Review Rockfarmers de The Inspector Cluzo

Comment évoquer les grands espaces sans parler du groupe de rock le plus atypique du Sud Ouest ? The Inspector Cluzo est un groupe gascon, plus précisément landais, originaire de Mont-de-Marsan. On visualise rapidement les lieux : des champs à perte de vue, au loin à l'horizon les Pyrénées, la proximité avec l'Océan Atlantique. Mes souvenirs d'enfance font alors surface, et appartiennent autant à la réalité qu'au cliché landais. Marcher dans les champs de maïs, la rosée du matin et l'air frais qui s'engouffre dans mes narines, le calme absolu. Le soleil, la plage, l'accent qui résonne ça et là, les anciens arborants fièrement leurs bêrets, de vieux tableaux de nos ancêtres en échasse, les férias évidemment où se mêlent de nombreuses générations. Bref, l'endroit parfait où il fait bon vivre. Le grand air.


Le groupe est composé de deux membres, Laurent Lacrouts et Mathieu Jourdain. Les deux compères assument leur identité et tout comme leur région, évitent toute superficialité. Ils sont eux-même 365 jours dans l'année, une moitié en tant que musiciens (compositions, tour du monde, enregistrements) en totale autogestion (pas de label extérieur, pas de blabla) et l'autre en tant que fermiers où ils produisent leurs propres légumes, leur propre foie gras, à l'ancienne.


Pour voir de plus près à quoi ressemble leur vie, je vous conseille de visionner Rockfarmers, excellent documentaire signé Yan Sourigues, qui montrera bien mieux que mes mots leur vie, et avec quelle facilité ils passent de rockers internationaux (adorés en Asie ou en Amérique du Sud) au dur labeur de fermiers gascons.


Le dernier album en date, du même nom Rockfarmers, a déjà été l'objet de nombreuses reviews. Je répèterai donc avec aisance à quel point cet album est bon, à quel point le rock transpire ici à chaque minute. L'album s'ouvre d'ailleurs, avec le titre éponyme Rockfarmers, sur des cacardements (le cri de l'oie, bien sûr !) et enchaîne aussitôt sur un riff lourd sauce 70s, où l'ambiance est posée.

Le deuxième titre, "I'm a japanese mountain", sonne plus pop quand le troisième vous surprend encore (la ballade "Lost in traditions").


The Inspector Cluzo se tient debout, sur ses terres, piochant dans le garage-rock, le heavy, la pop, le funk et les ballades, tout en gardant sa patte du début à la fin. On remarque aussi les petites touches à la Enio Morricone, où les pins landais se substituent idéalement aux montagnes de l'ouest américain dans mon imagination.

Je ferai sortir du lot, très subjectivement, les excellents titres que sont Kiss Me, Gmo and Pesticides et Erotic (le plus énergique des titres de l'album).

Mes chers compatriotes, vive le rock, et vive les Landes !



Sylvain Gourdon I 01/17