Lujipeka : « J’ai un peu mis un coup de pied dans les codes qui définissaient Columbine »

« J’ai très hâte de jouer à Bordeaux, parce que c’est à la Rock School qu’on a fait notre tout premier concert de la tournée Enfants Terribles. Ça me fait toujours plaisir de retourner là-bas, » nous expliquait Lujipeka, le 23 septembre. Deux jours après, le public bordelais chantait ses refrains à l’unisson. Après avoir évolué au sein du collectif Columbine et sorti deux EP en solo, Lujipeka sort son premier album le 5 novembre. Interview !

© Magdalena Lawniczak

Ton album Montagnes Russes sort le 5 novembre. Peux-tu nous parler de sa création ?


Je l’ai commencé sérieusement l’an dernier, après le confinement et la sortie de mes deux EP. J’ai un peu mis un coup de pied dans les codes qui définissaient Columbine pour essayer de me réapproprier ma musique sous une autre forme. C’était un travail assez intense. Je voulais quelque chose qui soit à la fois générationnel et introspectif. J’ai aussi changé ma façon de faire par rapport à la musicalité.

Lujipeka en concert à Bordeaux le 25 septembre 2021. © Nolwenn Tournoux
C’est un méli-mélo de toutes mes rencontres et gamberges de ces dernières années. Ça parle d’amour sous différents axes, de relations sociales et même un peu de la période qu’on a vécue

Quels thèmes y abordes-tu ?


C’est un méli-mélo de toutes mes rencontres et gamberges de ces dernières années. Ça parle d’amour sous différents axes, de relations sociales et même un peu de la période qu’on a vécue (la crise sanitaire). Il y a également des sons qui parlent de fuite, de l’envie de tout plaquer. Ce sont des idées qui me traversent parfois. Il y a aussi des trucs plus légers, mais j’essaie toujours de mettre du fond et de l’histoire dans mes chansons. Dans des morceaux comme Poupée Russe ou Juno, qui ont un côté un peu tragique, j’essaie de donner quelque chose de moins déprimant dans la forme. J’avoue que parfois, je suis plus inspiré par des histoires badantes, c’est peut-être les énergies qui m’inspirent le plus quand je fais de la musique.


Pourquoi avoir appelé l’album « Montagnes Russes » ?


Pour le mélange de choses et d’idées. Il y a quelque chose d’assez indéfinissable dans le genre musical de l’album ; il y a aussi bien du Reggae sur Poupée Russe que de la French Touch sur On ira. L’album va dans tous les sens tout en gardant une ligne conductrice assez définie. Je voulais me permettre de continuer à mélanger les idées, les émotions. Sur l’album, je passe de sujets assez lourds comme sur Deux âmes (qui parle de violences conjugales) à des choses plus légères à côté. Montagnes Russes c’est les hauts et les bas, et ce mélange.

Columbine, dans les textes, c’était beaucoup d’assemblage, un puzzle d’idées… Quelque chose d’assez abstrait au final.

Tu dis avoir « mis un coup de pied dans les codes qui définissaient Columbine. » Qu’est ce qui va être différent dans cet album ?

Columbine, dans les textes, c’était beaucoup d’assemblage, un puzzle d’idées… Quelque chose d’assez abstrait au final. Je me souviens que ma façon de faire c’était prendre une instru, et poser directement les phrases qui me viennent pour créer un « mood général » autour d’un son. J’ai adoré faire ça pendant longtemps, mais j’ai envie de faire évoluer ma méthode d’écriture. Dans Montagnes Russes, chaque son a un thème précis. Sur la partie musicale, c’est aussi beaucoup plus de prises de tête. Il y a quelque chose de plus organique, donc plus de vrais instruments et beaucoup d’arrangements. L’autotune était un peu la marque de fabrique de Columbine, j’en mets moins sur mes tracks. Comme le reste, j’ai adoré le faire pendant longtemps, mais je pense que ça fait du bien d’aller chercher autre part et se donner les moyens d’avoir plus de compétences. J’ai pris des cours de chant, de guitare, des choses comme ça qui permettent d’élargir mon spectre.



Tu dirais quoi à l’ancien Luj ?

Par rapport à la musique, je lui dirais de continuer comme il a fait. Je n’ai pas de regrets. La période Columbine a été la meilleure école possible. En solo, j’ai pris de l’expérience. Je me vois grandir avec ma musique. Je lui dirais « ça va aller, ne te prends pas la tête et taffe. »


La période Columbine a été la meilleure école possible. En solo, j’ai pris de l’expérience.

As-tu une anecdote à partager, au sujet de ce nouvel album ?

Un truc cool, c’est la rencontre avec Cerrone, le seul invité de l’album. C’est un sacré personnage ; un gars de plus de 70 ans qui a fait toute une carrière dans la musique électronique, une vraie pile électrique. Il est toujours actif et reconnu dans le milieu. Il se fait parfois appeler par The Weeknd, a été samplé par les Daft Punk. Ça reste un mec assez simple dans sa façon de faire de la musique et passionné, on s’est retrouvés à aller plein de fois chez lui pour bosser le morceau On ira, qui est un grand mélange de mondes et d’énergies musicales différentes.

Dans Poupée Russe, tu dis « Et tant pis quand on chante s’ils écoutent à peine ». Peux-tu nous expliquer le sens de cette phrase ?

Le son s’adresse à une fille qui est malade et qui va mal. L’idée du « quand on chante, » c’est une métaphore. Ça veut dire « tant pis s’ils ne t’écoutent pas, vivons notre vie sans écouter ce que vont dire les autres. Si on ne t’écoute pas, fais quand même ce que t’as à faire et écoute-toi. »

Le mot de la fin ?

J’ai hâte que l’album sorte, et de rencontrer les gens !

Merci Lujipeka !


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Nolwenn Tournoux ⎮25.09.2021