Rencontre avec Kikagaku Moyo


Fort d’un nouvel album psychédélique, entre rock et instrus plus douces, et toujours habité par cette grâce musicale aux sonorités diverses, le groupe japonais jouait ce 29 novembre à l’IBoat, date bordelaise inscrite de longue date sur l’agenda de l’actuelle tournée internationale.

Voici l’interview de Feather, quelques heures avant un concert absolument réussi, où la bonne humeur du groupe transpirait sur l’ambiance de la scène. Une superbe soirée avec en première partie les bordelais de Blue Bombay, dont la prestation est à souligner tant elle fût envoûtante elle aussi.



La rencontre avec Kikagaku Moyo eut lieu à l’avant du bâteau, dans la petite loge qui accueillait le groupe. Et c’est Go Kurosawa, l’un des leaders du groupe, qui se charge de répondre à nos questions.


Quand a commencé cette nouvelle tournée ?

Go Kurosawa : La tournée européenne a débuté en Novembre 2017. On a joué à Manchester, puis Londres, Paris, Berlin et d'autres grandes villes.


Le nom du nouvel album est Masana Temples, qu'est ce que ça signifie ?

C'est une expression qu'on a inventé avec le groupe. C'est une sorte d'endroit utopique dans lequel on souhaiterait vivre. Il ressemble au son que l'on a fait pour l'album, c'est un état, un sentiment, ou comme une atmosphère.


L'album parle de voyages, quels sont ceux qui vous ont inspiré ?

Ça ne parle pas que de voyage, c'est aussi le fait d'être en tournée, d'être sur la route et de connaître de nombreux endroits différents. On est allé en Australie, Nouvelle-Calédonie, Japon, Etats-Unis, et ici en Europe. C'est comme une grande expérience. C'est être à cinq et découvrir tous ensemble tant de nouveaux lieux, de nouvelles personnes. Ca forge l'identité, on devient plus fort, on découvre chaque jour et on ressent cet état de changement en nous.


Vous avez rencontré un jazzman portugais, Bruno Pernadas, comment a t-il influencé le son de cet album ?

Ils nous a ouvert la voie sur de nombreuses idées que nous n'avions pas. Par exemple, des idées provenant du jazz, des rythmes, ou comment rendre une chanson plus... je ne sais pas.

Nous avions pas mal de démos, des chansons finies à 80% voire 90%, que l'on jouait avant d'enregistrer l'album et il les a écoutées. Ça nous a permis de les améliorer, de les approfondir. Certaines chansons étaient plus créatives et on voulait vraiment les garder. On y a ajouté des élements qu'on voulait entendre.

Mais on ne l'a jamais rencontré. On aimait son travail et on lui a envoyé des mails pour qu'il écoute le nôtre, mais il ne nous connaissait pas. On lui a demandé s'il pouvait nous produire, s'il avait déjà produit mais c'était sa première fois. Il avait seulement produit pour son propre groupe, et c'est tout. Et ça nous allait de collaborer avec lui, car il n'était pas là avec une étiquette de gros producteur. Il a apporté sa touche de musicien, plutôt que de producteur.



Il y a deux ans vous avez rencontré La Femme ou Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre en tournée, quelle rencontre marquante vous avez pu faire sur cette tournée là ?

On a rencontré beaucoup de gens sur cette tournée. On a joué avec le groupe suédois MaidaVale, à Oslo et Göteborg. C'est un girlsband, elles sont quatre filles et c'était très cool ! On a rencontré beaucoup d'autres personnes, des promoteurs, des amis dont on avait fait connaissance il y a déjà quelques années, des gens d'un peu partout. En France, on a joué notamment hier soir à Lyon avec Ashinoa, ils sont très cool eux aussi, ils viennent de là-bas.


Qu'est ce qui vous manque du Japon quand vous êtes en tournée ? Et qu'est ce qui vous manque de la tournée quand vous n'y êtes pas ?

En tournée, ce qui nous manque le plus, c'est la nourriture ! Les ramens, les sushis, les noodles, le fait de les aspirer en mangeant, ça nous manque ! Il y a aussi le riz, le bon riz... Il y a aussi... Non c'est bon, c'est tout ! Et au contraire, quand on rentre chez nous, quand on n'est pas en tournée, ce qui nous manque le plus c'est justement de ne pas être en tournée ! Ça nous manque pas mal quand on ne joue pas partout, la route, tout ça. On y pense souvent. On aime l'enchaînement des deux, mais ce que je préfère c'est d'être sur la route tous les jours, voir de nouvelles villes, rencontrer de nouvelles personnes, c'est vraiment mieux que de rester chez soi.


Est-ce que vous parlez entre vous de l'avenir du groupe ? De comment vous vous voyez dans le futur ?

Humm... Oui, en quelque sorte ! On veut juste continuer tant qu'on peut, on est sûr qu'on veut continuer, qu'on veut profiter. On souhaite vraiment passer du bon temps. Parfois c'est très intense d'être sur la route, il faut surtout se concentrer sur les concerts, sur la musique qu'on joue, à chaque tournée c'est comme un nouveau cycle. Mais si jamais l'un d'entre nous ne se sent pas bien, ou ne s'amuse pas, on en parle tous ensemble. En tout cas, tant qu'on passe d'excellents moments, on veut continuer à faire ce qu'on sait faire, parce que c'est vraiment merveilleux à la fois de jouer de la musique, de voyager, c'est une énorme opportunité pour nous. De toute façon, quoi qu'il se passe, on verra bien.


Et 2019, qu'est ce qui est prévu ?

L'année prochaine, on a encore 3 mois de tournée bookés. On a deux dates en Europe et après on part aux Etats-Unis, à Mexico, puis en Asie de nouveau et après la fin de cette tournée on enchaîne avec l'enregistrement de singles. C'est ce qu'on veut faire, on a aussi quelques reprises à enregistrer. Et après ça, on entre en studio à nouveau pour une semaine, on s'asseoit ensemble et on voit ce qu'on fait.


Vous avez de nouvelles chansons ?

Des nouvelles chansons, pas vraiment, je ne suis pas sûr. On va essayer de trouver des idées, on va essayer de faire, mais on va surtout jammer, voir ce qui nous vient. On verra bien.


Merci au groupe d'avoir prit le temps de nous répondre, ce fut une superbe rencontre avec d'adorables personnes.


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Sylvain Gourdon I 06/12/2018