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Le Magnetic Art Lab : laboratoire artistique bordelais


Depuis quelques années, il y a comme un « pshit » de bombe aérosol dans l’air.

Le street art a gagné sa popularité et est de plus en plus mis en valeur par les différentes galeries, institutions et politiques culturelles bordelaises. Aujourd’hui, on va vous raconter une belle histoire. Celle d’un passionné de street art qui, au fil des rencontres et des projets, est devenu une référence en la matière en s’appliquant à donner une résonance au travail des artistes d’art urbain. Retour sur notre rencontre avec Pierre Lecaroz, président de l’association Pôle Magnétic, dédiée à la promotion de l’art urbain à Bordeaux, qui ouvrait les portes de son laboratoire artistique en Novembre dernier : le Magnétic Art Lab.




Tout est parti d’une passion

« J’ai commencé à prendre des photos d’art urbain dans l’espace public simplement parce que je trouvais que ça embellissait ce lieu qui nous appartient et parce que c’était un peu la convergence de toutes mes influences, musicales et graphiques ».


2012: Naissance de l’association Pôle Magnétic

« J’ai créé la page Street Art Bordeaux en 2012 sur le réseau social Facebook avec mes photos, ensuite d’autres gens ont partagé les leurs et la page a grossi. J’ai eu un appareil photo et j’ai communiqué autour de l’art urbain, des expositions, que j’allais couvrir, photographier,…

Au fil des rencontres d’artistes ou d’autres passionnés, on s’est rendus compte que pour mener des actions concrètes sur le terrain il fallait officialiser cette vitrine virtuelle en créant une association, ce qu’on a fait début 2013 avec la création de l’association « Pôle Magnétic ».


Le M.U.R de Bordeaux

Pierre Lecaroz a importé un concept, celui du « Mur modulable réactif » : un artiste urbain est accueilli tous les mois sur le concept de création originale éphémère.

Vous retrouverez donc chaque mois une nouvelle oeuvre sur le mur situé contre l’école primaire (dont les élèves sont impliqués dans le projet) place Avisseau, quartier des Chartrons.

« On essaye de trouver un équilibre subtil entre programmation internationale et tissu artistique local, sans négliger le street art au féminin, même si l’on est bien loin de la parité. Les finalités de ce projet sont de créer du lien social, de créer une passerelle entre une démarche artistique et un quartier, d’offrir un espace de création et de visibilité pour les artistes urbains et de faire découvrir toutes les nuances de l’art urbain en termes de technique et d’univers pictural (pochoirelistes, graffeurs, etc,…).

Le mur, je pense qu’il est ancré dans les habitudes culturelles des bordelais et est référencé dans les atouts touristiques de l’office du tourisme parce que le street art génère aujourd’hui une économie et des enjeux sociaux, culturels et touristiques. »


Le 43ème mur, réalisé par Stéphane Carricondo (visible jusqu'au 16/03) - Le M.U.R de Bordeaux.

Les saisons street art

Après un appel à projet du ministère de la culture, le première saison street art a vu le jour en 2016 avec plusieurs événements (Transfert, ShakeWell, Correspondances,…).

Chaque année depuis 2016, la ville de Bordeaux a pu voir fleurir sur ses murs de magnifiques fresques de différents artistes.


2018: Exposition Légendes Urbaines à la Base Sous Marine

Premier commissariat d’exposition, partagé avec son ami Nicolas Laugero Lasserre (directeur de l’ICART (l’école du management de la culture et du marché de l’art) et président fondateur d’Artistik Rezo) avec Légendes Urbaines à la Base sous-marine de Bordeaux.

L’exposition a connu un grand succès puisqu’elle demeure la deuxième exposition la plus visitée à la Base sous-marine.


Ouverture du Magnétic Art Lab

En Novembre dernier, la nouvelle « galerie » ouvrait ses portes aux Chartrons, juste en face du M.U.R de Bordeaux et pour Pierre Lecaroz, choisir cet atelier d’artiste était « une évidence ». Si le quartier est un peu calme, confidentiel et récent, le Magnétic Art Lab a pour intention de réussir, par la qualité des propositions artistiques, à drainer du monde là bas.


Pierre Lecaroz nous a tenu quelques mots à propos la galerie:

« Chaque planète a des ondes qui les tiennent à distance les unes des autres et qui interagissent aussi entre elles. C’est un peu le système des projets… Rencontres, échanges, retours,... J’ai trouvé ça intéressant et je n’avais pas envie de « Street art Bordeaux » car j’allais m’enfermer dans une discipline. Si j’avais envie de faire un mapping ou un projet d’arts numériques je n’aurais pas pu. Là je ne m’inscris pas dans une case.

Et pour la galerie, c’est un peu le même état d’esprit. Ce n’est pas une galerie à proprement parler.

Comme dit S. Carricondo, pendant des années on a jeté des cailloux sur les artistes urbains. Aujourd’hui, c’est devenu tendance et ça a intégré le marché de l’art.

Avant, aucun galeriste ne voulait d’art urbain dans sa galerie, parce que ce n’était pas vendeur… et aujourd’hui tout le monde en veut ! Pourquoi les artistes urbains devraient-ils aujourd’hui accepter de réintégrer ces galeries qui leur ont craché dessus?

Du coup, l’idée de ce lieu c’est de décloisonner un peu tout ça : c’est un laboratoire artistique


Et ensuite?

« L’année prochaine j’ai plein de projets comprenant de nouveaux enjeux : la programmation de la galerie, le mur va continuer,…

J’essaie de diversifier un peu les propositions culturelles : la galerie, le mur, probablement une quatrième saison street art,… Je ne suis pas certain de faire une prochaine façade mais peut-être un projet avec le CHU.

A côté de ça, on travaille sur d’autres projets plus confidentiels pour le moment… »




Graffiti en réalité virtuelle au Magnétic Art Lab !

Comme nous le disait Pierre Lecaroz, le Magnétic Art Lab ne se présente pas comme une galerie classique mais plutôt comme un laboratoire artistique.

En nous y rendant, on a pu s’essayer à une expérience assez surprenante !

Casque sur la tête et munis de deux manettes, vous vous retrouvez dans la peau d’un graffeur qui, après avoir choisi sa map (métro parisien, rooftops,…) peut réaliser son graffiti en profitant d’un nuancier de couleur très large et de différents embouts de bombe.

Tout y est : des cliquetis de la bombe de peinture jusqu’aux coulures sur le mur !

Il est même possible de conserver son graff !




Ainsi, les formules à la journée comprennent la découverte du street art dans son contexte originel (tour des grandes fresques qui sont surtout concentrées dans le quartier des Chartrons, Grand parc, Jardin public) et une séance de graffiti en réalité virtuelle !


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Luna Salanave I 05/02/19

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