Rencontre avec FOAMS : une invitation à danser sur ses peines

Dernière mise à jour : mai 31

Cette semaine, on vous parle de FOAMS. Séduits par leur univers électro, sombre et lyrique, nous avons rencontré Alex, Paul, Anatole et Sophia, à l’occasion de la sortie de leur premier EP « Are you satisfied ? ».

© Valentine Klein

"C’est quoi l’origin story de FOAMS ?


Paul : Le projet n'est pas du tout né comme FOAMS, à la base Anatole et moi on avait un groupe de rock au lycée, post lycée. Et c’est devenu, petit à petit, de plus en plus sérieux. On a rencontré Alexandre qui est devenu notre bassiste, et Sophia qui est devenue notre chanteuse et d’un coup on s’est retrouvé tous les cinq (ndlr avec Ferdinand au clavier). La formation a été très successive.


Sophia : On a changé de nom quand on a trouvé notre identité musicale, FOAMS est né du moment où l’on s’est un peu trouvé. C’est à ce moment qu’on est devenu un projet à vocation professionnelle.


Il paraît que vous vous seriez mis à l’électro suite à la perte de vos instruments dans une inondation ?


Alex : En fait, l'année 2018 - 2019 a été riche en aventures pour nous. Il y a eu une inondation dans une cave où l’on répétait à l’époque, à Saint Denis. On ne pouvait plus rien faire de nos instruments donc on a essayé de reproduire ce que l’on avait entre autres sur ordi et puis avec des instruments empruntés à des copains on a pu recommencer à faire notre musique. Et quelques mois plus tard, il y a eu le départ de Sophia pour la Norvège (pour 6 mois). En un an, on est passé de « groupe de rock » à « on a plus d’instruments, on a plus de chanteuse : qu’est ce qu’on fait ? ». On avait des concerts déjà signés et on a demandé aux programmateurs si l’on pouvait faire un set électro en pré-enregistrant Sophia et en remixant nos morceaux. À l’été 2019, quand on s’est tous retrouvés, on s’est rendu compte qu’on kiffait vraiment faire ça.


Sophia : Entre temps, pendant mon séjour en Norvège, on a commencé à composer à distance, il ne s’agissait plus seulement de transformer notre set rock en set électro mais de créer des morceaux directement électro."


© Arba Camarero

Leurs influences s’entendent. Du point de vue de l’instru on retrouve l’influence de la french touch, avec de l’ampleur, et des bangers qui prennent au corps. L’aspect mélodique, porté par la voix de Sophia, dont le coffre et la maîtrise ont quelque chose de frappant, nous rappelle sans que l’on sache pourquoi les rock anthems des 70’s, ou Glam des 80’s.


Leurs références d’ailleurs parlent d’elles même : Pink Floyd, Led Zeppelin, Queen Justice...

On laisse de plus en plus de place à chacun pour apporter sa touche. Les chansons, c’est le résultat de chacune de nos névroses, c’est collectif

On sent aussi une grande importance accordée aux paroles. Comment se passe l’écriture des morceaux ?


Sophia : En fait, depuis l’épisode de la Norvège, on a vu que ça fonctionnait très bien quand j’arrivais avec un piano-voix. J’écris les paroles et la mélodie puis on fait une séance d’écoute avec les gars. On décortique le morceau ensemble, ensuite on vire le piano et c’est là où la machine s’enclenche. On commence à jammer dessus. C’est une sorte de ping pong où chacun fait sa proposition et on rebondit dessus, on fonctionne en équipe.


Paul : Sophia arrive souvent avec un cadre du morceau, un refrain ou un premier couplet, en se laissant la possibilité d’écrire la suite. Elle nous demande ce que ça nous évoque. C’est un premier jet qui irradie sur le reste de la création.


Alex : Quand Sophia arrive avec un morceau c’est généralement très littéral, très personnel c’est vraiment une matière brute... Et ce moment où on découvre la mélodie, c’est l’occasion d’ouvrir le propos.


Anatole : On laisse de plus en plus de place à chacun pour apporter sa touche. Les chansons, c’est le résultat de chacune de nos névroses, c’est collectif. Quand le propos est clair pour tous les cinq c’est que le message est prêt à être livré.

On veut faire une musique qui est sincère, sans que ce soit forcément personnel ou écrit sur la base d'événements qui nous seraient arrivés. Je pense que les EP et les albums représentent les époques de ta vie.

Votre EP Are you satisfied ? est presque cinématographique, il y a une narration qui se prolonge au fil des morceaux dans une ambiance assez sombre … Est-ce que cette direction artistique correspond à un moment de vie - je pense à l’influence de la Norvège sur l’écriture de Ghost town -, au contexte actuel, où s'agit-il d’un choix purement onirique ?


Sophia : C’est exactement ça, l’EP raconte une histoire au fil des quatre titres. On veut faire une musique qui est sincère, sans que ce soit forcément personnel ou écrit sur la base d'événements qui nous seraient arrivés. Je pense que les EP et les albums représentent les époques de ta vie. L’EP a été composé avant le Covid. Tout part du titre, Are you satisfied ? C’est quelqu’un qui se demande « suis-je satisfait d’où j’en suis dans la vie actuellement ? », la réponse est « non ». On raconte son cheminement, cette volonté de se libérer et de se sentir en accord avec soi.

Par exemple Ghost Town aborde le sentiment de solitude ressenti alors que l’on est entouré de monde en permanence. Ensuite, il y a Goodnight, t’es isolé chez toi et tu remets en question. Losing my mind c’est un peu le climax où tu as envie de tout jeter, tu sors… ça parle de chercher un moyen d'extérioriser ton mal-être. Et enfin Vital Vibration parle d’accepter ses névroses et d’en faire quelque chose de positif.


Paul : Il y a constamment une double lecture, par exemple Goodnight c'est Sophia qui n’arrivait pas à dormir parce qu’en Norvège le soleil se couchait à minuit et se levait à 3h. Losing my mind, correspond à l’un des membres du groupe qui a pris une murge monumentale à un moment où on était tous dans une remise en question on ne savait pas où on allait…


Anatole : En ce sens c’est un EP qui est à la fois très personnel et très universel. »

Are you satisfied ? se dévoile au travers d’une série de live sessions qui participent à la création d’une atmosphère particulière :


Anatole : On a fait le choix de faire des live sessions dans des ateliers d’artistes parce que ça nous parle. On voulait rendre hommage à d’autres formes d’art. (...) C’est chez des gens que l’on connaît, mais ce sont - à titre très personnel - des lieux qui incarnent cette volonté qu’on a de faire de la musique.


FOAMS c’est une recherche constante de la catharsis, avec un EP qui invite son public à danser sur ses peines. Le groupe a donc hâte de remonter sur scène. Il ne nous reste plus qu’à streamer Are you satisfied ? en attendant nos retrouvailles.



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Maeva Gourbeyre ⎮ 28.05.2021






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