Stella est amoureuse de Sylvie Verheyde, une histoire d’émancipation

Dernière mise à jour : 15 oct.

Dans Stella est amoureuse, la réalisatrice continue le récit autobiographique qu’elle avait entrepris avec Stella, sorti en 2008. Après avoir quitté la jeune protagoniste lors de son admission dans un grand lycée parisien, nous la retrouvons dans ce nouveau film pour l’année de sa Terminale, dans ce moment si particulier qui marque la fin de l’adolescence. Le long-métrage sortira en décembre 2022 et fera la clôture du FIFIB le 17 octobre en présence de l’équipe du film.


L’œuvre frappe d’abord par la finesse avec laquelle elle retranscrit la riche vie intérieure de Stella, incarnée par Flavie Delangle. L’actrice mesure chacune de ses expressions, et nous dévoile l’image d’une Stella qui ne veut rien laisser paraître… mais les jeux de caméra, les regards un peu trop appuyés, le joli travail du son et la voix off nous permettent d’aller au-delà de cette façade, pour nous replonger dans notre adolescence et la puissance des émotions que nous ressentions alors.


Stella est amoureuse c’est également une ambiance, marquée par la dichotomie entre la grisaille de sa vie quotidienne, et la découverte des nuits festives parisiennes. Le soleil couché, Stella arbore un parfait trait de liner noir, pousse les portes du Bains Douches, ce club emblématique des années 80, et nous plonge par la même occasion dans l’esthétique si efficace de l’époque. Dans la lumière bleutée du club, et aux sons New Wave et post-disco, Stella fait la rencontre du danseur star des Bains Douches qui lui fera presque oublier les difficultés de son transfuge de classe.

Car l’œuvre porte aussi ce message. Stella est entrée dans l'entrechambre de la bourgeoisie française, mais elle reste la fille d’une mère qui doit vendre son bar miteux du 13ème pour faire face au départ d’un mari déjà trop absent. « La honte » se dit-elle au moment d’admettre en public qu’elle ne connaît ni Pollock ni Basquiat. Annie Ernaux n’aurait pas dit mieux… Soulignons la performance de Marina Foïs pour son rôle de cette mère divorcée, partagée entre la mélancolie d’un passé décidément plus simple, et la force avec laquelle elle accompagne les profondes transformations de sa fille.


Une pure joie d’assister à cette ode à la jeunesse, qui, en nous replongeant si fidèlement dans la puissance de nos émotions adolescentes, nous les fait revivre l’espace d’un instant.


A retrouver à l'UGC Ciné Cité Bordeaux dans le cadre du FIFIB lundi 17 octobre à 14h

Sortie en salle le 14 décembre 2022


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Zeina Kovacs ⎮ 13.10.2022