L’Espace 29 et Denys Zhdanov : l’art au service de la paix et du rassemblement

Dernière mise à jour : 31 mars

Cela fait maintenant plus d’un mois que la guerre en Ukraine a éclaté. D’une envie commune de s’exprimer sur la situation, de prendre conscience des enjeux géopolitiques et de soutenir avec les ressources de chacun le peuple ukrainien, l’Espace 29 donne carte blanche à l’artiste Denys Zhdanov pour le projet WAR IS NOT PEACE.

Ce projet artistique caritatif investit la galerie et d’autres lieux pendant plusieurs mois. Ici, l’art est un levier de solidarité et d’éveil des consciences et permet de nombreux dialogues culturels et sociologiques essentiels.

© Nina Drocourt

À l‘origine du projet

Denys Zhdanov avec qui nous avons eu la chance de nous entretenir, est un artiste Ukrainien diplômé des Beaux-Arts de Bordeaux. À l’origine de ce projet et fort de proposition, l’artiste initie de nombreuses collaboration à l’issue du projet : Nataliia Azoma, Vira Prokhvatylo, Viktoria Oreshko, Nadia Larina, Andrly Grytsay, Mariia Grytsay, Katia Bokatova-Vincent…

Tant de talents et de créativité qui se réunissent autour de WAR IS NOT PEACE, une quête artistique pour comprendre, questionner et ramener la création là où la destruction fait rage.

Le titre de l’exposition itinérante, WAR IS NOT PEACE, est directement inspiré de la citation de George Orwell dans son ouvrage 1984 : « War is peace, freedom is slavery, ignorance is strength ». Un titre évocateur qui annonce l’ambition du projet : questionner l’essence même de la guerre par une création artistique ambitieuse et engagée.

Denys Zhdanov, artiste indépendant et scénographe à Arc-en-rêve, a lui-même beaucoup travaillé sur le concept de propagande ou de ce qu’il nomme néo-propagande. Il explique son travail comme un recyclage constant et varié d’informations, d’images qui lui paraissent paradoxales, dures et incompréhensibles. Il questionne notamment le refus instinctif de la réalité que peut provoquer la guerre et les contenus (médias, désinformation, banalisation) qui gravitent autour de sa violence. La guerre serait une projection dans « une fiction écrite par quelqu’un d’autre » et la propagande « un mode d’emploi de la folie » (ndlr : citations tirées d’un entretien avec Denys Zhdanov).

© Nina Drocourt

Événements, workshops, tables rondes…

Tout le courant du mois de mars et ce chaque jeudi soir, un événement spécial est organisé avec pour objectif de récolter des dons pour l'association Ukraine Amitié.

Depuis le début du mois, de nombreux échanges, lectures, performances ont eu lieu. L’artiste artiste ukrainien pluridisciplinaire a, par exemple, réalisé une fresque à même les murs de l’Espace 29. On y voit une Marianne, drapeau de l'Ukraine à la main entre des soldats ukrainiens au front et une allégorie de Poutine, mi-migale mi-serpent. L'espace de l'exposition a également été investi par de nombreuses affiches réalisées pour des manifestations, en partenariat avec l'école des Beaux Arts de Paris.

L’artiste Ksi Prostir, originaire de Dnipro en Ukraine, s’est associé à la galerie afin de lancer un appel aux artistes ukrainiens.nes, leur proposant d'envoyer leurs œuvres et leurs témoignages pour les diffuser et les exposer en France. Ce sont plus de 300 artistes qui répondent à l'appel après quelques semaines. C’est alors une lecture performative qui résonne dans l’Espace 29, un écho vibrant au son des voix de ces artistes, en français, en ukrainien, en russe et en anglais.


Plus récemment, le jeudi 24 mars, le Collectif Bienvenue (qui se mobilise pour les réfugié.e.s) et le projet ont fait naître une soirée de débat à la suite de la projection du film de Juan David Romero "Unbroken Paradise ». Un moment de partage avec des réfugiés syriens et ukrainiens.

Ce jeudi 31 mars, ce cycle de rencontre se clôturera par une performance du curateur de ce projet, Denys Zhdanov. Au programme, une œuvre digitale autour du thème de la propagande avec des images fortes de l'actualité et de la guerre montrant notamment la vie actuelle des ukrainiens.nes enfermé.es dans des bunkers. Cette projection sera accompagnée d'une performance de danse contemporaine, réunissant une danseuse russe, géorgienne et américaine.

WAR IS NOT PEACE ne s’arrête pas là et propose une exceptionnelle diversité des supports et des messages. D’un atelier qui questionne le principe même de manifestation par la création de pancartes participatives à des lectures de poèmes en passant par des projections immersives, l’Espace 29 s’anime au gré des transformations de ce projet unique et affirme encore une fois son importance dans le paysage artistique bordelais.

Puisque l’Espace 29 n’aura jamais fini de donner aux artistes une plateforme de débat et de création sur des sujets si primordiaux à la compréhension de notre monde, WAR IS NOT PEACE continuera, sous d’autres formes, de faire résonner entre les murs de la galerie et les rues de la ville, son chant pour la paix qui se dresse contre la violence et l’inhumanité de ce conflit.

© Nina Drocourt

N’hésitez pas à suivre les actualités de ce projet sur leurs réseaux et de soutenir Ukraine Amitié ainsi que l’Espace 29. On vous retrouve aux nombreuses rencontres de WAR IS NOT PEACE, prêt.e.s à soutenir l’art contemporain, un art courageux, aux visages multiples et aux couleurs de la paix : bleu et jaune.


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Louise Naudot I 27.03.2022