Rencontre avec Kid Francescoli

Dernière mise à jour : août 27

Cette fois-ci, nous vous emmenons à l’entrée des loges des artistes du festival des Francofolies de la Rochelle pour y rencontrer l’artiste qui se cache derrière le nom de Kid Fransescoli. On connaît bien ses singles, comme Moon, des musiques aux notes électro, toute en douceur et en subtilité qui donnent envie d’en savoir un peu plus sur cet artiste.

© Benjamin Juhel
Aujourd’hui, quand j’ai des moments de coups de mou ou de pression, j’essaye toujours de me rappeler là où je suis et de là où je viens, me rappeler que maintenant je fais ce qui me plaît, je vis de ma passion

Quand a débuté votre passion pour la musique ?

Ma passion remonte à très longtemps, au collège où j’ai découvert Queen et Nirvana. Les pochettes, les photos des albums, les tournées, etc… C'est quelque chose qui m’a toujours beaucoup parlé et où j’ai senti que je voulais faire ça de ma vie.

Aujourd’hui, quand j’ai des moments de coups de mou ou de pression, j’essaye toujours de me rappeler là où je suis et de là où je viens, me rappeler que maintenant je fais ce qui me plaît, je vis de ma passion. Je ne me vois pas me plaindre que la tournée est trop longue ou qu’il faut que je me lève trop tôt car malgré les difficultés je fais ce que j’ai toujours rêvé de faire. C’est mon rêve donc si je le fais, je vais jusqu’au bout.


Avant de monter sur scène, est-ce qu’il y a une musique que vous écoutez qui vous fait du bien ?

Jusqu'à la dernière tournée, on avait pas de playlist de préparation de scène donc ce qu’on faisait c’est qu’on regardait des extraits de live dans les loges, de Michael Jackson ou de Marvin Gaye par exemple, qui nous motivait. Le fait de revoir ça, ça aide à se préparer pour un concert même si je ne suis pas une bête de scène comme ces gens-là. Cette année, j’ai enfin concocté une petite playlist d’attente pour les gens au moment où je vais monter sur scène et c’est super agréable car au moment où j’arrive, il y a toujours une musique que j’aime bien qui est jouée.

Les voyages aussi sont une grande source d’inspiration pour moi ! Quand tu pars loin, quand tu es un peu en transit quelque part, il y a toujours cette sensation où tu as l'impression d’être plus sensible à tout.

Quelles sont vos plus grandes sources d’inspiration qui vous permettent de créer ?

La musique, premièrement. Mais de tous les arts, ce qui m’inspire le plus c’est les films. Pas uniquement leurs musiques, mais l’émotion qu’il peut y avoir dans certains. Je citerai ceux de John Cassavetes ou Claude Sautet par exemple. Ces deux réalisateurs se ressemblent un peu, font des films qui traitent très bien de la vie, la vie qui passe, les amitiés, etc… Les voyages aussi sont une grande source d’inspiration pour moi ! Quand tu pars loin, quand tu es un peu en transit quelque part, il y a toujours cette sensation où tu as l'impression d’être plus sensible à tout. Je sais que quand j’écoute une chanson que j’aime bien dans l’avion ou dans le train, il y a tout qui fait sens dans ma tête, ça t’inspire plus à créer toi-même une chanson. Donc oui, je dirais que le cinéma et les voyages sont les domaines qui m'inspirent le plus… Après la musique, bien évidemment.


Si vous deviez définir votre musique en trois mots seulement, lesquels choisiriez-vous ?

Je dirais : danse, mélancolique et pop.


Est-ce que vous estimez du coup que vous êtes quelqu’un de mélancolique ?

Pas vraiment, dans ma vie je ne pense pas. C’est juste quelque chose d'ancré en moi et ça ressort dans mes chansons mais je ne passe pas mon temps la tête contre la fenêtre à voir la pluie tombée. Je ne m'apitoie pas sur mon sort, mais cette mélancolie ressort dans ma musique, car avec la musique tu ne peux pas te trahir, tu ne peux pas te mentir, ça sonnerait faux si je faisais des sons très enjoués avec un tempo super rapide. Je sais que ce genre de musicalité ne me parle pas, alors que quand je fais un son un peu plus nostalgique je me sens plus dans mon élément.


Vous travaillez avec l’artiste Julia Minkin, pouvez vous nous parler de votre rencontre, vos débuts de collaboration ?

On s’est rencontré en 2009, ça a été une rencontre déterminante ! J’avais déjà sorti deux albums avant mais je sentais que je pouvais pas dire que j’étais musicien. A New York, j’ai rencontré Julia. Il y a eu en parallèle une révolution dans mon style musical qui a fait qu’à partir de ce moment-là, j’ai vraiment commencé à vivre de la musique et que je pouvais répondre à la question “qu’est ce que tu fais dans la vie?” par “je suis musicien”. J’ai eu des moments de doute mais à aucun moment j'ai voulu arrêter la musique. Quand je suis allé à New-York pour faire des tous petits concerts, un soir, les gens s’en foutaient tellement que je me suis dit “si tu lâches pas maintenant, au vue de la réaction des gens, tu lâcheras jamais”. A la fin du concert, Julia est venue me voir et elle m’a proposé qu’on écrive ensemble. Ce moment là a été un véritable déclic dans ma carrière.

© Benjamin Juhel
Quand tu commences il faut tout faire : des concerts devant vingt personnes, une centaine qui t'écoute pas, faire 200km pour ne même pas être payé au final… Faire un maximum de salles, il faut se battre et ne pas lâcher quoiqu’il arrive.

Que diriez vous à un jeune artiste qui veut se lancer dans la musique ou dans tout autre domaine créatif, quels conseils lui donneriez-vous ?

De jamais lâcher ! C’est le plus important . Après tu peux faire la musique que tu veux, être le plus aventureux possible, traverser différents styles… Au début, je pensais que j’allais passer par toutes les musiques que j’aimais et puis après je me suis aperçu que j’arrivais pas à faire de rap comme certains artistes américains, malgré le fait que je rêvais d’en faire. Je me suis rendu compte que je devais me cantonner à certains styles de musique. Mais d’abord il faut tenter, vouloir tout essayer. Quand tu commences il faut tout faire : des concerts devant vingt personnes, une centaine qui t'écoute pas, faire 200km pour ne même pas être payé au final… Faire un maximum de salles, il faut se battre et ne pas lâcher quoiqu’il arrive.


Pour finir, vous pourriez nous parler de votre expérience aux Francofolies ?

J’ai fait plein de festivals en France comme à l’étranger mais les Francofolies c’était la première fois. C’est comme quand tu fais l’Olympia, c’est le genre de nom qui résonne nationalement : j’en parle à ma mère, ma sœur ou ma voisine, je suis sûre qu’elles connaissent les Francofolies.. J’étais très excité du retour des salles, des concerts et des festival !


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Marie-Manon Poret ⎮ 21.08.2021

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