La Cour de Nana : le nouveau café brunch syrien, gourmand et féministe

Lorsque nous arrivons à La Cour de Nana, au 73 cours Victor Hugo, on ne peut s’empêcher de remarquer le portant de fleurs rouges bordeaux qui se tient tout au-dessus de l’entrée.

Chaleureuses, elles nous invitent à doucement glisser notre regard à l’intérieur du café brunch syrien : welcome à La Cour de Nana !



Le plafond est orné de fleurs de jasmin, un sol oriental et des tables blanches nacrées, le tout réchauffé par des lumières chaudes abondantes et des sonorités syriennes.

Dima nous accueille, un large sourire aux lèvres, reflet de l’ambiance qui règne ici.

Nous faisons le tour du propriétaire et c’est alors que nous avançons vers le fond du café pour découvrir un petit salon où des sièges cosy nous happent, donnant sur une cour avec en son centre une fontaine. Le décor est posé, on se sent bien, on se sent comme à la maison, où de délicieuses odeurs s’échappent de la cuisine.

Dima prend le temps de répondre à nos questions le temps d’un instant, entre deux préparations de mets syriens.


Bonjour Dima, pour commencer, merci pour ton accueil chaleureux. Peux-tu me dire comment l’idée de La Cour de Nana t’es venue ?

Depuis très longtemps, la culture syrienne et notamment culinaire, a été laissée à l’abandon. Elle reste associée à la cuisine libanaise, plus connue à ce jour en France.

Et ce jusqu’à ce que les conflits et la guerre soient médiatisés. Mais encore une fois, la culture syrienne était associée à la guerre, la destruction et les pertes humaines. Des éléments très négatifs qui ne reflètent pas la culture syrienne.

Je trouvais alors dommage de perdre une partie de cette délicieuse culture à la fois humaine, conviviale et gourmande. C’est pourquoi j’ai ouvert La Cour de Nana. Tout reste à faire découvrir : un objectif plaisir que je me lance dès aujourd’hui.



J’ai commencé à travailler avec des réfugiés syriens et notamment des femmes pour donner du sens à ce que je faisais. Mon domaine de métier à la base étant la communication, je ressentais le besoin d’accomplir quelque chose avec des valeurs qui me ressemblent mais aussi avec les réfugiés. Beaucoup d’associations sont présentes en Gironde, on fonctionne notamment par le bouche à oreilles lorsqu’une nouvelle famille arrive en France.

J’ai choisi de travailler avec des femmes, notamment parce qu’il est compliqué de trouver du travail lorsqu’on est un réfugié syrien. Ça l’est encore plus lorsqu’on est une femme. Il y a un réel engagement féministe pour leur apporter plus d’autonomie, plus d’indépendance et des libertés d’actions plus grandes tout en valorisant leurs compétences professionnelles et humaines.


Peux-tu me parler du nom « La Cour de Nana », comment l’as-tu pensé ?

C’était un peu compliqué de le trouver car nous voulions quelque chose de symbolique, de fort mais pas trop long non plus.

La cour étant un des éléments principaux des maisons traditionnelles en Syrie, nous souhaitions la mettre en avant puisque notre volonté se base sur la convivialité, la chaleur d’une maison.

Le mot « Nana » quand à lui, signifie en syrien « Mamie ». C’est un hommage à notre grand-mère qui a passé des années en Syrie, notamment en tant que résistante et qui a été emprisonnée. C’est une femme qui parait stricte au premier regard mais qui a un très grand coeur malgré ses expériences douloureuses.

De manière plus générale, je dédie La Cour de Nana aux femmes inspirantes de ma famille et en Syrie.



Qu’est ce que tu nous proposes au menu ?

Je voulais surtout valoriser le brunch syrien qui n’existe pas du tout à Bordeaux. C’est un moment traditionnel typique en Syrie qui est le premier repas de la journée et qui a lieu tous les jours. Il n’y a pas de petit-déjeuner suivi du déjeuner mais bel et bien le brunch. Très varié, très gourmand, il y en a pour tous les goûts. Il est à la fois familial, amical, convivial, complet et coloré.

Par exemple le hummus ou la labné qui est un yaourt épais fait maison accompagné d’huile d’olive, de menthe, de graines de nigelle, de piment doux et ça se mange avec du pain pita. Il y a aussi le moutabal, plus connu sous le nom de caviar d’aubergines.


Labné

Plus exactement vous trouverez 4 formules que vous pourrez commander tous les jours de la semaine :

  • Le petit déjeuner sucré

  • Le petit déjeuner salé

  • Le déjeuner

  • Le brunch

Chaque semaine, les formules déjeuner et brunch changeront. Il y a tellement de diversités dans la cuisine syrienne que nous souhaitons réellement faire découvrir le plus grand choix possible aux futurs gourmands. En revanche les deux petits déjeuners ne bougeront pas et les weekends et jours fériés seront dédiés exclusivement au brunch.



Souhaites-tu nous parler de quelque chose en particulier ?

Oui ! La Cour de Nana sera ouverte tous les jours en tant que brunch & coffee shop mais elle accueillera aussi des événements le soir : notamment des soirées où le ‘Oud sera mis à l’honneur : un instrument traditionnel syrien.

Il y aura également des café-débats avec par exemple des auteures féministes syriennes, à qui nous donneront la parole.

Et enfin des ateliers de cuisine ouverts à tous pour goûter et tester la cuisine syrienne.


Le mot de la fin !

Ce n’est pas juste un restaurant mais un lieu de vie, de partage, de rencontres et d’échanges. Vous pouvez venir travailler, écouter de la musique mais aussi jouer avec le traditionnel Tawli : l’équivalent de Backgammon en Syrie que l’on retrouve dans tous les cafés syriens.



Un grand merci à Dima pour son accueil et les mets que nous avons pu découvrir et goûter durant l’interview. Nous vous assurons que c’est un vrai délice… Pour les papilles et pour les yeux.


Infos Pratiques :

73 Cours Victor Hugo

Tram A et C - Porte de Bourgogne

Tram B - Musée d’Aquitaine


Wifi et prises disponibles

Réservation : @lacourdenana

Contact : contact@lacourdenana.fr


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Fanny Mielnitchenko | 06.12.2019