Session bavardage avec The Lyonz

Mis à jour : févr. 23

Anthony Salvo (SLV) et Terrell McLeod Richardson (Norrin) - les petits protégés de K.Maro (E47 Records) - reviennent cette année avec leur nouvel album Change in colour. À l’occasion de la sortie de leur clip Right of asylum ce vendredi, les Lyonz nous ont accordé une session bavardage outre-atlantique.

© JF Sauvé

Hip-hop, rap expérimental… Difficile de mettre le doigt sur ce qu’est vraiment la ligne de conduite de The Lyonz. Le duo montréalais explore, s’inspire et fabrique son propre univers abstrait, parfois sombre, déstabilisant mais toujours bien pensé. Interview.


En 2013, alors que le monde entier danse sur Get Lucky ou Blurred Lines, vous formez votre duo à Montréal. Comment est né The Lyonz ?


Terrell : Ma carrière musicale a commencé dans le groupe Big Dreams avec mes amis du lycée en 2010. Au départ, on rappait sur des sons de producteurs qu’on aimait bien puis on a évolué en faisant nos propres productions. Anthony nous a rejoint en tant que DJ et notre curiosité musicale commune nous a poussé à aller plus loin tous les deux en formant The Lyonz.


Votre musique est imprégnée de différents univers, le jazz, l'électro, la culture hip-hop ... Comment avez-vous expérimenté votre sonorité et l’écriture de vos morceaux ?


Anthony : Notre idée était d’allier le rap de Terrell à des sonorités nouvelles, en ajoutant des touches plus électroniques par exemple. On aime beaucoup les musiques expérimentales donc on a voulu essayer de combiner ces deux univers et c’est devenu quelque chose qui nous est propre.


Terrell : L’écriture d’un morceau est toujours assez différente. Je dirais que ma manière préférée d’aborder l’écriture et d’entendre la prod en amont et de poser mes mots dessus par la suite en fonction de ce que le morceau me fait ressentir. La musique est comme une thérapie pour moi, mes textes sont toujours très personnels c’est ce qui donne ce côté assez mélancolique.



Vous avez récemment sorti le clip de votre titre Right of Asylum dans lequel le personnage semble pris au piège dans une spirale sans fin. Quel était votre propos ?


Anthony : À vrai dire, l’idée est de laisser une interprétation libre pour le spectateur afin qu’il arrive à sa propre conclusion. Cela dit, c’est surtout l’idée d’être piégé dans une routine ou par ses propres démons. Le son parle justement de l’idée “d’aller contre”, de rester fidèle à soi-même, de chercher sa vérité.


Terrell : L’idée était d’utiliser différents angles de prise de vue pour laisser toute la liberté au spectateur de se construire son histoire. C’est en partie pour ça - et parce qu’on adore le cinéma- que nous avons souhaité une approche très cinématographique.


J’ai comme le sentiment que vous appréciez déstabiliser votre public. À la fois de part vos sonorités peu communes mais aussi dans les thèmes abordés. D’où vient cette envie ?


Terrell : C’est plus drôle ! On aime se dire que nos musiques peuvent pousser les gens à modifier leur façon de penser ou à être plus honnêtes, créatifs… Simplement à expérimenter quelque chose de nouveau et différent.


Anthony : Ça nous ressemble. Notre principale source d’inspiration ce sont les choses qu’on voit et qui nous font “penser plus loin” donc on aime transcrire ça dans notre travail.


Vous avez écrit une partie de ce nouvel album à Paris avec K.Maro et son label E47 Records. Était-ce différent de Montréal ?


Anthony : Partout où nous sommes c’est évident que notre environnement inspire notre musique. Pour notre précédent album (Peace beyond the Pines) nous étions au cœur de la forêt et ça se ressent beaucoup à l’écoute. Paris est une ville très vive, avec beaucoup de couleurs, d’avenues, de mouvement et ça a beaucoup inspiré nos compositions. Sans parler du fait que d’être dans un nouveau studio avec des instruments différents amène à expérimenter davantage.


Terrell : L’industrie musicale est beaucoup plus importante à Paris, il y a une énergie plus concentrée. Montréal est encore assez indépendante à ce niveau donc c’est plus difficile pour se projeter.


Votre EP précédent (2nd U (Pt.1) laisse présager une seconde partie. Les titres Right of Asylum et Where I Be font-il partie de cette suite ?


Terrell : C’est vrai qu’avec 2nd U(Pt.1), l’idée était de faire une partie 2 et 3 mais le projet a finalement évolué autrement avec notre départ à Paris.


Anthony : Nos deux derniers sons font partie d’un album nommé “Change in colour”. Ce titre évoque justement l’idée d’un projet qui évolue. C’est comme si notre musique était une immense toile dont la composition varie selon les palettes qui nous sont offertes. À Paris justement, nous nous sommes rendus compte que nous souhaitions avancer sur un autre projet qu’une partie 2 de 2nd U.


Terrell : D’ailleurs nous avons décidé de ne pas sortir un album traditionnel avec 10-12 sons. On préfère casser ce schéma et faire plusieurs petites sorties au fur et à mesure mais que tout soit relié par le contenu. Il y a donc deux titres qui sont sortis en février, puis il y en aura de nouveau 2 par mois jusqu’à cet été.

© Zander

Pour la suite, The Lyonz rêve d’être headliner du Festival international de Jazz de Montréal ou d’un festival qui mêlerait une grande diversité de genres musicaux. D’ici à ce que la situation puisse le permettre, on vous encourage à suivre leurs différentes actualités sur leurs réseaux et on a hâte d’être à cet été pour découvrir l’intégralité de leur projet.


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Manon Cosson I le 16.02.2021

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