On discute avec Nick Waterhouse

Nous avons eu la formidable opportunité de discuter avec le musicien, chanteur, compositeur Nick Waterhouse. L’artiste nous emmène en virée sur les côtes californiennes des années 70-80, avec ses morceaux mêlant soul et rock’n roll. Rythmée et complètement addictive, sa musique se charge de nous immerger au cœur de promenades teintées de blues et de jazz. Un bel échange avec ce passionné de vinyles, qui nous livre quelques facettes de sa personnalité, de son travail et de ses inspirations.

J'ai eu l'inspiration suite à une grosse rupture amoureuse : certaines chansons de l'album lui étaient dédiées. Ma vie a totalement changé à partir du moment où j'ai commencé à faire de la musique pour les gens.

Bonjour Nick, pourriez-vous partager à nos lecteurs votre parcours en tant que musicien ?


J'ai commencé ma musique à l'âge de 14 ans, dans mes studios, avec mon groupe du lycée, on jouait devant une petite scène. L'artiste Ty Segall y jouait de la batterie. Par la suite, INNOVATIVE LEISURE signe avec moi afin de réaliser un premier 33 tour, alors que je faisais déjà mes propres 45 tours. Ma carrière a réellement commencé à San Francisco, pour finalement être amené à jouer dans plusieurs pays en Europe comme la France mais également dans d'autres pays aux Etats Unis. Ma première tournée en France s'est déroulée en 2012 : j'ai joué à Lyon, Toulouse, Marseille… ce fut une tournée incroyable qui a eu lieu seulement 6 mois après avoir intégré le label BECAUSE record. Enfin, concernant mon premier album sorti en 2010, j'avais la volonté qu'il parle à un public large, qu'il touche tous les âges. J'ai eu l'inspiration suite à une grosse rupture amoureuse : certaines chansons de l'album lui étaient dédiées. Ma vie a totalement changé à partir du moment où j'ai commencé à faire de la musique pour les gens.


Quelles sont les sources d'inspiration qui motivent vos créations ?


Vous savez, je suis une sorte de sphère. J'ai grandi avec beaucoup de films français, ceux de la nouvelle vagues, comme ceux de Truffaut et en parallèle avec de la musique américaine comme le blues. J'appréciais le fait que Truffaut dans ses films fasse preuve d'une grande mélancolie que l'on peut retrouver dans la musique. C'est très important pour moi de retrouver différentes sonorités et textures dans ma musique.

Au cours de votre carrière vous avez collaboré avec différents artistes, notamment avec le duo français Ofenbach. Comment s’est déroulée la reprise de votre single Katchi effectué par les deux artistes?


C’est vraiment très intéressant car la musique Katchi était de base écrite par mon ami Leon Bridges et moi-même. C’est étrange car j’ai reçu un email de mon ancien manager, me proposant que la musique soit reprise par un jeune duo français. On en a fait une version plus dansante. Pour cette reprise, ils voulaient simplement ma voix. C’était une grosse surprise de voir le succès de cette version, je ne m’attendais pas du tout à un aussi bon retour. Avant, quand j’étais plus jeune, je ne me représentais pas l’importance de la “Dance music”, c’est en grandissant que j’ai vraiment découvert le style. Au final le mélange de ce genre musical et de ma voix donnait quelque chose d’assez unique.


Vous avez sans doute de nouveaux projets en tête dont vous aimeriez nous parler?


Je travaille sur un nouvel enregistrement qui devrait paraître en avril de cette année. Je pense que mes enregistrements sont de bons échappatoires.


Des échappatoires à quoi ?


A la vie. Quand vous ne pouvez bouger ailleurs, votre esprit peut voyager grâce à la musique.

On ne doit pas donner une fausse vision de la musique, sans personnalité. On ne doit pas la promouvoir de façon factice, comme une mise en scène

Auriez-vous un conseil, une anecdote à partager à tous ceux qui aimeraient se lancer dans le monde de la musique ?


Il faut, selon moi, rester profondément sincère et humain quelque soit le travail accompli. Je dirais qu’il faut s’éloigner de l’aspect mécanique de la musique trop populaire. La musique n’est pas une compétition, c’est une expression. Lorsque l’on fait de la musique, cela doit être “funky”, “fun” et surtout oser montrer de la personnalité. On ne doit pas donner une fausse vision de la musique, sans personnalité. On ne doit pas la promouvoir de façon factice, comme une mise en scène. La musique doit s’éloigner de l’univers faussé que l’on peut apercevoir, par exemple, sur les comptes Instagram, il faut rester authentique. Je ne veux en rien dégrader le travail des autres, mais lorsqu’il y a uniformisation de la musique, on perd son émotion. Je me bat contre l’idée d’une musique sans âme.


Quelques mots pour la fin:


Les disques sont pour toujours des images du tempérament. La musique est un présupposé commun, humaniste et non pas une marchandise.


Nous avons hâte de découvrir le nouveau projet de Nick Waterhouse en avril !


En attendant, vous pouvez le retrouver sur les réseaux :


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Marie-Manon Poret ⎮ 12/03/2021

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