Rencontre avec le rock alternatif de Persepolis

A chaque année son lot de nouveaux groupes se greffant à la scène bordelaise, et comme chaque année certains s'y attachent, comme Persepolis. En pleine évolution, les deux comparses enregistrent et jouent encore et encore, leur rock alternatif à la fois musclé et mélodique. Contre le vent, les interruptions involontaires, et les soucis matériels, ils répondent avec bravoure et gentillesse !


© Fanny Caumont

Habitués des scènes du grand Sud-Ouest, ils se sont construits de par des structures de passionnés dans les Landes, notamment le Café Music à Mont-de-Marsan ou la Locomotive à Tarnos.


Vous écoutez quoi ? Quelles sont vos influences ?

Milo : Nos influences, elles sont forcément très portées vers les années 90, avec le mouvement du grunge et du rock alternatif qui commençaient à naître. Mais c'est pas juste ça, il y a aussi une majorité de groupes des années 2000, ou plutôt fin des années 90 où, justement il y a un virage pop qui était en train de prendre. Des groupes moins connus comme Swervedriver, 3 Colors Red, Fountains of Wayne qu'on écoute pas mal en ce moment, puis après Radiohead, c'était vraiment une belle époque, qu'on a assez négligé et qu'on a vite oublié. C'était vraiment un rock très lourd avec des grosses guitares, avec des mélodies, et tu sentais les influences punk rock aussi. Nous on s'inspire pas mal de ça et de plein d'autres groupes, des années 80 ou 70, comme les Beatles forcément.


Il y a un petit côté emo des années 2000, c'est négatif le mot "emo" aujourd'hui ?

Robin : Il y a eu une évolution de la musique emo depuis mais à la base, non c'est pas négatif de dire le mot "emo".

Milo : Surtout que emo, à la base c'est "émotions", tu vois, donc c'est pas quelque chose de négatif à entendre.


Et des groupes plus récents ?

Milo : Aujourd'hui on écoute des trucs français qui marchent, enfin... Qu'on écoute à fond, Lysistrata et The Psychotic Monks, c'est vraiment les deux groupes qu'on écoute à fond. Il y a aussi IDLES, auquel on pourrait penser.

Robin : GoOn aussi ! Dans un autre style. J'écoute pas mal Mourn, c'est un groupe indé espagnol, ils ont notre âge. C'est vraiment bien ce qu'ils font et c'est tout récent.

Milo : Il y a plein de trucs aujourd'hui, faut arrêter de dire que le rock c'est mort, c'est hyper varié et il y a des influences à prendre partout.


Est-ce que d'autres arts vous inspirent pour créer votre musique ?

Milo : Ouais carrément, je suis en étude de cinéma, ça joue énormément. Déjà il y a des films qui t'inspirent par la BO, musicalement, c'est super important aujoud'hui de poser de la musique sur des images et d'arriver à mêler les deux. Je trouve ça vraiment hyper intéressant et j'espère qu'on arrivera à faire des projets et mêler la vidéo et la musique, car tu peux la ressentir en tant que couleur ou autre, et c'est hyper important pour travailler une ambiance. En fait, on essaie encore de se trouver une identité, c'est un travail de toute une vie mais passer par des images, des clips, avoir des univers visuels, ça aide à vachement se centrer sur sa musique.


Avez-vous des projets de clips ?

Milo : On en fait un là, avec l'école 3iS, les élèves ont un projet de fin d'année, ils ont fait un appel à projets. Vu qu'on avait joué pour France 3 Aquitaine, on a rencontré un réalisateur qui leur a parlé de nous et on s'est retrouvé à faire un clip avec eux.

Un clip qu'on va tourner avec eux pour la deuxième chanson de l'album.


D'où vient le nom Persepolis ?

Robin : En fait, à l'école en cours d'histoire, ça a du sortir de la bouche d'un professeur et c'est resté dans le coin de notre tête, et c'était The Persepolis au départ en fait !

Milo : En fait on pourra jamais répondre à cette question car on avait rien mis à l'écrit, on dit ça mais on sait pas trop d'où ça vient en fait

Robin : ça sonnait bien



Si pouviez évoquer des souvenirs marquants de scène ?

Robin : On a des souvenirs de concerts, autant des très bons comme des très "améliorables" ! Nous on prend plaisir à jouer n'importe où à deux, mais c'est vrai que sur les grandes scènes, t'as moins cette proximité avec le public qu'on aime avoir. On en a fait une au festival Car'Scène Rock'Son dans les Landes et là aussi c'était un moment vraiment spécial dans une salle de basket et il y avait quelque chose ce soir là de fort.

Milo : La semaine dernière on a joué à Toulouse au Connexion Live et c'était vraiment super, il y a vraiment des concerts où des fois ça te laisse une petite saveur spéciale parce qu'il y a une connexion juste le temps du spectacle, c'est pas forcément le concert où t'as été le meilleur. Après il y a eu des concerts tout pourris aussi. Il y en a un particulier, on avait joué, en 2014, un truc comme ça, pour une réception des rugbymens d'Hagetmau dans les Landes. Ils nous avaient foutu dans un coin, on avait joué à burne, je pense que la moyenne d'âge était de 70 ans. Et là tu finis tes morceaux, personne te calcule, mais c'est drôle.


Y a t-il un groupe avec lequel vous souhaitez jouer ?

Robin : Il y en a beaucoup !

Milo : Moi ça me ferait vraiment plaisir de partager la scène avec les gars de Lysistrata, on a passé quelques bonnes soirées avec Ben, le batteur, ça me ferait plaisir et ils sont vraiment trop bons sur scène on pourrait bien rigoler. Ils sont trois c'est du noise un peu math rock, mélodique, ils avaient gagné le Ricard SA Live.


Quels sont vos futurs projets ?

Milo : Le clip et l'EP surtout, l'idée c'est faire le maximum de concerts en fins de l'été, poncer la sortie de l'EP essayer de jouer le plus possible et partout et se concentrer sur l'album.


Justement, le tout dernier EP a t-il été bien reçu ?

Milo : Ouais on a eu pas mal de retours de presse indépendante, c'était cool. Sur Bordeaux aussi un peu. C'est un single deux titres et c'est moins évident à vendre mais on prend notre temps.


© Valy D. LIVE photo

Il s'est fabriqué où cet EP ?

Milo : On a tout fait tout seul, par nos propres soins, avec nos sous et avec Thomas, qui nous a enregistré à Cryogène à Bègles. On a fait ça en trois nuits. On l'a fait mixer par Cyrille Gachet qui avait mixé et enregistré notre premier EP. On s'est entouré aussi de tous nos potes, pour la pochette c'était une graphiste, une pote aussi. La photographe c'était une pote, celle qui pose aussi en fait. On a essayé de faire un univers cohérent, on s'est dirigé vers Yoan Taillandier pour le clip, c'est un skateur de Bordeaux avant tout mais est aussi réalisateur, il suit un peu ses collègues skateurs à travers l'Europe, ou le Japon pour les filmer. Il y avait vraiment une atmosphère super cool et une esthétique qui nous plaisait chez lui. Du coup on a bossé avec lui et on a fait ce petit clip qui était sympa.

On a fait une annonce de figurants, pas mal sont venus mais c'était surtout des potes. C'était pas encore hyper intelligent cet après midi, on a bu des bières toute la journée.


Je vous laisse le mot de la fin !

Milo : On a de la chance d'être musiciens à Bordeaux en ce moment parce il y a un truc qui est en train de bouger ici, pas que dans la musique mais que ce soit le graph, les tatouages, la photo, dans vraiment tous les arts, il y a vraiment un truc qui est en train de se monter et on a la chance de pouvoir vivre un peu avec plein de potes d'horizons différents, plein de milieux d'art un peu différents et ça c'est super cool, c'est hyper stimulant, et on espère que ça continuera déjà. On verra s'il y moyen d'écrire un petit bout d'histoire sur Bordeaux. Mais on est pas arrêté à ça, Et on est bien chaud là pour faire des concerts sur Paris et voir ce qui se passe là bas. On a fait notre premier concert à l'internationale en fin février, il y avait plein plein de monde et ça a bien marché.


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Sylvain Gourdon | 06.05.2019