Julian Hyun nous dévoile un talent de plus : KAOS

Mis à jour : 28 nov. 2020

Julian Hyun, danseur, chorégraphe et fondateur du Global Movement à Bordeaux, a sorti un premier EP intitulé KAOS. Fervent passionné et artiste complet (ce gars sait tout faire, ou sinon presque tout !), nous avons eu l’occasion d’échanger sur l’univers qu’il nous propose à travers sa musique. Et c’est avec surprise que nous avons appris que quelque chose se tramait début décembre...

© Manon Berthommier

Salut Julian ! Comment tu vas ? Avant de parler de ton EP, peux-tu te présenter ?

Salut ! Oui ça va ! Alors moi c’est Julian Hyun, je suis d’origine coréenne. J’ai vécu en Corée pendant 5 ans et je suis arrivé en France en 1989, directement à Bordeaux. J’adore cette ville, je lui reste fidèle et je m’y sens bien enraciné. Je suis donc professeur et formateur au sein de l’école Global Movement à Bordeaux que j’ai monté en 2012.


J’ai commencé à danser très tard, à l’âge de 18 ans. J’ai fait du contemporain, du jazz et je suis également passé au conservatoire de Bordeaux. En 2006 je débutais ma carrière de danseur et en 2008 j’ai commencé à faire des auditions sur Paris, histoire d’élargir les horizons artistiques et de rencontrer d’autres chorégraphes. Et donc, pendant 8 ans, j’ai dansé au sein de compagnies hip-hop contemporaines. Mais j’adorais le côté show aussi ! Donc je me suis tourné vers des choses plus commerciales comme des plateaux TV, des campagnes de publicités ou encore des comédies musicales. J’ai réussi à entrer dans ce monde là, en travaillant très dur parce que ce sont d’autres codes et un autre domaine qui n’a rien à voir avec les compagnies.


En 2013 j’ai tourné sur Robin des Bois auprès de Matt Pokora et en 2015 on m’a proposé de chorégraphier sa tournée. Après cela, j’ai continué les plateaux TV et les campagnes publicitaires pour continuer à expérimenter plusieurs formes artistiques et ne pas m’enfermer seulement dans de la compagnie, qui est plutôt dans la réflexion du corps et du sujet.


Maintenant, ça fait à peu près 2 ans que j’ai décidé de poser mes valises et l'enseignement a toujours été une passion. Mais avant même de transmettre, je trouvais très important d’avoir une expérience professionnelle et artistique, parce qu’au moins, tu es témoin du milieu professionnel. Je trouvais plus légitime d’avoir eu des expériences scéniques, des rencontres avec plusieurs chorégraphes, metteurs en scène et des rencontres avec plusieurs danseurs aussi qui ont des idées artistiques très remplies !



Finalement tu es un artiste très complet entre la danse, la musique, et la vidéo. As-tu un vécu particulier qui te pousse à te retrancher dans toutes ces formes d’expressions artistiques ?

Ah oui mais carrément ! D'abord dans mon éducation de danseur, j’ai mes “tontons” comme je les appelle (rire) qui m’ont toujours orienté vers l’ouverture artistique ! Moi j’admire beaucoup les artistes qui sont dans le virtuose et je voulais me spécialiser dans la danse et atteindre un très bon niveau dans mes débuts. Mais mes “Grands” m’ont conseillé de m’ouvrir un peu plus, car “plus je serai ouvert et donc polyvalent, plus je serai riche artistiquement”. Donc depuis je me suis toujours orienté vers la polyvalence et j’ai kiffé ! J’ai pris tout ce qu’il y avait à prendre au niveau de la danse hip-hop et grâce au domaine plus commercial, j’ai découvert l’univers du film et de la réalisation des clips.


Je me suis donc questionné sur la manière de mettre en lien la vidéo et la danse. Et concernant la musique, j’ai baigné dans ces deux univers : celui des compagnies de danse où l’on cherche à faire voyager le public à travers la musique, et l’univers plus commercial où l’on utilise des choses plus orchestrales avec cette modernité de l’électro hip-hop, et forcément j’ai été sensible et ça m’a interrogé. Toutes mes expériences en tant que danseur m’ont naturellement amené vers la vidéo et la musique. Je ne suis pas du tout musicien de base. J’ai une guitare, un piano et de temps en temps je gratte un peu, je chante un peu, je kiffe et tout tu vois, mais je pratique plutôt la MAO, le beatmaking, qui me relie au milieu du hip-hop et que j’exploite maintenant car j’ai un peu plus de temps à consacrer à la musique ! J’avais déjà composé quelques petits morceaux auparavant mais à l’époque je n’avais pas du tout l’expérience que j’ai aujourd’hui, parce que je pense que l’expérience artistique que j’ai eu en tant que danseur a beaucoup joué sur l’écoute et la créativité !


Donc tu as sorti ton premier EP, dans le style électro hip hop, intitulé KAOS, pourquoi avoir choisi ce titre ?

Oui, c’est mon premier EP et j’en sors un deuxième le 1er décembre où je reste toujours dans l’influence hip-hop mais j’exploite l’idée du voyage et le monde du désert

KAOS parce que c’est un peu d’actualité dans le sens où le système d’aujourd’hui est assez chaotique, avec la crise sanitaire, tout ce qu’il se passe dans le monde et le nombre d’informations sous lesquelles on croule. Mais philosophiquement parlant, dans le chaos il y a le désordre, mais il y a aussi un ordre qui s’y rétablit. Et donc, dans ma composition, je ne rentre pas dans les codes de la structure musicale, mais je joue sur plusieurs gammes et ce qui relie ces différentes gammes entre elles, c’est le rythme sur lequel je me base et qui reste fil conducteur, disons. Concernant l’écriture, j’avais envie de trouver une originalité dans la manière de l’écrire et justement, mettre un K à la place du CH rejoint cette idée de ne pas rentrer dans les codes classiques, ici des lettres et de l’orthographe, et donc de la composition musicale.


“La musique comme la danse, quand tu freestyles, quand tu improvises, tu ne peux pas vraiment mentir”

Tu chantes et tu rap également ? Pourquoi avoir fait un EP entièrement instrumental ?

Ouais ! Alors si ! Dans l’intro de KAOS, l’ambiance vocale c’est moi. Je chante un petit peu derrière. Mais c’est vrai que j’ai fait le choix de ne faire que de l’instrumental parce que déjà cet EP je l’ai composé en pensant comme un danseur, et pour moi, il était intéressant pour ceux qui écoutent cet EP, danseurs ou non, de leur laisser la liberté de s’évader par eux-même, parce que dès que tu commences par mettre du texte, forcément tu imposes l’univers ou ce que tu as envie de raconter. Donc l’auditeur ou l’auditrice rentre directement dans l’histoire de l’artiste. Alors que, même si l’instrumental reste une touche personnelle du compositeur ou du beatmaker, je trouve que ça laisse quand même plus de liberté à la personne qui écoute. Par exemple, si j’écoute un son, je vais m’imaginer dans une pièce à huis clos en ressentant des émotions propres à moi, mais peut-être qu’une autre personne va le voir, le ressentir et le vivre autrement. Et c’est aussi lié à mon éducation de danseur parce qu’on m’a toujours expliqué que c’était bien de pouvoir danser librement.



Pour trouver l’inspiration à la création de tes sons, visualises-tu dans ta tête une chorégraphie qui guide le rythme, la tonalité et l’amplitude de ton morceau ? Ou est ce que cela part tout simplement d’une émotion, d’un ressenti ou d’une réflexion intérieure ?

Alors pour KAOS, oui mon expérience de danseur a beaucoup guidé et a été un moteur pour cette création. Par exemple, pour la vidéo de sortie de l’EP, je montre que je compose et que je danse, et donc tout est lié. Tandis que dans le prochain EP c’est complètement l’inverse. Ça part de l’envie de m’évader et de voyager. Je m’inspire beaucoup de films et de documentaires d’ailleurs. Donc cet EP, je l’ai pensé beaucoup plus dans l’imaginaire en me questionnant sur mes envies.



Peux-tu nous dire quel morceau de ton EP te ressemble le plus et pourquoi ?

(Rires) Ah ouais, très bonne question ça! …. (moment de réflexion) J’ai envie de dire “Shimmer” parce que c’est un son plutôt calme et en même temps il y a une rythmique bien distincte. Il y a une part de moi là-dedans qui aime la nature, la montagne, qui aime être posé et chill, et pourtant il y a un autre aspect de moi qui aime être actif, productif, avide de créativité et d’exploration parce que j’ai pas envie de partir de ce monde en me disant “J’aurai aimé faire ça mais j’ai pas osé”. J’ai pas envie d’avoir de regret, et quand je commence quelque chose, je ne le lâche pas. J’aime pas procrastiner, je passe des heures sur ce que j’ai décidé de faire et je me “focus” seulement sur mon projet du moment.


Et pour finir, que révélerais-tu de KAOS pour donner envie aux gens de l’écouter, et par la même occasion de ton futur EP…?

Et bien pour KAOS, je propose une ambiance instrumentale hip-hop hybride, destinée aux danseurs et danseuses, pas seulement urbains, mais également aux personnes qui souhaitent simplement l’écouter. KAOS est un travail d’introspection je dirai, dans la danse ou pour soi-même tout simplement.

Et pour le deuxième EP, c’est différent. Je l’ai pensé pour les personnes qui veulent écouter de la musique et l’intégrer à des moments de leur vie s’ils aiment le morceau. Par exemple si tu prends ta “caisse” pour aller à la mer, et tu mets ce morceau parce qu’il colle bien au mood tu vois? Je n'exclue pas du tout la possibilité de l’utiliser dans la danse cependant ! Je m’inspire du voyage et de l’ethnie, parce que j’adore voyager. Donc je vous emmène dans différents endroits, par exemple au Maghreb ou encore en Asie… !


Merci Julian, on attend avec impatience ton prochain EP !



Pour écouter l'EP, c'est par ici : SoundcloudSpotifyApple Music


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Emma Pichard ⎮ 25.11.2020


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