Matrass, en plein cœur!

Feather a eu le plaisir de rencontrer Matrass, un jeune groupe de rock bordelais qui nous offre des riffs énergiques et aériens sur fond de guitares saturées, portés par une voix puissante. Des mélopées qui vous atteignent en plein cœur !

© Théo Pierrel
En fait, on peut dire qu'on a eu la "chance" d'avoir le confinement au moment du maquettage de l'album car ça nous a permis de préciser la direction artistique

Hello Matrass, déjà merci d'être venus nous rencontrer en live. Comment allez-vous après cette longue période qui a fortement ralenti la culture ?


Victor : Et bien ça va mieux, ça été très long. Ça fait environ trois mois qu’on a repris un bon rythme de groupe et qu'on remet les choses à leur place notamment pour la sortie de notre deuxième EP qui devrait être pour la fin d'année. On n’a pas eu l'occasion de beaucoup répéter, seulement un peu à la Voûte avant que ça ferme. Il y a des choses qui se mettent en place pour ce deuxième EP : les sessions live, le clip qui est en cours de tournage, tout se précise au fur et à mesure.


Clementine : En fait, on peut dire qu'on a eu la "chance" d'avoir le confinement au moment du maquettage de l'album car ça nous a permis de préciser la direction artistique pendant ce temps mort et ensuite d'enregistrer entre les deux confinements. Donc pour nous c'est plutôt bien tombé finalement.


Malo : Même si c'était lourd et violent d'arrêter tout d'un coup, on a eu cette chance d'optimiser ce temps libre qui nous était imposé pour faire tout ce qu'on avait à faire : entre l'enregistrement, le mix mastering, la préparation de la sortie, au final ça nous allait "presque très bien" .


Corentin : Et le fait aussi de ne pas pouvoir donner de concert, ça a créé de l'envie et un certain manque chez les gens qui attendent Matrass.

Un jour, on a ouvert le dictionnaire avec l'ancien bassiste et on a trouvé “Matras” avec un seul "s" qui est à la base un carreau d'arbalète dont le bout à la forme d’une petite massue.

Racontez-nous les origines du groupe et de son nom?


Victor : Matrass existe depuis fin 2015 ; l'envie de monter un projet rock, un peu bourrin m'est revenu donc j'ai cherché des 'zicos. Un ami m'a présenté Malo, puis on a rencontré un gars qui faisait de la basse et un autre qui chantait. Courant 2016, Simon est arrivé, ainsi que Kevin, notre ancien chanteur. On a fait un premier set d'une demie heure pour un premier concert en octobre 2016, et après de cette date-là, jusqu'à aujourd'hui on a eu beaucoup de changements de line up, ça a été un peu compliqué. On a changé deux fois de bassiste jusqu’à Corentin et ensuite notre chanteur est parti, puis Clem est arrivée il y a deux ans.


Simon : Un jour, on a ouvert le dictionnaire avec l'ancien bassiste et on a trouvé “Matras” avec un seul "s" qui est à la base un carreau d'arbalète dont le bout à la forme d’une petite massue. Au Moyen Age ils tiraient avec ça pour casser les os à travers les armures ou tuer un animal sans abîmer la peau .


Malo : Donc on a rapidement eu l'idée de rajouter un "S" pour que ça fasse Matrass, ça sonne bien mieux et on s'en rappelle plus facilement.


Simon : Et puis sur Google il y a que nous et des matelas !



Qui sont les membres actuels ?


Simon : Je suis arrivé en 2016, à l'époque j'avais plus de groupe et je venais d'arriver sur Bordeaux, on a fait une répèt’ et ça s'est bien passé. J'aime le rock, on composait tous un peu de notre côté donc ça a bien matché.


Clémentine : J'ai connu le groupe par les jams qu'ils organisaient à la Voûte. Quand je les ai vus en concert pour la première fois, je me suis dit "c'est exactement un groupe comme ça qu'il faut que je trouve". J'ai appris peu de temps après qu'ils changeaient de chanteur donc coïncidence trop belle : deux auditions plus tard j'étais dans le groupe ! On fait aussi partie d'un collectif qui s'appelle la Tangente, où avec Victor on gère la partie stratégie en lien avec les partenaires entre autres, mais la stratégie du groupe est commune.


Malo : Comme disait Victor je l'ai rejoint assez vite dans le projet fin 2015 en tant que batteur, on s'est vraiment rencontré en répet' et ça a matché musicalement très vite, il y a eu ce truc très à l'aise en jasant, d'avoir les mêmes idées, de composer un peu dans la même direction. On est aussi devenu très proche, d'un point de vue personnel. De base, je trouve que c'est un groupe qui est fondé sur les relations qu'on a entre nous, c'est une passion commune et si amicalement tout roule on a vu que musicalement ça suivait .


Corentin : Moi je suis à la basse. Je ne les connaissais pas mais on avait une personne en commun avec Malo et donc quand leur bassiste a quitté le groupe, je suis venu à une audition qui s'est super bien passée et voilà comment je suis rentré dans le groupe. Je jouais dans un groupe rockabilly blues et le métal me manquait beaucoup. Ça m'a permis de revenir dans le milieu métal rock mais sans que ce soit professionnel ; je suis musicien intermittent et Matrass c'est le groupe de potes, c'est le groupe du kiff tu vois ! Mon autre rôle je dirais que c'est la logistique pour être optimal sur les résidences, les orga de concerts et je fais un peu de comm' avec Victor.


Victor : J'ajouterais même que parfois il se fait l'avocat du diable et c'est bien car on a tendance à être souvent tous d'accord ! Moi je fais de la guitare et je suis le créateur du projet ; je pense que j'en ai donné un peu la "direction" au début, mais comme disait Simon, on travaille tous ensemble. Je compose des trucs, j'arrive avec des riffs en demandant "qu'est ce que vous en pensez ?", puis tout le monde s’en saisit et c'est comme ça qu'on a notre patte. Pour tout ce qui est prise de direction stratégique, on en parle tous ensemble.


Tous : On bosse aussi en partenariat avec L4AZ : Max et Oliver au son et à la lumière, presque depuis les débuts du groupe, et depuis quelques mois avec Katia Pélisson qui s'occupe du management, du booking et des relations presse.

© Bertrand Lafargue

Chaque morceau distille une palette musicale riche… Quelles sont vos sources d’inspiration majeures en musique et autres ?


Victor : On écoute tous du rock, du post rock, du métal. Pour Coco ça va plus être du Death et du Black, moi j'écoute beaucoup de métal moderne, djent, hardcore, hip hop US..

Rage Against à mort, du post rock , Gojira, c'est un mélange de plein de choses ! On aime bien aussi Jeff Buckley, A perfect Circle, Tool, Destroyer 666..


Malo : Au début, on était pas mal influencé par FFF dans le groovy et le péchu, c'était plus une image associée à l'ancien chanteur. Depuis que Clem est là, on est sur des morceaux plus bleus, plus aquatiques, introspectifs et beaux.


Clémentine : Moi je suis pas mal influencée par le jazz contemporain et oriental, c'est un truc qu'on partage aussi et qu'on perçoit dans la compo des guitares et la voix. Et pour l'énergie, je suis très fan de post-hardcore pour l'émotion qu'il y a derrière.



Avez-vous des thèmes fétiches en amont ou bien viennent-ils au fur et à mesure du travail de création?


Victor : Le déchirement. C'est un thème qui se retrouve pas mal dans nos compo quand ça scream et qu'il y a l'instru derrière, un genre de colère, de tristesse.


Malo : Une espèce de lâcher prise et d'abandon. Je dirais que ça part plus d'une émotion, d'un truc que tu as vécu et revécu.


Clémentine : Je les écris généralement une fois qu'on a la musique, qui va donner sa couleur, sa direction et influer sur les thématiques. On est souvent sur des thèmes liés à l'introspection et l'évolution de l'individu, son interaction avec le monde extérieur, ou bien des thèmes sociétaux plutôt à l'échelle de l'humain.


C'est vrai que ne pas chanter dans ta langue maternelle peut créer une distance dans la transmission du sens et des émotions. Mais l'anglais met beaucoup plus les voyelles en avant, et je trouve que ça aide à transporter les émotions

La volonté de chanter en anglais s’est-elle imposée d'elle-même ?


Malo : On ne s'est même pas posé la question, c'est venu comme ça même si on a plein de potes qui nous on dit de chanter en français.


Clémentine : Moi je me pose régulièrement la question. C'est vrai que ne pas chanter dans ta langue maternelle peut créer une distance dans la transmission du sens et des émotions. Mais l'anglais met beaucoup plus les voyelles en avant, et je trouve que ça aide à transporter les émotions pour le coup. C'est aussi une volonté de partager, que ce soit intelligible par tous.


Malo : L'anglais ça touche vraiment je trouve, même si tu ne dis pas des trucs de fou ça a énormément de charme. J'ai aussi l'impression que, parfois, dire des choses en français plutôt qu'en anglais fait perdre en crédibilité.


Victor : Moi je n’écoute pas trop de rock français et je trouve que ça résonne moins bien.


Simon : Et puis ça permet aussi que les morceaux soient plus diffusables à l'étranger.


Comment sont vos projets pour la suite ?


Victor : Cette année 2021 sera la sortie de notre deuxième EP "Inner Wars", la campagne Ulule a bien marché ce qui va nous permettre de tourner le clip. Il va y avoir le pressage du CD et après la composition de l'album tout en essayant de jouer régulièrement afin que cet EP soit notre "rampe de lancement" pour le groupe.


Clémentine : Ça me plairait qu'on aille se confronter à l'international parce que le métal français est réputé et que ça pourrait bien matcher. Si on pouvait faire des échanges culturels avec des groupes d'autres pays, ce serait un super aboutissement.


Corentin : Ouais, le vrai but actuel c'est de continuer le développement sur tous les points, porter tout ça le plus haut possible qui nous sera donné de le faire.


Tous : On a eu un retour de quelqu'un qui bosse dans un label à Paris, et la conclusion est qu'avec ce second EP il y a une bonne marge de progression, on a passé une bonne étape et on a ce nouveau "bel objet" tant sur le graphisme que sur la musique qui pourrait nous rendre légitimes à postuler sur des festoches, de bonnes salles et dans d'autres villes.

© Julien Dupeyron

En attendant de découvrir "Inner Wars", on retrouve Matrass très vite le samedi 11 septembre 2021 à la Rock School Barbey en première partie de Seeds Of Mary !


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07.09.2021 ⎮Margaux Dory


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