Indice 50 : portrait d'un duo brûlant

Dernière mise à jour : 29 sept.

Ils sont deux, complices, énergiques et ne reculeront devant rien pour vous faire danser jusqu’au bout de la nuit. Au détour d'un concert à la Tencha nous avons rencontré ce duo solaire : Indice 50 .

David Berbille.

Adrien alias Namura est originaire de Paris où il a joué dans plusieurs formations rock. C’est en arrivant à Bordeaux qu’il découvre les musiques électroniques. Son binôme c'est Igouh, rappeur et chanteur.


N : Un ami nous a mis en contact, je faisais du mixage, il faisait du rap et j’ai commencé comme son ingé son. Au fur et à mesure je lui ai fait écouter mes prods, il avait envie d’autre chose à ce moment alors on a commencé à travailler ensemble. Le concept est venu naturellement. On jouait de plus en plus ensemble, puis j’ai eu carte blanche à l’Iboat, date à laquelle je l’ai ramené.


I : Je viens d’une école assez classique du rap. Lorsque j’écoutais les productions de Namu qui étaient très électroniques, très house, je me suis vite surpris à essayer de rimer dessus. Cet exercice m’a sorti de ma zone de confort.


Le groupe a évolué au fil des années, avant de revenir à leur duo initial - les membres d’Indice 50 ont été quatre puis trois.

© David Berbille.

Lors de cet été caniculaire, le binôme a rayonné sur la région avec une dizaine de dates toutes plus torrides les unes que les autres. Au moment de notre rencontre, à l’occasion de son passage à la Tencha, le groupe est en pleine mutation.


I : On peut dire qu’on est en train de prendre une autre direction. On a fait des titres très solaires, chose que l’on veut garder mais en y injectant ce qui faisait notre essence. Une ambiance plutôt qui s’est un peu perdue au profit de formats musicaux plus accessibles.


N : On s’est conditionnés pour la réalisation de notre EP à enregistrer des tracks beaucoup plus courtes, des morceaux plus compatibles avec l’idée qu’on se fait du studio. On aimerait retourner dans le club.

Il y a une réelle effervescence, pour nous, à monter un live et à le présenter à un public, c’est autre chose que d’enregistrer son EP dans son coin pour le mettre sur des plateformes.

I : On est un groupe à voir en live. On a sorti 3 morceaux qui fonctionnent bien en ce moment mais notre vraie valeur ajoutée, elle est sur scène.


N : Il y a une réelle effervescence, pour nous, à monter un live et à le présenter à un public, c’est autre chose que d’enregistrer son EP dans son coin pour le mettre sur des plateformes.


Le streaming est une réelle vitrine cependant et le duo en est conscient.


I : C’est une carte de visite dont on ne peut pas se passer. Mais je crois qu’on s’est mis trop de pression pour raboter notre format scénique et faire des morceaux de 3 minutes. On a voulu rentrer dans les standards et c’est énergivore. Ce qu’on est en train de préparer avec Namou c’est le truc le plus intime et honnête qu’on pourra proposer. Le set de cet été, c’est un set de transition.

Je suis un enfant du rock et j’ai été fasciné très jeune par les lives mythiques des années soixante-dix, avec ces solo qui duraient des heures… J’ai été plus marqué par des performances que par des enregistrements studio.

Indice 50 veut ouvrir les vannes sur les 6 mois à venir pour des compositions plus proches d’eux, hors des sentiers battus :


I : On veut ouvrir nos robinets à nous et fermer ceux que l’on nous a imposés.


N : Je suis un enfant du rock et j’ai été fasciné très jeune par les lives mythiques des années soixante-dix, avec ces solo qui duraient des heures… J’ai été plus marqué par des performances que par des enregistrements studio.


Le but de la démarche est de sortir d’une logique purement mercantile qui confine la musique au statut de produit à consommer rapidement, réduisant les formats au minimum syndical. Heureusement face à ce constat attristant il reste un public avide de dépaysement et de sensations. C’est ce qui fait le charme d’Indice 50, leur envie de partager avec ce public.


I : Notre musique en live passe beaucoup par la danse. Si les gens ne dansent pas c’est que l’on n'a pas bien fait notre travail. Une des caractéristiques de la musique d’Indice 50 c’est qu’on ne peut pas rester statique devant la scène.


© David Berbille.

La maxime du groupe : Indice 50 te protège. Reprise avec humour dans leur communication, c’est aussi un message que souhaite faire passer le binôme.


I : Je considère qu’on vit dans un monde plutôt dur, extrêmement inégalitaire et… Je crois beaucoup en le pouvoir salvateur de la musique et de la danse. Si en une heure de live on permet aux gens d’exorciser tout un tas de négativité… C’est pour ça que je fais de la musique. Pour offrir aux gens un espace de liberté.



Info pratiques

Soutenir Indice 50

David Berbille

Spotify | Facebook | Instagram

 

Maeva Gourbeyre I 24.09.2022