Rencontre avec Nicolas Laugero, directeur de l’ICART : école du management culturel

Mis à jour : il y a 6 jours

L’ICART, c’est la première école de management culturel d’Europe, créée en 1963. Son enseignement est accessible dès la première année en sortant du bac et peut se poursuivre jusqu’en dernière et cinquième année. Forte d’un puissant réseau, l’ICART a une renommée internationale et est reconnue par le Ministère de la Culture. Parmi les diplômés, certains travaillent dans le Marché de l’Art, d’autres dans l’évènementiel ou encore dans le management culturel et la communication.

A l’occasion des prochaines portes ouvertes virtuelles du campus de Bordeaux qui auront lieu le 17 avril, nous avons rencontré le directeur, Nicolas Laugero-Lasserre, pour un échange bienveillant et optimiste.

Il est important de préciser qu’il s’agit de la topologie des étudiants mais ce sont aussi nos attentes ! La clé est dans la passion et dans ce qui en découle : l’investissement dans sa formation puis dans sa carrière.

Bonjour Monsieur Laugero, nous sommes ravis de pouvoir échanger avec vous aujourd’hui. D’après vous, pour qui est cette école ? Quels sont les profils types d’étudiants ?

En premier lieu, l’ICART est une école destinée à des futurs professionnels qui ont la passion chevillée au corps. Souvent, elle est le fruit d’une pratique culturelle et/ou d’une transmission des familles, que ce soit des parents ou des grands-parents. Nous nous adressons aux futurs professionnels de ce monde magique de la culture. Il est important de préciser qu’il s’agit de la topologie des étudiants mais ce sont aussi nos attentes ! La clé est dans la passion et dans ce qui en découle : l’investissement dans sa formation puis dans sa carrière.

Quelles sont les particularités de chaque parcours que vous proposez ?

Notre premier parti pris est de proposer un socle de 3 ans autour d’un Bachelor polyvalent et généraliste. Les étudiants y trouvent de la formation professionnelle, une base de culture générale et l’apprentissage d’outils spécifiques autour des quatre familles que sont le spectacle vivant, les arts visuels, la musique et le cinéma. Ensuite, nous proposons à nos étudiants d’aller vers la spécialisation en 4e et 5e années avec des MBA spécialisés à l’image des MBA Ingénierie Culturelle et Management et Music Business à Bordeaux. A Paris sont proposés deux autres MBA : Art et Digital et Marché de l’Art. Beaucoup d’étudiants changent de voie et d’affinités durant leur parcours, c’est pourquoi nous pensons qu’un socle commun est nécessaire. De plus, beaucoup de nouveaux lieux sont polyvalents et pluridisciplinaires. Les nouvelles générations seront donc amenées à croiser les domaines et donc les compétences.

© ICART

Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre à ces futurs professionnels ?

Nous ne sommes pas dans un secteur comme les autres. La culture est un secteur particulier qui est intrinsèquement porteur de valeurs. Elle porte une noblesse, l’art est un transmetteur de l’homme à l’homme. Les artistes portent un regard particulier sur la société. Ils ont des choses à dire, c’est pourquoi ils marquent leur temps. C’est donc pour moi nécessaire de porter des valeurs d’ouverture d’esprit, de tolérance, de générosité et de transmission. Nous devons assumer cela, et l’installer pleinement dans notre quotidien.

On ne fait pas semblant, on va pour moi plus loin qu’un exercice. Chaque année, nos étudiants montent des événements de dimension professionnelle à l’image des Prix de l’ICART qui se développent pour nos 5e années dans toute la France.

Chaque année, les promotions ont l’occasion de monter des évènements, de A à Z, par petits groupes ou par classes. Pourquoi ce choix et avez-vous des exemples à nous donner ?

Nous avons souhaité aller assez loin dans notre ambition pour les étudiants dans le cadre des montages d’évènements. C’est un choix dont je suis fier. On ne fait pas semblant, on va pour moi plus loin qu’un exercice. Chaque année, nos étudiants montent des événements de dimension professionnelle à l’image des Prix de l’ICART qui se développent pour nos 5e années dans toute la France. A Paris, les Regards de l’ICART, tremplin de courts-métrages, ont reçu 1200 candidatures cette année pour l’appel à projet. Ou encore le Prix Artistik Rezo qui existe depuis déjà 12 ans. Nos prix prennent de l’ampleur, et nous souhaiterions qu’ils aient autant de renommée en province qu’à Paris. Ils sont devenus de véritables vitrines, des terrains d’expérimentation et d’apprentissage.

© ICART

Comment percevez-vous l'avenir du monde de la culture après cette crise ?

Je pense que nous sommes en pleine mutation, nous sommes nombreux à nous remettre en question, à chercher de nouvelles perspectives. Nous voulons donner plus de sens aux choses, développer de nouveaux modèles économiques, une nouvelle façon de voir et de faire. C’est pourquoi je suis persuadé que dans cette transformation qui s’opère déjà, et suite à la très forte digitalisation de notre secteur, les plus jeunes générations de futurs professionnels auront un grand rôle à jouer dans la définition de nouveaux outils. Il y a une grande attente du milieu culturel et des besoins évidents, que ces derniers pourront assouvir grâce à leurs compétences numériques. On le voit par exemple avec la plateforme Twitch qui cible la génération Z. Cela peut permettre de conquérir de nouveaux publics jusque-là éloignés du monde culturel.

Le digital va être une véritable autoroute d’accessibilité, à nous de nous en servir correctement pour qu’il serve le meilleur et pas le pire. Nous irons plus loin dans la démocratisation culturelle avec ces nouvelles méthodes qui permettent un saut générationnel très intéressant, une profonde mutation de notre secteur.

Quelles sont les grandes tendances qui se dessinent selon vous pour les années à venir ?

Je reste quelqu’un d’optimiste. J’espère une plus grande forme d’universalité dans l’accès à l’art et à la culture grâce au digital et à ces nouveaux outils. On parlait de Twitch et s’en est le parfait exemple. Le digital va être une véritable autoroute d’accessibilité, à nous de nous en servir correctement pour qu’il serve le meilleur et pas le pire. Nous irons plus loin dans la démocratisation culturelle avec ces nouvelles méthodes qui permettent un saut générationnel très intéressant, une profonde mutation de notre secteur.

© ICART

A la rentrée 2021, un nouveau MBA va faire son apparition sur le campus de Bordeaux : Music Business Management. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Pourquoi ce choix de l’implanter à Bordeaux ?

Je vous parlais précédemment de l’importance de se spécialiser à la fin du parcours, voire de s’ultra-spécialiser : la création d’un MBA Music Business Management va dans ce sens. Nous souhaitons former des professionnels pointus dans l’industrie musicale, c’est-à-dire dans la production, l'édition et sur le live (diffusion). Ensuite, nous remarquons auprès de nos étudiants, un engouement très important pour le secteur musical qui ne s’est pas tari ces dernières années. Il fallait impérativement répondre à cette attente d’un programme spécialisé qui se posait comme une évidence. D’autre part, je ne crois pas à une hégémonie de Paris pour ce domaine. On est plutôt en train de vivre le contraire : un exode des gens vers de nouveaux centres urbains. Cela me semble pressant de former des professionnels dans tout le territoire. De plus, Bordeaux est une scène très dynamique avec de nombreux lieux de diffusion, il y a par exemple quatre lieux labellisés Scènes de Musiques Actuelles sur le territoire métropolitain ! Dernier argument et pas des moindres, c’est cette belle rencontre avec Jérémy Debreu, futur coordinateur de ce MBA. C’est un professionnel exceptionnel parce que passionné et investi dans ce secteur depuis déjà plusieurs années.

Merci pour ce moment rassurant sur l’avenir de la culture Monsieur Laugero,

A toutes celles et ceux dont le cœur bat pour la culture, vous pouvez vous inscrire aux portes ouvertes virtuelles sur le site de l’ICART qui auront lieu le 17 avril prochain à 11h.

Conditions d’admission :

Bachelor :

· Concours d’entrée : 21 avril et 5 mai

· Admission hors Parcoursup

· Concours pour les Bac à Bac+2 composés de : Épreuves écrites en ligne (dissertation ou analyse d’une œuvre d’art, QCM culture générale artistique, QCM grammatical en anglais) + Épreuve orale en visioconférence


MBA :

· Entretien approfondi de motivation et d’orientation professionnelle


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Clarisse Jaffro ⎮ 07.04.2021


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