Royal Béton : le style pop et underground de deux illustrateurs bordelais

Il vous est peut-être déjà arrivé de vous arrêter pour admirer la façade du record shop Total Heaven, pas loin de la Victoire. Elle est signée Royal Béton, un duo d’artistes bordelais. Duch et Freak City peignent des fresques un peu partout, même au sol des terrains de basket. On a discuté avec Duch.

© Royal Béton

Bonjour !

Salut ! Moi c'est Duch, la moitié de Royal Béton.

Qui se « cache » derrière le pseudo Royal Béton ?

Nous sommes deux artistes bordelais. Mon binôme Freak City a 36 ans. En plus de sa pratique personnelle de dessin de presse, graphisme, direction artistique... Il enseigne l'illustration à l'ECV. Moi j'en ai 28 et je suis également illustrateur principalement. En plus de Royal Béton nous avons co-fondé la maison d'édition Mondo Zero et faisons tous les deux partie du collectif Skinjackin.

Comment et quand s’est formé votre duo ?

Le duo s’est formé en 2016, mais on se connaît depuis une dizaine d’années. On s’est rencontrés grâce à nos influences artistiques communes, on se croisait dans des concerts (notamment à l’Heretic, devenu le Void et malheureusement fermé aujourd'hui). On a travaillé assez tôt sur les mêmes projets, par différents intermédiaires. On s’est bien entendus artistiquement alors on a vite eu envie de travailler ensemble. On en a eu l'occasion dans le collectif Skinjackin avant de créer Royal Béton qui au départ était juste un moyen de signer nos peintures à deux.


Quelles sont les différentes activités de Royal Béton ?

Comme je le disais nous venons tous les deux de l'illustration. Bien qu'on adore ça on avait envie d'explorer ensemble d'autres formats en passant du papier aux murs notamment, puis en travaillant en volume pour la scénographie d'événements. On aime aussi beaucoup animer des ateliers (fresque, illustration, micro-édition) auprès de jeunes publics. Plus récemment on s'est lancés dans la peinture au sol en réalisant 2 terrains de basket illustrés à Pau, et on espère en faire plein d'autres !

Vous vivez tous les deux de ce que vous faites ?

On a tous les deux plusieurs casquettes mais oui on vit de l’ensemble de nos activités artistiques.

Peux-tu nous citer des projets réalisés par Royal Béton ?

On a commencé par une fresque participative dans le foyer des étudiants du lycée Jean Renou à La Réole, c'était notre premier projet. Depuis, on a peint pour Disparate lors de deux éditions du Zine Fest à Bordeaux, pour l'I.boat quand il y avait des hangars en face, sur la façade de Total Heaven ou encore dans le VOID à l'époque. Il y a eu d'autres ateliers également, pour le Musée des Arts Décoratifs et du Design, le Musée d'Aquitaine et différentes écoles. Et enfin les fameux terrains de basket puis fin 2020 on a décoré le plafond de Back to, un restaurant à la déco 90s qui vient d'ouvrir à Bordeaux.

© Royal Béton

Comment décrirais-tu votre style ?

On a des influences très variées, je dirais que nos visuels sont à la fois pop et underground. Et qu'on aime bien les couleurs vives !

Quelles sont vos références artistiques ?

Nous consommons tous les deux beaucoup d'images. Depuis longtemps, nos influences viennent des visuels de skate, du cinéma, de pochettes de disques, affiches de concerts, fanzines, comics, jouets, bande dessinée... On a la chance (notamment via Mondo Zero) d’arpenter les salons d'illustration et de micro-édition un peu partout en France et en Europe, ce qui permet de fréquenter beaucoup d'artistes de notre scène, c'est motivant et inspirant.


Quand vous faites une fresque, comment créez-vous ?

Ça se fait assez naturellement, avec mon binôme on s’entend bien artistiquement. Au départ l’un de nous aura une vision de ce à quoi va ressembler le projet, et en général ça plaît au deuxième. Ça peut arriver que le client nous propose un thème, mais en général on a carte blanche. A partir de là, on fait des croquis chacun de notre côté puis on met en commun et ensuite on fait du ping-pong jusqu'à ce que la composition nous plaise à tous les deux. La dernière étape c'est de trouver un équilibre chromatique et ensuite y'a plus qu'à peindre !

© Royal Béton

Est-ce que tu peux nous parler de la suite ?

C’est compliqué avec la Covid-19, la plupart des projets ont été repoussés puis ont fini par sauter, on a quand même quelques trucs sur le feu avec un retour à Pau bientôt pour un atelier fresque et pour le reste je ne peux rien avancer pour le moment !


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Nolwenn Tournoux I 17.02.2021

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