Le Check-In Party comme si vous y étiez !

Dernière mise à jour : 14 sept.

Cet été, pendant qu’une partie de l’équipe était au Cabaret Vert à Charleville-Mézières, une autre était au festival Check-In Party, à Guéret, en Creuse. Super sexy comme vacances ! Non, vraiment ! Pendant ces 2 jours, nous avons assisté à des concerts géniaux, bu des coups et rencontré Sébastien Chevrier, co-créateur du festival. On vous raconte tout ça !

© Titouan Descayrac

Comme quoi, la diagonale du vide n'est pas si vide que ça. En plein milieu de la Creuse, des passionnés de musique se sont affairés pour donner vie à la seconde édition du Check-in Party. Qui aurait crû que Guéret deviendrait une terre de rock l’espace de deux jours ?

Nous arrivons donc sur le tarmac (parce que oui, le festival se fait sur une piste d’atterrissage d’aérodrome) beaucoup trop en avance par rapport à l’ouverture du camping - ouais, on avait un peu hâte d'y être. Pas de problème, cela nous laisse le temps d’explorer le site. C’est très grand, la prairie avoisinant la piste offre une place incroyable pour organiser un festival.


Qu’attendez-vous de la deuxième édition du Check-In ? En 2022, on a voulu affirmer le propos qu’on a tenu en 2019, à la fois dans le ton et dans la forme. C’est à dire, suivre une ligne éditoriale dissonante vis à vis de ce que peuvent proposer d’autres festivals sur le territoire français, une programmation qui fait la part belle aux musique indépendantes, à la fois rock et électronique et beaucoup de groupes de live.(...) On voulait aussi affirmer le côté un peu remarquable du site, un aérodrome c’est peu commun, c’est original, c’est gigantesque, on est sur 43 hectares qui nous sont mis à disposition. - Sébastien Chevrier

Check-in au camping

Le camping, situé au bout de la piste de décollage, propose deux formules : la formule de base, très roots, à 10€ les deux nuits, tu plantes ta tente et tes sardines et tu profites avec les voisins ! Et une autre formule, plus adaptée aux premières classes qui ont la flemme de dormir sur leur vieux matelas gonflable avec des toiles montées par le festival et le petit déjeuner compris dans la formule, royal !


Nous avons opté pour la première option qui présentait tout de même tout le nécessaire pour notre confort : des sacs distribués pour éviter de salir derrière nous, grand nombre de sanitaires, une buvette pour assouvir les petites soifs avant le début de la fête, l’accès aux taxi-mobs - des mobylettes qui proposaient des allers-retours entre le camping et le lieu de festival - et même un concert déambulant avec Green Line Marching Band un groupe-fanfare qui se postiche à l’entrée du camping, mené par un tracteur à pédales. Là, commence le défilé sur le tarmac au rythme de reprises des Clash, The Verve, RATM… !

© Titouan Descayrac

S'occuper, boire et manger

16h30 tapante, on traverse le boarding-gate pour rentrer dans la fosse aux lions. On se pose 30 secondes, histoire d’apprécier le sentiment que tous festivaliers ressentent quand ils foulent pour la première la terre promise qu’est la zone concert. Les trois scènes nous font de l'œil, la mainstage, sobrement appelée “Wall of Sound” ne laisse pas la place au doute sur ce qui va s’y passer. La seconde grande scène, Air Force Stage, n’a rien à envier à sa grande sœur. Et la petite dernière, Hélicoptère Stage, a la particularité d'être une scène à 360°, ce qui promet une expérience live inédite.


On avait disposé les scènes de la même manière en 2019, en faisant un jeu de ping-pong entre les deux scènes des deux côtés du tarmac. L’”hélicoptère stage” en 2019 était plus petite, on avait fait jouer des artistes en 360 et on souhaitait proposer à nouveau des petites configs de proximité entre les artistes et les festivaliers. On n’est pas toujours sur une scène frontale à 2 mètres de haut et le public dans la fosse. - Sébastien Chevrier

On retrouve deux points de restauration de part et d’autre du festival avec des restaurateurs locaux - on a opté pour les sandwichs saucisses avec la barquette de frites au fondu creusois - top pour se préparer aux pogos de Fontaines DC.

Pour les amateurs de malt et de houblon, trois bars sont là pour étancher les soifs irrépressibles avec de la bière classique comme des bières locales pour les plus pointilleux ! Enfin, un disquaire est présent sur le site, histoire d’acheter une belle galette pour faire fumer la platine une fois rentré à la maison.


© Titouan Descayrac

Le public et les humains du festival

Les festivaliers du Check-in étaient là pour la musique. On a bien senti que les gens présents étaient des passionnés de rock, de musiques électroniques, de vrais mordus.

Quand on entend dans le camping (et sur le festival), des groupes de personnes chanter les refrains de Fontaines D.C ou des IDLES, ça ne trompe pas ! Cette foule joyeuse était de surcroît humaine, bienveillante, généreuse. Le public du Check-in, c’est un public en or.


On a un public de rêve qui est captif, d’aficionados des artistes qu’on propose à l’affiche et donc ils ont plaisir à se retrouver tous ensemble ici je crois ! Il y a un côté aussi intergénérationnel, des familles, des anciens,... Il y a autant d’amateurs de rock’n’roll que de musique plus indé, y a pas d’âge pour tout ça et heureusement d’ailleurs ! En même temps, on ne veut pas, et ce sera jamais le cas, défendre un festival d'élitiste. C’est pas un festival d’entre-soi, c’est plutôt un esprit de communauté qui est même communiqué chez les artistes. - Sébastien Chevrier

Pour faire vivre ce festival et donner cette dynamique, ce n’est pas moins d’une centaine de techniciens et 200 bénévoles de l’association Terre du Milieu qui unissent leurs forces ! A cela, on y ajoute le savoir-faire professionnel de Mayday (structure montée par le programmateur de la Sirène à La Rochelle et l’ancien directeur du Temps Machine à Tours) et c’est ce qui donne le Check-In !


Terres du milieu c’est l’ancrage local. En 2018, quand on a créé le projet, on s’est dit qu’il ne fallait pas que le festival soit hors-sol, il fallait que la population locale s’empare du projet et puisse participer pleinement à ce festival. - Sébastien Chevrier

© Titouan Descayrac

Un mot sur la prog

Bien sûr, pour terminer, on va vous parler de la programmation ! Cette prog’, c’était comme le poulet du dimanche de mamie, si t’aime pas le blanc, t’as les cuisses et si t’aime pas les deux, il te reste les ailes et les contres-cuisses et dans tout les cas, tout est excellent à manger. Et bien là, c’est pareil, il y en a eu pour tous les goûts.

Tous les artistes sont ravis d’être à l’affiche et de la partager avec les autres ! Avant de monter sur scène ou dès qu’ils ont terminé de jouer, ils vont voir le concert suivant ou précédent. C’est vraiment des groupes de live, des artistes qui aiment ce rapport important entre eux et le public. C’est un peu ce qui nous à amené à Feu! Chatterton dans la programmation même si c’est pas une évidence qu’ils soient à l’affiche de ce festival, c’est un p***** de groupe de live, qui a un rapport avec le public qui est remarquable et particulier. C’était important pour nous de les associer à l’affiche et ça nous a permis d’ouvrir le champ des possibles. On ne cherche pas forcément le groupe qui va faire le plus de clics sur les plateformes de streaming mais plutôt des artistes qui se sont développés dans le temps à travers la scène et qui ont capté leur public comme ça. - Sébastien Chevrier

De notre côté, on pourrait vous parler des Bitchos, les reines de la cumbia psyché qui nous ont fait agiter les mains en l’air sur leur morceau Pista, ou des Limiñanas et leur set envoûtant, au mapping hypnotisant ou bien encore des alsaciens de Last Train qui a leur habitude, ont livré un live complètement incroyable, ou enfin de Feu! Chatterton qui nous ont emmené dans la pinède à bord de leur grand Boeing… Mais on a décidé d’être succinct et de vous parler de nos coups de cœur du festival !


♥︎ Coup de coeur n°1 : shame

Outre la photogénie du chanteur et sa présence sur scène, shame, que nous découvrions pour la première fois, n’ont pas failli à leur réputation. Avec “One Rizla” et “Concrete” incroyablement bien opérés, leur post-punk a littéralement soulevé le public, en faisant jouer des coudes les premiers rangs. Leur communication avec la foule et l’énergie folle du bassiste ont fait de ce live l’effet d’un énorme uppercut dans la mâchoire !


♥︎ Coup de coeur n°2 : Mansfield.TYA

À peine descendues de leur train, Julia Lanoë, alias Rebeka Warrior, et Carla Pallone de Mansfield.TYA se sont retrouvées sur la Air Force Stage pour proposer un set en ombre chinoise. Une esthétique très épurée, des lumières voluptueuses projetées sur un voile blanc, un public qui chante en choeur leurs morceaux et des émotions en pagaille, Mansfield.TYA étaient attendues ce vendredi soir là et n’ont pas déçu !


♥︎ Coup de coeur n°3 : Geese

C’est sûrement notre plus belle découverte du week-end. Ces gosses de 20 piges venus tout droit de Brooklyn nous ont laissé sur le cul pour rester poli. Leur énergie folle et la précision de la musique délivré nous ont convaincu de suite. Sous ses faux airs de Liam Gallagher, le chanteur nous emporte avec sa voix chaude et légèrement éraillée et les zicos suivent derrière comme des diables, nous emportant dans leur tourbillon post-punk. C’est un groupe à suivre avec attention car il risque de faire beaucoup de bruit dans la scène rock ces prochaines années.


♥︎ Coup de coeur n°4 : The Libertines

C’était un peu des montagnes russes dans nos cœurs lorsque nous avons appris l’annulation de King Gizzard and The Lizard Wizard (tête d'affiche du festival), déçus de ne pas pouvoir planer au-dessus de leur Magenta Mountain. Mais ! Le Check-In Party a su rebondir ! Et quel rebond ! Les Libertines débarquaient du Motocultor Festival et nous ont ramené 15 ans en arrière (ouais on écoutait les Libertines à 10 ans lol). Quel plaisir d’entendre Don’t Look Back Into The Sun avec un public qui chantonnait en fond !


On essaye de trouver un juste équilibre - sans être ostentatoire, c’est un festival qui est jeune, on ne veut pas en faire un festival où on retrouverait 50 000 personnes sur le tarmac - bien qu’on pourrait les accueillir mais on veut un festival à taille humaine. On cherche un juste équilibre entre les esthétiques, les propositions singulières, comme Lucie Antunes hier ! On aime bien les propositions transversales qui vont mêler des esthétiques et des sensibilités ! - Sébastien Chevrier

Si vous ne saviez pas encore ce que vous faisiez l'été prochain, on espère que maintenant vous savez. Parce que pour nous, il n'y a pas de doute, on sera sur la piste du Check-In Party 2023 !


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Elisa Dupont & Titouan Descayrac ⎮ 08.09.2022