No Underwear : un duo libre au projet culotté

No Underwear est une association aux projets ambitieux, audacieux tant passionnés que passionnants. L’association naquit de la volonté de deux jeunes-femmes : Eléa et Eva, de faire évoluer la scène Hip-Hop et Rap à Bordeaux ainsi que la place de la femme dans ce même milieu.



No Underwear est à l’origine de nombreux événements que vous connaissez peut-être déjà et qui ont fait vibrer les murs de la Tencha par leur spontanéité et leur singularité artistique. Cependant l’association ne s’arrête pas là. Eva et Eléa accompagnent, avec conviction, les artistes qui les inspirent et souhaitent pousser leur projet à son plus haut potentiel afin de changer la donne dans le milieu du Hip-Hop. Feather les a rencontré afin de connaître l’origine leur projet, leur parcours et leurs futurs desseins.

Découvrez leur histoire !


Eva : Je suis Eva, j’ai bossé au Rocher de Palmer pendant 3 ans, j’y ai fait tout plein de choses : de l’action culturelle, j’ai tenu l’espace de coworking donc j’ai fait de l’accompagnement de projets culturels c’est à dire que lorsque les porteurs de projets viennent et utilisent les bureaux, on les accompagne au mieux à travers des ateliers, on les aide à se structurer juridiquement et dans leur communication aussi donc j’ai fait 1 an et demi d’action culturelle ici et 1 an et demi au forum du Rocher. Ces expériences m’ont donné ce goût de l’accompagnement et du fait de faire le lien entre la musique et les gens. Je me suis rendue compte qu’il y avait plein de gens qui montaient des projets mais pas que dans la musique : des photographes, des chargés de com, des managers, des bookers, des artistes qui s’accompagnent eux-mêmes. Quand on est porteurs de projets on est un peu livrés à nous-mêmes, on a toujours besoin d’une aide et d’un accompagnement. Après avoir réalisé ça, j’ai décidé de faire de l’accompagnement artistique mon métier. J’ai donc quitté le Rocher fin février 2019 pour me consacrer à un métier de manager d’artistes et d’aide au développement de projets artistiques. Tout ça essentiellement dans le Hip-Hop et le Rap parce que c’est ce que j’écoute le plus et c’est une musique qui me touche. En plus, il y a beaucoup de Rap sur Bordeaux et d’artistes qui n’ont personne pour les représenter alors j’ai fait le lien.


Eléa : Alors moi c’est Eléa, je suis au Rocher en communication depuis un an et avant ça j’étais au festival Garorock, j’ai toujours travaillé dans la communication et les relations presse. Je suis passionnée de musique, je fais du violon depuis que j’ai 6 ans et mon rêve depuis toujours c’est d’avoir un métier qui pouvait défendre ma passion. J’ai monté une asso aussi il y a quelques années d’accompagnement de musiciens et de création d’évènements. Et là l’idée c’était de monter un projet avec Eva que j’ai rencontré au Rocher. On était très compatible au niveau du caractère et des ambitions. On a toute les deux un projet de vie, c’est à dire qu’on voulait monter notre boîte. J’ai découvert le côté médiation et accompagnement au Rocher avec Eva. Je défendais déjà la musique à travers le festival Garorock mais en terme d’accompagnement j’étais moins renseignée et c’est pour ça qu’on a créé No Underwear toutes les deux. Comme l’a dit Eva, elle est vraiment sur le rap, moi c’est plutôt éclectique j’écoute beaucoup de tout. Je suis vraiment amoureuse de la musique et c’est pour ça qu’on s’est dit que c’était bien de lier nos styles musicaux et de créer un lien, nous apporter mutuellement quelque chose. Surtout combiner nos compétences.


Eva : C’est vrai que quand Eléa me parle d’électro je suis complètement paumée. Je suis vraiment plus Hip-Hop, j’aime tout ce que ce style et cette culture représente. Moi-même étant chanteuse je me définirais plus R’n’B. J’aimerais aussi sortir mon projet musical et Eléa m’encourage beaucoup à le faire. On aimerait accompagner des artistes et réaliser des évènements pour les soutenir tout en s’occupant de notre vie personnelle artistique. Moi par rapport à mon projet musical et Eléa qui continue aussi à faire de musique. C’est un autre point sur lequel on s’est très bien entendue.


Eléa : On est compétentes sur des choses différentes aussi, l’idée c’était de s’apporter mutuellement en terme de connaissances et de capacités. Ce qui est pratique c’est que sur la programmation et la communication on s’entend très bien. On ne créé pas de rôle définit pour l’instant mais on se complète dans les missions. On est les deux fondatrices de No Underwear, on a ce projet qui nous tient vraiment à coeur. On veut en vivre plus tard, c’est un véritable projet de vie. Après, pourquoi pas avoir une salle de spectacle, accompagner de nombreux artistes. On a déjà un artiste qui fait parti de No Underwear qui est Sysif (en écoute ici), un artiste qu’on défend depuis le début. c’est super intéressant pour nous de pouvoir le représenter.


Eva : En fait, on veut être les futures Patrick Duval (rires). On sera les mini Patrick Duval, un peu comme ses filles quoi. On va même essayer de faire mieux même si ça va être difficile. C’est le directeur du Rocher qui est un endroit dans lequel on a toutes les deux travaillé et qui nous a ouvert beaucoup de portes je pense; D’ailleurs le projet est né d’un événement à la Tencha qu’on a organisé dans le but de promouvoir le Rocher de Palmer dans le centre de Bordeaux. Eléa était en communication et moi j’étais encore au forum. On s’est très bien entendue. On s’est dit qu’on allait monter des évènements pour promouvoir des artistes et que le premier serait donc à la Tencha. Un évènement Hip-Hop bien sûr parce que c’est ce qui nous lie et qui forme la base de notre projet. On a organisé une sorte de grand Open Mic animé par un artiste bordelais qui fonctionne plutôt bien qui s’appelle Chico. Il y avait un DJ qui passait des prods et on a dit au public : « Venez rapper et vous exprimer ». Au final, il y avait beaucoup de rappeurs présents et très motivés. Puis, pour finir la soirée, il y avait le DJ Set. On a eu de très bons retours sur la soirée. On était très contentes et avec Eléa on s’est dit qu’on allait continuer à organiser ces évènements avec la même trame : showcase, open mic et DJ set.


Au fur et à mesure, les rappeurs qui participaient aux open mic nous demandaient d’animer les show case des évènements suivants. On a eu Jacky P, un artiste bordelais qui a animé les open mic et qui a réalisé un showcase. Il y a aussi un fervent défenseur de No Underwear qui s’appelle Gamino, un rappeur bordelais qui a sorti deux projets, il est très assidu dans le rap et écrit très très bien, il nous accompagne dans nos projets. On a eu la chance d’accueillir des artistes assez bien implantés dans le rap comme Maras ou Fayçal. Les évènements nous permettent de rencontrer de nouveaux artistes. Sysif par exemple, qu’on a rencontré par le biais d’autres évènements et du co-working est venu à un open mic. C’est comme ça qu’on a découvert son talent et qu’on a décidé de l’accompagner. No Underwear c’est une association qui propose des évènements rap pour tous mais qui possède une grande dévotion à l’accompagnement d’artiste, on veut permettre aux artistes d’avoir un tremplin.


Eléa : L’idée au delà de ça c’est de pouvoir promouvoir les femmes. On est deux nanas dans le rap, du moins on commence dans le rap et ensuite on ira vers d’autres styles musicaux. On veut pouvoir donner la paroles aux femmes qu’on trouve inexistantes en France dans le rap.


Eva : Oui c’est ça on est deux jeunes femmes qui aiment la musique, on a vécu des choses ou entendu des choses comme beaucoup d’autres femmes et on se dit : « Fuck, No Underwear, on arrive sans sous-vêtements » et peu importe quel genre on est, la musique on ne la genre pas. On fait souvent des appels aux nanas durant les open mic, on en a eu et c’était hyper bien, on aimerait les défendre aussi. On a pensé à faire des soirées exclusivement nana mais ce qu’on veut c’est de la mixité et de la diversité. On ne veut pas séparer les femmes et les hommes, au contraire. Au niveau de la communication on veut attirer plus de femmes tout en étant capable de conserver une égalité complète.


Eléa : On pense à se déplacer mais on reste à Bordeaux pour l’instant parce qu’on y est et que l’on un a un bon réseau ici. Eva grâce au Rocher et à ses expériences personnelles a acquis un large réseau tout comme moi. Il y a encore plein de choses à faire sur Bordeaux. Mais on aimerait aussi faire des soirées à Hossegor par exemple, à Toulouse ou représenter des artistes de Paris. Déjà l’idée c’est d’en vivre. On s’est donné un an pour ça. On a l’envie et la motivation donc plus tard si on peut partir, pourquoi pas, on verra comment ça se passe. Ça peut aussi être intéressant pour les artistes de bouger. On aimerait beaucoup exporter les talents comme Sysif. On veut le défendre ailleurs même à l’international, c’est un mec pour qui on voit beaucoup de choses, on croit beaucoup en lui.



Eva : Oui on est très ouvertes à d’autres artistes ! Avant de bouger on va développer le projet sur Bordeaux. On va avoir des gens qui travaillerons pour nous bénévolement afin de développer le projet parce que à deux c’est compliqué. Pour l’instant on fait tout : la communication, la programmation, le développement, la régie, on apporte les verres aux gars quand ils ont soif, on fait vraiment tout. On aimerait faire beaucoup de partenariats, on veut voir les autres associations et groupes comme des partenaires et pas comme des concurrents. Si quelqu’un a le même projet No Underwear, tant mieux, on va se soutenir. On prime sur ça. Il y a plein d’associations sur Bordeaux qui font de l’accompagnement, de la programmation donc on sait qu’on a pas inventé l’électricité. On a pas mal de partenariats aussi, avec la Tencha notamment, qui reste notre premier partenaire, on remercie Maxime qui s’occupe de la programmation. Il a été super, il a cru en nous et il nous a permis d’avoir le bar une fois par mois ! Un autre partenariat très important pour nous, c’est celui avec Citadium, d’ailleurs à big up Nicolas ! Merci à lui de nous avoir fait confiance. On souhaite continuer à en faire. Il y a plein de chose à venir et comme dirait Eléa, le Hip-Hop restera notre lien et notre motivation pour devenir un tremplin.


Et l’histoire derrière le nom No Underwear ? Elle vous le raconte aussi :

Eva : Ça vient de la chanson de Shade de IAMDDB. On était posé à la Tencha donc c’est très anecdotique, on rigolait avec notre deuxième ou troisième Mojito et on chantait : « Bad bitch, no underwear » qui sont les paroles de la chanson et là on s’est dit qu’on allait appeler l’asso No Underwear ! On a pas envie de sexualiser quoi que ce soit mais on veut prôner la liberté et inviter les gens à venir comme ils sont et comme ils veulent. C’est ce qu’on veut défendre !


Si le parcours de Eva et de Eléa vous inspire et vous donne envie de découvrir une scène rap puissante, retrouvez-les pour un évènement unique le 24 mai !

Une première partie aura lieu à Citadium à 18h durant laquelle vous profiterez d’une performance du rappeur Sysif qui vous dévoilera avec fougue les titres de son projet musical WOLFGANG, disponible le 31 mai sur toutes les plateformes. Et à partir de 20h c’est à la Tencha que la soirée se poursuit avec un show case de Fast, artiste bordelais de talent. Poursuivra un open mic retentissant animé par Gamino et pour finir, un DJ set sur lequel vous pourrez danser et partager jusqu’à 2h.


No Underwear est un projet que porte deux jeunes femmes ambitieuses dont la passion semble être sans fin. La passion pour la musique, la passion pour un métier alliant l’humain et la culture et la passion du partage avec les artistes qu’elles soutiennent avec ferveur. L’association offre une nouvelle place au hip-hop, au rap et aux femmes à Bordeaux et ne va cesser de se développer tout en conservant le même bouillonnement dans chacune de ses évolutions.


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Louise Naudot - 16/05/2019

© Shooting Citadium pour la photo à deux

© Nicolas Pulcrano à la Tencha

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