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Pépite : une épopée pop

C’est au festival Vie Sauvage et dans un cadre idyllique que Feather a eu la chance de s’asseoir quelques minutes avec les membres du groupe Pépite. Edouard et Thomas nous ouvre les portes d’une pop française sentimentale, habillée de nombreux souvenirs. Après deux EP prometteurs, leur premier album Virages confirme une richesse, un univers coloré et des musiques aux émotions puissantes qui caractérisent leur identité. Ils nous parlent de cet album et de ce qui inspire leur musique qui navigue entre les genres et fait voyager son public…



Votre premier album Virages est sorti le 12 avril, avant ça vous aviez sorti l’EP Renaissance, qu’est-ce que cela fait d’avoir terminé et sorti cet album ?

Edouard : Ça fait bien plaisir. Il y a eu un petit moment de pression entre le moment où il était terminé et le moment où il est sorti mais on est très content de la manière dont il est accueilli. On est content que ça sorte au final. Et après on le réécoute plus jamais.


Les Bateaux et Hiéroglyphes sont deux chansons de l’EP aussi présentes sur l’album, pourquoi les avoir reprogrammées sur Virages ?

Thomas : Il y a beaucoup de gens qui vont découvrir Pépite avec l’album parce que le battage médiatique est plus important que sur des EP et on voulait montrer ces facettes de nous sur le disque, ce sont des chansons assez fortes et importantes pour nous, ça aurait été dommage de les cacher à un public.



Il y a toujours une grande qualité visuelle à votre public notamment dans le clip Hiéroglyphes, comment votre inspiration et vos collaborations ont évolués au fil des années ?

Edouard : Pour les deux premiers EP on avait fait six clips entièrement réalisés par mon frère Baptiste Perrin. Pour l’album on avait envie de collaborer avec d’autres artistes tout en travaillant avec Baptiste qui est devenu directeur artistique en quelque sorte. Tous les créateurs et artistes avec qui on a travaillé sont des amis de Baptiste.

Il y a le clip Tant de peine réalisé par Robin Lachenal qu’on connait depuis 15 ans, c’est un bon ami. On a travaillé avec le collectif COMET aussi qui font du méta cinéma sur internet. Ils sont très complets et c’était une super expérience de travailler avec eux. Et il y a aussi le clip de Revue réalisé par Roxanne Gaucherand.



Dans votre musique on ressent beaucoup de mélancolie et d’attachement au passé, que ce soit à travers les inspirations musicales ou les thèmes des chansons, est-ce qu’il y a une période musicale ou artistique qui vous inspire le plus ?

Edouard : Nan pas particulièrement pour ma part.

Thomas : Moi j’aime pas trop les années 90, ni trop les années 80 d’ailleurs. Je suis plus 60-70 et années 2000. Après ça peut changer, je peux trouver quelque chose des années 90 qui me plaît. Je pense qu’il n’y a pas de bonne époque pour écrire un bon morceaux !


Et une émotion qui vous stimule le plus ?

Thomas : Je pense qu’il faut créer ta propre émotion parce que si tu attends d’être mélancolique ou d’une certaine façon pour composer, l’album va mettre trop longtemps à se réaliser. Mais c’est vrai que moi la mélancolie m’aidait pas mal à écrire, une sorte de souffrance douce je dirais. Maintenant on essaye de travailler tous les jours donc c’est un peu différent. Mais c’est vrai que sur les textes on travaille tout le temps, si on a une idée on la note directement.

Edouard : Même moi quand je fais des arrangements, les meilleurs moments sont ceux où je suis à fleur de peau ou lorsque je suis très fatigué, dès lors que quelque chose qui me marque dans ma vie et que je suis une plaque sensible à ce moment là.



Dans Renaissance, l’univers marin était très présent. Mais vous avez également un univers très proche de l’imaginaire et du roman, comment décrivez-vous cette patte ?

Thomas : Ça vient de plusieurs chose, déjà des voyages que j’ai réalisé en bateau

Edouard : On s’est rencontré sur une plage aussi !

Thomas : C’était un moment où je voyageais pas plus que maintenant mais durant lequel je restais plus longtemps dans les pays et les villes, ça venait de ça et c’était une inspiration profonde qui est depuis longtemps en moi. L’album est plus instantané d’une époque qu’on a vécu dernièrement. Et étant donné qu’on était plus en ville le disque est peut être plus urbain que les précédents.


Les quatre saisons reviennent souvent dans vos titres et visuels, est-ce qu'elles ont un fort impact émotionnel sur vous ?

Thomas : Moi oui beaucoup, la première question que je me pose quand j’écris, c’est quel temps faisait-il ? Souvent j’aperçois dans mes pensées des gros manteaux ou j’entends la pluie et c’est vrai que ça peut m’inspirer.



Virages c’est combien d’années de travail ?

Edouard : Je dirais bien deux ans. La première chanson c’était Monte-carlo. Il y a des chansons qui sont plus vieilles que ça, c’est un mélange de plein de choses mais la création était tout de même longue.


Pourquoi avoir choisi de clôturer l’album avec Rubis, une chanson au piano si solennelle dans laquelle vous vous confiez à coeur ouvert au public ?

Edouard : Déjà ce qui est marrant avec cette chanson c’est qu’elle n’était pas du tout censée sonner comme ça. C’était un morceau qui date de très longtemps. On l’avait travaillé il y a deux trois étés, c’était un morceau qui était très électronique avec beaucoup de synthé et un passage dub de trois minutes. C’était n’importe quoi et on a jeté l’éponge parce qu’on ne savait pas trop où ça allait. Et un jour notre label Microqlima a organisé une soirée et plein d’artistes devaient jouer que piano-voix. On s’est dit que ça pouvait être chouette de jouer ce morceau et il était assez bien reçu donc on voulait montrer cet aspect de Pépite. Terminer sur cette fausse note de douceur était intéressant aussi.



Pépite sera de retour le 19 Octobre 2019 au Krakatoa pour un concert électrisant. Lors de leur dernier passage en première partie de Parcels, le public bordelais était le plus mémorable de leur tournée... Nous avons donc une réputation à tenir, alors prenez vos places et dansez de toutes vos forces sur leur musique enivrante !


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Louise Naudot, Fanny Mielnitchenko | 24.06.2019