Attention les oreilles, Technopol s’installe en Nouvelle-Aquitaine !

Technopol, à l’origine de la techno parade parisienne, s’installe en Nouvelle Aquitaine. Au programme: re-dynamiser la scène électronique de toute la région. Si les Néo-Aquitains leur ont fait un très bon accueil, la situation sanitaire actuelle ralentit leurs projets. Feather a assisté à la conférence de presse de lancement et on vous en dit plus !

Conférence de presse de Technopol à Bordeaux © Julie Bruhier

“Technopol”, dit comme ça, ça ne vous rappelle peut-être rien. Et pourtant, si vous êtes passés par la capitale, vous les avez sûrement entendu lors de la techno parade, dont ils sont à l’origine. Cette association s’occupe, depuis 1996, d’organiser des événements, de promouvoir les intérêts de la musique électronique et d’accompagner des artistes dans leur carrière.


Cette année, ils arrivent en Nouvelle-Aquitaine pour ouvrir leur première antenne régionale. Ils souhaitent étendre leurs activités habituelles sur notre beau territoire. Mais Technopol a aussi de nouveaux projets à nous proposer, dont quelques idées folles qu’il faut “garder pour nous”. Alors on maintient le suspens... le seul truc qu’on peut vous dire c’est de vous préparer à danser dans les rues de la belle endormie. Mais à l’heure actuelle, Technopol attend, comme nous, la fin de la crise sanitaire pour pouvoir reprendre son activité normalement.

Tommy Vaudecrane, président de Technopol © Julie Bruhier

La priorité : accompagner les artistes


Depuis ses débuts, l’association s’efforce de soutenir et de propulser les carrières de ses artistes. Originaires de toute la France, ces derniers reçoivent une attention particulière. Recherche de collaborations, de contrats, des formations…. rien n’est laissé au hasard. Les artistes ne sont pas les seuls à bénéficier d’accompagnement : l’association possède un service juridique gratuit à disposition des festivals par exemple.


En parallèle, Technopol fait du lobbying. En gros : ils vont et viennent entre les ministères pour essayer de promouvoir les intérêts de la musique électronique souvent victime de clichés. “Jusqu’à maintenant, il fallait que la musique électronique soit acceptée” affirme Tommy Vaudecrane, président de Technopol. “Avec Technopol on a passé de longues années à essayer de convaincre les ministères, les partenaires, même la ville de Paris. Ça n’a pas toujours été facile de faire une technoparade avec des camions qui font du bruit toute la journée, ça ne plaît pas à tout le monde, surtout quand deux ans avant on vous disait que c’était une musique qui véhiculait la drogue et la débauche.” explique t-il. Le but est de garantir aux artistes des conditions de travail optimales : “On fait en sorte que tous nos acteurs puisse développer leur passion, puis un métier, et les développer dans de bonnes conditions. Avoir la même écoute que tous les autres musiques actuelles finalement.

Kevin Ringeval, co-président de l’antenne régionale de Technopol © Julie Bruhier

On pense que l’avenir est dans les territoires.


C’est donc la Nouvelle-Aquitaine que Technopol a choisi pour l'implantation de sa première antenne régionale. Ils expliquent l’importance de ce projet à leurs yeux : “Les musiques électroniques aujourd'hui c’est 30% des jeunes entre 18 et 25 ans qui l’écoutent (...) c’est important que cette notion puisse se diffuser dans les territoires, qu’elle puisse comprendre les spécificités”. Ainsi, ils ont pour projet de trouver des bureaux dans la métropole bordelaise afin d’accueillir les artistes de la région, et perpétuer le travail qu’ils faisaient à Paris. D’après Kevin Ringeval, co-directeur de l’antenne régionale, elle permettra la discussion et la collaboration entre les acteurs aquitains de la musique électronique.


En somme, Technopol veut favoriser “le circuit court” musical. Selon eux, la Nouvelle-Aquitaine foisonne d’artistes talentueux, qui manqueraient d’outils pour se développer au niveau professionnel. Mais dans l’ensemble, la région est prometteuse, et est idéale pour tester ce projet d’antenne régionale. De plus, Technopol voit loin : si jamais un tel contexte économique venait à se reproduire, il est important d’avoir des relais dans les régions. Tommy Vaudecrane insiste : les territoires doivent “reprendre le contrôle sur la fête, parce que pour l’instant, les seuls qui décident, ce sont les préfets.”. En effet, avec l’état d’urgence sanitaire, ce sont les préfets qui prennent les décisions au niveau local. Et souvent, ils décident de limiter les événements.

Kevin Ringeval et Ziggy Hugot, co-présidents de l’antenne régionale de Technopol © Julie Bruhier

Crise sanitaire et musique électronique ne font pas bon ménage


Sauf si vous avez vécu dans une grotte les 10 derniers mois, vous savez que la crise sanitaire actuelle entrave un peu (beaucoup) les projets culturels. La musique électronique n’y échappe pas, et elle est même très impactée. Confinement, couvre-feu et distance de sécurité sont à l’opposé de ce genre musical qui s’écoute dans de grandes fêtes où les danseurs se bousculent et chantent à tue-tête.


Mais l’espoir reste permis. En bons optimistes, les représentants de Technopol ne lâchent rien. Des projets ? Ils en ont à foison. Lorsqu’on les entend, on se met, nous aussi, à rêver. Dans le livre blanc qu’ils veulent sortir à la fin de l’année, ils réfléchissent à l’avenir de la musique électronique à travers l’écologie ou la place des femmes et des minorités. Pour le président de Technopol, la musique électronique en à revendre : “On a des artistes, des festivals, une économie de la musique électronique. La SACEM a fait une étude, en 2016 c’était déjà 450 millions d’euros pour les musiques électroniques”, et il estime que depuis, les chiffres ont doublé. De plus, il nous rappelle que la musique électronique c’est 40% de l’export musical, “puisqu’il n’y a pas de paroles”. Ainsi, même si on sait qu’ils se relèveront, on souhaite bon courage à la musique électronique et à Technopol qui en auront bien besoin.

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Camille Miloua ⎮ 26.10.2020