On a discuté avec Armand Bultheel d'Agar Agar

Dernière mise à jour : juin 27

On retrouve Armand Bultheel, moitié du duo Agar Agar du label Cracki Records, qui nous livre quelques mots à l'occasion de son projet en solo. C'est avec une immense joie que nous pouvons en découvrir un peu plus sur ce personnage passionnant et passionné, partageant avec nous son goût pour l'art et son amour pour les gens qui le soutiennent. Le single "Sleep Node" est sorti le 23 juin.

© Nikita Thévoz
Le truc qui est un peu plus compliqué, c'est de se sentir légitime de fabriquer des musiques, et légitime de les montrer aux autres. Alors qu'en vrai, on l'est tous ! Mais c'est pas facile de s'en convaincre.

Comment vous est venu le goût pour la musique ? Pouvez revenir sur votre parcours ?

Le goût pour la musique, c'est un truc qui vient vite en général. Je pense qu'on est très nombreux à l'avoir, à aimer en écouter d'abord, puis en faire.

Le truc qui est un peu plus compliqué, c'est de se sentir légitime de fabriquer des musiques, et légitime de les montrer aux autres. Alors qu'en vrai, on l'est tous ! Mais c'est pas facile de s'en convaincre.


La personne qui m'a le plus aidé sur ce point, c'est mon prof de percus du conservatoire de Narbonne, Thierry Gomar. Un super artiste et enseignant, je lui dois beaucoup. Il m'a donné l'envie et la joie de faire mes propres musiques, en improvisant sur les instruments, puis en utilisant mon ordinateur. Il m'a fait sentir que j'en avais le droit ! Alors après, c'était que du jeu.


Plus tard, j'ai reçu mon premier synthé pour mon anniversaire des 20 ans, des amis s'étaient cotisés pour me l'offrir. Alors j'ai pris goût aux instruments électroniques, que j'ai un peu collectionnés au fur et à mesure. Et maintenant voilà, j'ai mon petit groupe de synthés et autres machines avec qui j'adore faire de la musique, qui m'accompagnent partout !


Pouvez-vous nous parler de votre nouveau projet solo ?

Ça fait en réalité depuis longtemps que je fais de la musique en solo et que je la publie, mais toujours sous des pseudos différents, alors sans m'en rendre compte je brouillais pas mal les pistes.


Là, c'est la première fois que j'utilise le nom qui est écrit sur ma carte d'identité, comme pour sortir de derrière mes pseudos et assumer un peu plus que, bah oui, c'est moi qui fait cette musique après tout. Et ça, ça m'a pris du temps à assumer au final !

Même si je compte continuer à utiliser ce nom pour d'autres albums, je sais que je ne vais pas pour autant me cantonner à un style ou une atmosphère musicale.

Je vais plutôt en profiter pour me laisser dériver selon mes envies, tout à fait librement, sans trop me poser de questions. Et ça me fait du bien !


Je me suis rendu compte que je passais quand même beaucoup de temps à faire de la musique en solo, et que je mettais proportionnellement très peu d'efforts dans sa diffusion.

Qu'est ce qui vous a motivé à vous lancer dans ce projet? Est-il bien différent de la musique d'Agar Agar ?

Je pense que ce qui m'a permis de dépasser mes blocages et de travailler un peu plus que d’habitude sur la publication de ma musique, c'est quand je me suis dit que partager ce qu'on fait, ça pouvait être un acte de générosité. Je me suis rendu compte que je passais quand même beaucoup de temps à faire de la musique en solo, et que je mettais proportionnellement très peu d'efforts dans sa diffusion. Jusqu'ici ça m'allait très bien, puisque je pensais que diffuser, parler à tous vents de ce qu'on fait, c'était une démarche narcissique et orgueilleuse, voire superficielle. Même dans Agar Agar, ça m'a posé beaucoup de questions, j'étais pas forcément très à l'aise en ce qui concerne la communication. Puis, en en parlant à des amis, et avec des lectures, j'ai étoffé un peu ma vision de la chose, et je me suis dit que la diffusion pouvait être aussi une manière de se tourner vers les autres, en leur faisant profiter de ces heures de travail et de bon moments passés dans mon studio. Alors ça m'a donné envie d'être plus simple et plus clair sur la façon de partager ce que j'aime le plus faire au monde !


Le premier album est déjà bien différent de ce qu'on fait avec Agar Agar, puisqu'il s'agit de berceuses instrumentales.

Pour la suite, j'imagine que ce sera toujours différent de ce qu'on fait avec Clara, parce que sans Clara, c'est sûr que ça peut pas être la même chose !

Et je compte pas forcer la ressemblance, au contraire : puisqu'il s'agit d'un autre projet, je vais en profiter pour explorer des endroits musicaux différents.

© Nikita Thévoz

Comment définiriez-vous votre musique ?

Pour ce premier disque, j'ai voulu faire une musique tendre. Alors j'ai utilisé mes synthés préférés, et puis j'ai essayé d'écrire des mélodies réconfortantes, aux sonorités douces, enveloppantes. Voilà, je me suis dit que j'aimerais bien que cette musique puisse donner envie de se mettre sous la couette, dans une position choisie pour être confortable, et de s'endormir au milieu de l'album, sans jamais arriver à écouter les dernières chansons parce qu'on s'endort toujours avant.

En vrai, ma source d'inspiration numéro 1, c'est les gens. Mes amis plus particulièrement. J'aime discuter avec eux, passer des moments rigolos, enfin toutes sortes de moments en fait.

Quels sont vos sources d'inspiration au quotidien ? (cinématographiques, musicales, picturales...)

En vrai, ma source d'inspiration numéro 1, c'est les gens. Mes amis plus particulièrement. J'aime discuter avec eux, passer des moments rigolos, enfin toutes sortes de moments en fait.

La deuxième, c'est mon ordinateur et tout ce qu'il est capable de me montrer. Je lui en suis vraiment très reconnaissant.

Sinon, le roman qui m'a le plus inspiré dernièrement, c'est "Les Dépossédés" d'Ursula Le Guin.

En musique, dernièrement j'ai beaucoup écouté l'album "Tokyo Humming" de Yoko Ueno.

Ah et en film, je dirais, "The Wicker Man" de Robin Hardy.

© Nikita Thévoz

Avez-vous prévu de faire des festivals/tournées dans les prochains mois ?

Oui ! Mais je ne sais pas encore exactement quand ni où :) En tous cas, je suis justement en train de répéter pour ça en ce moment.


Comment vous voyez-vous dans 20 ans ?

Heu, j'aurai la peau quand même plus usée que maintenant et sûrement un petit ventre.

Et sinon, j'espère que je serai toujours curieux des nouveaux trucs, même si je les comprends moins, histoire de pouvoir dialoguer avec les gens du futur et qu'on passe des chouettes moments ensemble. Ce serait cool.


Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets ? (ep, albums, featurings...)

Ouais, déjà il y a la sortie de ce premier album, en octobre. Et j'ai aussi un prochain disque solo en cours ! Je suis assez content de ce que j'ai commencé à composer pour ça, et très content du contexte dans lequel je crée tout ça aussi. Je vais prendre mon temps pour faire les choses bien, donc je ne sais pas encore quand il pourra sortir.

Et on continue aussi à mettre des choses dans la marmite avec Agar Agar, des choses vont arriver.

© Nikita Thévoz
Et ça c'est une situation de dingue, en vrai on devrait tous avoir le droit de vivre dans ces conditions qui ressemblent davantage à la vie humaine, mais c'est pas le cas parce qu'on marche sur la tête, alors je suis hyper reconnaissant d'avoir le droit d'avoir une vie normale.

Quel est le plus grand rêve que vous aimeriez réaliser et vivre grâce à votre musique ?

Heu, faire un feat avec J.S. Bach ?

Nan, en vrai, mon rêve est déjà réalisé je crois, vu que je peux faire de la musique et tout ce que j'aime quand je veux, sans avoir besoin d'avoir un travail qui m'intéresse pas à côté.

Et ça c'est une situation de dingue, en vrai on devrait tous avoir le droit de vivre dans ces conditions qui ressemblent davantage à la vie humaine, mais c'est pas le cas parce qu'on marche sur la tête, alors je suis hyper reconnaissant d'avoir le droit d'avoir une vie normale.

Et sinon j'aimerais beaucoup un jour avoir accès à des instruments que j'adore mais qui sont presque inaccessibles, comme des grandes orgues automatisées, ou un ensemble de disklaviers, ou le grand orgue de stalactites des Luray Caverns.


Avez vous quelques mots supplémentaires à partager à vos fans ou à ceux qui vous découvrent ?

Heu oui, merci beaucoup d'exister, et je vous souhaite tout ce que vous vous souhaitez à vous même !


Merci à Armand d'avoir répondu à nos questions !


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Marie-Manon Poret ⎮ 24/06/2021