Sysif : Le rap bordelais en plein Nirvana

Dernière mise à jour : 19 févr. 2021

Si dans la mythologie grecque Sisyphe se doit de pousser une pierre en haut d'une montagne, à Bordeaux Sysif crée "Nirvana" son album qui sort le 27 Février. Rappeur talentueux voguant entre trap et rap, nous l'avons rencontré pour parler de lui, de Nirvana, de sa passion. Une interview découverte d'un artiste bordelais.


Vous l'avez peut-être entendu mardi 16 Février sur les ondes d'Ola Radio, Sysif, du collectif No Underwear présente son projet de 14 titres le 27 Février prochain sous le nom "Nirvana".


Mais qui est Sysif ?


Je m'appelle Sysif, j'ai 24ans, je viens de Bordeaux et j'ai commencé à faire du rap vers 13 - 14 ans par des freestyles sur des instrus et en écrivant des textes à gauche à droite. C'est vers mes 17ans où j'ai choisi le nom Sysif. Et j'ai commencé à écrire des morceaux plus que des freestyles.


Et pourquoi Sysif comme nom de scène ?


Tout bêtement au final, Sysif, ça vient du Mythe de Sisyphe. J'aimais bien cette notion du type condamné à rouler sa pierre jusqu'en haut et recommencer encore et encore.. Pour moi il y avait un écho, une fois que t'atteins un objectif bah tu recommences. J'adore ce côté là, ne rien lâcher et continuer, et évidemment le côté Sysif / incisif ah ah. Un mélange de tout ça.


Ok ! On a l'origine de ton nom, maintenant on veut savoir comment tu as rencontré le collectif No Underwear !


Alors ! Il y a 2ans à peu près, on avait un contact en commun, mon meilleur pote... Au début il s'occupait de me manager puis on s'est dit que ce serait cool de professionnaliser le concept. De le rendre plus sérieux avec un suivi, des personnes qui sont impliquées, investies, qui ont envie de croire en nous. Et lui connaissait le collectif, alors on a organisé une rencontre à l'un de leur événement à la Tencha "Jump Around". Le feeling s'est fait car nous étions tous sur la même longueur d'onde. Grâce aux filles j'ai pu rencontrer Etan_3y3 qui s'occupe de toute la réalisation des clips, visuels... Au fur et à mesure le groupe s’agrandit, surtout que depuis le début je suis accompagné par Petitemusiquedenuit, c'est elle qui s'occupe de tout ce qui est visuel, de toute la DA tant pour les clips que les photos donc on est tous les 5 derrière Sysif au final !

Et donc l'album "Nirvana" sort le 27 Février prochain, depuis combien de temps tu es sur ce projet ?


Ça fait un peu plus d'un an et demi, dès que j'ai fini Wolfgang été 2019. 2 - 3 mois après j'ai commencé à gratter les premiers morceaux. A savoir qu'au début j'en ai écrit une dizaine, j'en avais gardé 2-3 que j'avais enregistré un peu avant la Covid19. Pendant le confinement de mars 2020, il y a eu une grosse pause où là c'était impossible d'enregistrer, donc j'en ai profité pour refaire des sons et en modifier certains, donc ouais à peu près un an et demi. Le confinement j'en ai surtout profité pour prendre du recul sur ce que j'avais déjà fait et sur ce que je voulais faire sur le projet. Poser une ligne directrice que je n'avais pas au début. Je suis un peu reparti à zéro avec ce confinement donc c'était un mal pour un bien.



Vous avez sorti la Tracklist, le format est génial et assez original pour Bordeaux, tu peux nous en parler ?


Ouais c'est vrai que ça a été fait par d'autres rappeurs Niska, Dinos... il y quelques années et j'avais vraiment accroché avec ce principe. J'ai écrit la Tracklist une fois que j'avais fini tout le projet. Pour Wolfgang, j'avais annoncé sous forme de motions, et là j'ai voulu pousser le truc un peu plus loin, puisque chaque titre a une histoire avec son âme, je me suis dis que ce serait cool d'avoir un son qui regroupe tous ces titres. Donc en gros dès qu'il y a un titre qui apparaît dans le son, sur 4 mesures tu peux avoir une idée de la couleur qu'il va y avoir pour chaque morceau.

J'avais une prod que j'avais mis de côté depuis un moment, Tracklist qui est plus freestyle et rap que l'album... Et je me suis posé un soir, en me demandant pourquoi ne pas faire de cette Tracklist un son et c'est allé super vite ! En moins d'une heure, c'était vraiment naturel, j'avais le truc en tête au fond de moi depuis un petit moment et voilà !


Ok, mais c'est génial ! Mais ça signifie que tous les titres de Nirvana sont liés alors ?


Ah ah alors oui et non ! Dans le sens où ça reste dans le même univers, il y a 14 titres ce qui fait beaucoup tout de même. je ne voulais pas en mettre autant à la base, mais pour moi je ne voulais pas en enlever ni en rajouter, les 14 étaient bons. J'avais cette vision du projet. Après ils ne sont pas forcément liés, même si tu as le même univers tu as des sonorités différentes, des thèmes différents mais c'est lié par ce que j'ai vécu depuis la fin de Wolfgang jusqu'à maintenant. Chaque morceau à sa couleur, par les différentes étapes de ma vie, de comment je me suis construit.


Et c'est quoi alors la couleur commune à cet album ?


Je l'ai appelé Nirvana pour cette notion spirituelle. Lorsque tu atteins le Nirvana, tu atteins cette forme parfaite d'être en accord avec toi même. Et musicalement, ce projet dénote par rapport à mes projets précédents. Et j'ai trouvé que j'étais vachement à l'aise, ça me plaisait de faire ce style de musique. Plus chanté, plus mélodieux et je me sentais beaucoup mieux. C'est là où ça reprend ce côté "Sysif", où musicalement, je commence vraiment à me trouver et à savoir ce que je souhaite exprimer. D'où ce nom, car dans mon côté personnel, cette année et l'année dernière j'ai pris énormément de recul à travailler sur certaines choses. Tant sur le côté personnel que sur le côté musical je suis allé sur cette direction d'ou Nirvana qui me représente, et tous ces titres également. C'est moi, c'est une sorte de passerelle. Si tu écoutes Wolfgang et ensuite Nirvana, tu vois qu'en terme de son et mélodies je me cherchais un peu. C'était un peu une petite palette de ce que je savais faire ce que j'aimais faire. Là, avec cet album, je m'assume.


Et ton processus créatif pour Nirvana dans tout ça ?


Alors moi je sais que j'écoute beaucoup de prods, même là j'ai fini le projet, mais le soir j'aime bien gratter des textes, faire des petits couplets sur des prods. Donc sur le processus créatif de Nirvana, on peut dire que c'était quotidiennement. Après, il y a eu les moments où je me suis posé et je me suis dit " Ce morceau me parle j'ai envie qu'il en fasse parti, je vais m'investir à fond. " En terme de temps je suis quotidien j'aime le faire tous les jours, et c'est ce qui m'a permis de me trouver musicalement, à force de faire des tests.

Pour Nirvana 99% du temps, j'écoute la prod, elle va m'inspirer quelque chose, je donne souvent une couleur à une instru/ morceau et directement ça va en découler un thème, "l'amour", "l'introspection", "le flex", ce que tu veux ! Je vais l'associer à ce morceau et partir à fond dans ce thème. Mais j'ai besoin de la prod pour savoir ce que je vais écrire derrière.


Au niveau de la construction de l'album, comment tu as fonctionné ?


J'ai construis le projet, mais il y a une intro et une outro et l'intro à été le dernier morceau que j'ai fait. Je ne me suis pas donné de ligne directrice, je voulais que ça se fasse naturellement. Il y a eu un moment où je savais que c'était la fin. J'en avais fait 13, et je savais qu'il m'en manquait un.


Donc tout va commencer le 27 pour Nirvana ?