Rencontre avec Damaa

Damaa, jeune rappeur bordelais de 18 ans, a eu récemment l’opportunité de poser un freestyle dans l’émission Planète Rap. Très actif sur les réseaux sociaux avec environ 2 000 abonnés, il nous raconte son parcours.

© Damaa

Bonjour Damaa, peux-tu partager à nos lecteurs ton parcours en tant que rappeur ?


Ça va faire maintenant 2 ans que je me suis mis à fond dans la musique, j’ai eu l’occasion d’envoyer 5 morceaux sur les plateformes de streaming avec un clip mais fin 2020, j’ai du tout supprimer pour repartir à zéro. J’avais changé d’horizon musical et les anciens sons ne collaient plus avec ce que j’avais envie de faire.

Début 2021, j’ai eu la « chance » de participer au Planète Rap de Mister You, taulier du rap français, même si j’aime pas utiliser ce mot car je pars du principe que j’ai toujours bosser pour en arriver là où j’en suis et que dans mon parcours tu peux retrouver 1% de chance et 99% de charbon, et ceux qui me connaissent le savent.

Je suis toujours en cours mais quand j’ai du temps, je le consacre à la musique.

J'ai commencé vers mes 11/12 ans à gratter des textes, chercher des prods et travailler comme un fou tous les jours. C’est dans les périodes un peu plus compliquées de ma vie que j’ai trouvé « refuge » dans la musique

Depuis combien de temps as-tu commencé la musique ? Quel a été le déclic qui vous a poussé dans cette voie ?


J’ai grandi avec un papa musicien et chanteur, à la maison du son, il y en avait tous les jours, et je pense que comme tous les petits de mon âge, j’écoutais beaucoup Michael Jackson . En grandissant, j’ai découvert le rap à la télé quand je regardais les clips mais aussi avec mes collègues à l’école ou quand je passais des vacances avec mon cousin qui écoutaient que de ça.

De rap Contenders aux derniers morceaux de Niro, La Fouine, Hayce Lemsi etc. J’avais la tête plongé dans ça.

À 10 ans, j’ai acheté mon premier CD de rap : L’école des points vitaux de Sexion d’Assaut, et à partir de ce moment là, j'ai su ce que je voulais faire plus tard.

J'ai commencé vers mes 11/12 ans à gratter des textes, chercher des prods et travailler comme un fou tous les jours. C’est dans les périodes un peu plus compliquées de ma vie que j’ai trouvé « refuge » dans la musique, cela me permettait de m’exprimer et d’évoluer différemment que les autres de mon âge.

Pour ma part, j’ai jamais cherché à m’inventer une vie ou à jouer un personnage dans mes morceaux. Je pense que les gens ont besoin de s’identifier aux musiques qu’ils écoutent et aux messages qu'ils transmettent.
© Damaa

Quelles sont les sources d'inspirations dans le milieu de la musique ?


Je pense que comme tous les autres rappeurs, on s’inspire de nos vécus, nos histoires et celles de nos proches. Pour ma part, j’ai jamais cherché à m’inventer une vie ou à jouer un personnage dans mes morceaux. Je pense que les gens ont besoin de s’identifier aux musiques qu’ils écoutent et aux messages qu'ils transmettent. J’ai remarqué qu’aujourd’hui les jeunes rappeurs attachaient trop d’importance à des futilités et à se concentrer sur les mauvaises choses de la vie plutôt que d’essayer de les quitter. Je trouve ça dommage quand on voit le potentiel de certains. Pour ce qui est des artistes qui m’ont beaucoup inspirés, je dirai que Niro, Ninho et Maes sont les grosses têtes du Game qui m’ont beaucoup apporté au niveau de l’écriture et des mélodies ces 3 dernières années.


Quelles sont tes autres passions, qu’est ce qui te fais vibrer ?


À part la musique, j’ai pas vraiment de passion à côté, je suis vraiment focus à 100% sur ça, j’ai pas le temps de penser à autre chose si ce n’est ma famille et mes proches. Faire kiffer la famille, mon entourage, c’était le but premier, donc voir cet engouement autour de moi, de voir mon père et ma mère suivre mes projets et me soutenir, me donne encore plus de force et me pousse à aller toujours le plus loin possible pour les rendre fiers.

Chez moi, on oublie pas d’où l’on vient et j’ai eu la chance d’avoir des parents derrière moi qui m’ont toujours laissé faire ce que j’aimais donc aujourd’hui c’est à eux que je dois tout ça et j’essaye de les faire kiffer au maximum.

J’ai envie de mettre la ville en avant et je pense que d’ici peu avec les rappeurs de Bordeaux, nous allons préparer quelque chose de pas mal.
© Damaa

Quels sont tes projets actuels?


De fin 2020 a mi 2021 j’ai dû faire face à quelques problèmes familiaux et quelques nouveautés dans ma vie qui ont fait que sur cette période là j’étais assez absent des réseaux et que je n’avais plus un œil sur ma musique , mais en ce moment je reprends tout juste les studio, l’écriture etc... et des singles ainsi qu’un petit projet se prépare tout doucement.

J’ai privilégié la qualité à la quantité sur les morceaux à venir d’où mes longues absences sur les réseaux et sur les plateformes depuis un moment. Peut être une signature et un contrat cette année pour ma part. J’ai envie de mettre la ville en avant et je pense que d’ici peu avec les rappeurs de Bordeaux, nous allons préparer quelque chose de pas mal.


Un passage remarqué dans Planète rap

Passer sur la plus grosse radio de France pour sa première radio, ce n'est pas donné à tout le monde. J’ai mis le stress et la pression de côté et j’ai essayé de faire de mon mieux. Aujourd’hui, c’est ma plus belle expérience

Comment as-tu été repéré par Skyrock vous contacte pour son Planète rap ?


Été 2020, le compte Instagram de Planète Rap , qui comptabilise déjà 1 million d’abonnés, lance un concours auquel tout le monde pouvait participer. Je prend une aprem pour écrire mon texte, choisir la prod etc... et le lendemain, je balance le Freestyle sur mon compte en me disant que ça ne marchera jamais mais qu’au moins j’avais envoyé quelque chose.

Quelques jours après je vois qu’ils m’ont repostés sur leur compte, j’étais comme un fou je suivais le nombre de like et de commentaires tous les jours. 1 mois après tout ça je me réveille un matin en voyant un message de planète rap dans mes notifs en me confirmant ma place dans les 5 gagnants et que j’allais participer au planète rap d’un rappeur fin octobre. Ce que la plupart des gens ne savent pas, c’est que de base je devais passer sur le Planète rap de Koba la D fin octobre mais à cause de laCovid, ils ont dû nous annuler et nous décaler sur un autre rappeur.

Peux-tu nous parler de ton expérience Skyrock ?


Quand t’es jeune rappeur, ton rêve c’est de passer sur Skyrock comme tous les grands qu’on écoutait depuis petit. Passer sur la plus grosse radio de France pour sa première radio, ce n'est pas donné à tout le monde. J’ai mis le stress et la pression de côté et j’ai essayé de faire de mon mieux. Aujourd’hui, c’est ma plus belle expérience. Je me dis que c’est que le début mais que c’est déjà lourd, j’ai pu amener ma mère dans les locaux de Skyrock. Rapper aux côtés de Mister You, Da Uzi et Kanöe, j’ai représenté ma ville comme il se devait et avec du recul, j’éprouve beaucoup de fierté.

Je sais que mon père, mes amis, les gens de ma ville, beaucoup de monde me soutenait et m’écoutait en live donc j’avais pas le droit à l’erreur. C’est comme si je découvrais la phase cachée ( fonctionnement, coulisses, le direct...) de l’émission que j’écoutais tous les soirs quand j’étais jeune ado et que je pensais connaître par cœur.


Vivre ça c’était incroyable et j’espère pouvoir le revivre le plus rapidement possible quand la Covid arrêtera de nous mettre des bâtons dans les roues.


Quelques mots à nous partager pour conclure?


Un gros merci à Feather Magazine et un gros bisous à tous ceux qui donnent de la force et qui soutiennent de près ou de loin. On est ensemble la famille, croyez en vous, bossez pour arriver là où vous voulez arriver et rendez fiers vos proches autant que vous le pouvez . Retrouvez moi très bientôt sur des clips, singles et projets en 2021.



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Théo Chiramberro I 19.03.21