouver au service des patrimoines.

© Nico Pulcrano

Votre projet est passionnant et vous semblez être très pointus sur ce que vous proposez, quels sont les projets que vous aimeriez soutenir en particulier ?


Pour ne rien te cacher, nous sommes des “rats des champs”, nés dans de petits villages, nous portons une attention toute particulière aux espaces naturels et à leur préservation. Nous aimerions donc accompagner un certain nombre d’acteurs, comme les Parcs Naturels Régionaux, ou autres acteurs publics qui participent à la gestion des espaces naturels, car oui le patrimoine naturel est un patrimoine à part entière avec ses enjeux propres, de conservation, de développement durable.... Également nous sommes sensibles au développement en milieu rural. Nous souhaitons apporter notre pierre pour faire vibrer la campagne, accompagner les acteurs culturels ruraux et mettre en lumière le travail d’artisans dévoués.


Vous parlez également de la protection de l’environnement, quels sont les changements et les mesures prises qui vous ont le plus marqué cette année ou l’année dernière, dans un contexte politique ou culturel ?


J’aurai du mal à répondre à cette question, car les changements on aimerait tous les constater. Vraiment ! Ce qui est sûr c’est que nous sommes tous sensibles aux impacts que la globalisation de l'économie engendre, nous nous rendons compte que notre consommation n’est pas soutenable, qu’il nous faut instaurer une dynamique de changement des comportements. Et je ne veux même pas parler de l’épisode COVID. Nous voulons prendre notre place et contribuer à notre manière à une évolution des comportements. Mais nous considérons surtout que environnemental et social sont indissociables, que l’un ne se fera pas sans l’autre, que parfois la voiture est indispensable, en particulier quand vous habitez en zone rurale. L’idée étant de s’adapter au contexte, toujours, afin de conduire une démarche la plus locale, moderne et raisonnée possible.

© Garluche

Avec vos nombreux projets à succès, Bordeaux n’a plus de secret pour vous. Avez-vous l’ambition de porter Garluche dans d’autres villes ou pays ?