La Jimonière : un collectif qui déguise les lieux

J’ai longtemps entendu cette phrase : « Si vous proposez quelque chose de déjanté, faites-le à fond et ça passera ». C’est le principe que suit La Jimonière et le collectif le fait merveilleusement bien. C’est dans l’ambiance chaleureuse du Starfish à Bordeaux que Feather a rencontré trois membres de l’association La Jimonière : Jim, Adrien et Antonin.



On comprend vite que La Jimonière c’est un nom  incarné par une bande de potes qui savent ce qu’ils veulent créer : une offre particulière au milieu d’une large proposition de soirées culturelles bordelaises. A travers une scénographie généreuse et souvent interactive, le collectif démontre leur originalité et séduit son public.


Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Tous : On est cinq membres dans l’association : Jim (alias Jimont) et François (alias Valmont) qui mixent lors des soirées, Adrien, Antonin et Sarah qui est la présidente de l’asso. Tout le monde est impliqué dans la conception, la réalisation et la scénographie qu’on présente lors des soirées. Sarah, Adrien et Antonin se chargent beaucoup de la partie communication/graphisme/vidéo (teaser ou after movies notamment).


C’est un peu bateau mais on a envie de savoir : pourquoi ce nom « La Jimonière » ?

Jim : Je ne sais même pas par où commencer...disons qu’un jour, on a « brainstormé » avec l’équipe un petit moment et puis on a opté pour la Jimonière. Aussi parce que la fameuse soirée où on a officié ensemble, c’était une soirée déguisée où les mecs étaient en filles et vice versa.

Adrien : Ce qui est drôle, c’est que l’asso porte le nom du mec qui est le plus discret. Je trouve que c’est plutôt cool, ça montre bien notre esprit.


Comment le projet associatif s’est-il formé ?

Tous : Je pense qu’on est tous d’accord, c’était justement lors de cette fameuse soirée en appart, pour le jour de l’an. Cela fait deux ans que l’asso existe officiellement. Pendant un an, on exerçait un peu officieusement en organisant des soirées avec déjà des idées de scéno (comme les masques d’animaux) dans des appartements, avec nos potes. Au début du projet, on était dix, petit à petit on s’est retrouvé à cinq : le groupe qu’on est aujourd’hui. Notre première soirée était à la Tencha. Après on a enchainé à l’Antidote ou à Iboat pour un apéro boat.



Justement, quel est votre rapport avec la Tencha ?

Jim : Ils nous ont fait vite confiance en nous accordant les soirées « Jeudimonière ». Là, on a lancé nos premières soirées avec notre identité scénographique : l’image « jungle » avec nos masques d’animaux mis à disposition du public. Après on a étoffé, et on s’est déplacé au Fridge ou à l’espace PIP par exemple.


Quelle est,en effet, la place de la scénographie dans votre travail ?

Antonin : Certains d’entre nous ont voyagé à Amsterdam ou à Barcelone et quand on voit ce qui est fait en termes de scénographie dans les soirées électro là-bas, on a envie de ramener ça en France. En fait, on réalise des soirées où on aimerait aller. Pour notre soirée au Fridge, on avait fabriqué des parapluies « méduses » avec des leds et tout le monde pouvait le prendre c’était marrant de voir les gens phaser dessus.

Adrien : On fait beaucoup de « Do it Yourself » qu’on laisse à disposition pour faire une scéno interactive donc faut aussi accepter que ça ne dure pas, on change souvent de matériel, on passe à autre chose. Notre scéno, c’est aussi mettre en scène deux personnages que sont Jimont et Valmont. Je pense qu’on a une bonne communauté qui est active. Parfois, après des soirées, on a même des gens qui nous aident pour ranger.





Pouvez vous citer un set ou un souvenir qui est resté dans vos mémoires ?

Jim : Je pense qu’on est tous d’accord…la soirée dans le hangar pour Halloween.

Adrien : Oui, on avait investi un hangar dans le Médoc qui se trouvait à côté d’un vieux bâtiment. On avait mis des passeurs qui accueillaient les gens pour les accompagner jusqu’au lieu (il fallait marcher 15 minutes sur un chemin banalisé de loupiotes et de draps blancs sur les arbres en guise de fantômes.) On était une cinquantaine de personnes et la soirée était réussie, c’était vraiment glauque.


Est-ce que vous avez rencontré de gros imprévus pour certaines soirées ?

Tous : Les imprévus, c’est notre quotidien. Une fois c’était pour la Fête de la Musique. Il faut savoir qu’on a beaucoup de matos parce qu’on renouvelle beaucoup. On en avait prêté à nos potes, l’asso Rainbow Pony qui jouait place St Projet. Nous on mixait à la Tencha et lorsqu’on a eu fini, on attendait Jim qui devait venir avec le camion pour remballer tout le matos. Au final, Jim n’a jamais pu venir à nous à cause de la foule et des « barrages » policiers. Finalement, on s’est retrouvé à tirer les sonos dans tout Bordeaux, au milieu des gens bourrés. Dans ces moments-là, on se dit « mais pourquoi on s’est lancé dans ça ? » et puis après on recommence (rires).


Vous aimez bien vous déguiser non ?

Jim: On adore!! On se déguise tout le temps.

Antonin : Des fois, je toque chez lui un dimanche et il est déguisé. Sans raison particulière.

Adrien : La mise en scène de Jimont et Valmont, passe aussi par les déguisements, on crée des personnages.

Jim : Et on se fait plaisir ! Par exemple, pour une soirée « années 90 », on va mettre des vestes Adidas, pour les soirées « jungle », on met souvent des manteaux en fausse fourrure léopard.



Jim : Pour la soirée « Jimocul » qu’on avait fait à La Voute par exemple, on ne portait pas grand-chose mais c’était ça notre déguisement…(rires).

Après, nous on s’éclate donc c’est cool. On ne s’arrête pas aux djs, on réunit tous les acteurs artistiques possibles qui répondent au thème. Pour la Jimocul, on avait fait venir des danseurs par exemple.




Parlez-nous pour finir, de votre prochaine soirée…

Tous : Ça sera à l’Iboat le 24 janvier en format club. C’est une première pour nous et c’est assez fou de se dire qu’après seulement deux ans et demi depuis la création de l’association, on débarque à l’Iboat. C’est une consécration parce qu’ils ont les meilleurs djs qui passent là bas. Là, on sera plus organisateurs parce qu’on programme des artistes (Bwi Bwi, Noke et Obsimo). On en profitera quand même pour passer des petits sons. Le thème sera autour de la jungle, on va dévoiler une scénographie beaucoup plus importante. On veut montrer aux gens qui viennent là-bas régulièrement ce que donne la Jimonière.



Donc viens enfiler ta fausse fourrure et te trémousser aux sons électroniques pour découvrir pour la première fois, une véritable jungle à bord du bateau. C’est le 24 janvier à partir de minuit et pour toute la nuit (et c’est pas cher). Les préventes sont disponibles en suivant ce lien : bit.ly/2TPsBII





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Eva Pons I 15/01/2019