Une rencontre poétique et fleurie avec Janie


Le 16 juillet, lors des Francofolies de la Rochelle, nous avons passé un excellent moment avec l’artiste Janie après son concert sur la scène Rochelle Océan. Elle nous a parlé de ses premières Francos, de son premier albumToujours des fleurs”, des histoires derrière ses chansons, et de la rencontre avec son public.

© Clémence Roger

Salut Janie, comment ça va ? Tu as introduit ton concert en disant que tu avais fait tes premières Francofolies à 13 ans avec ton frère, et que tu es ensuite revenue chaque année tellement cela t’a plu.

Je vais merveilleusement bien ! Exactement, quand j’avais 13/14 ans, mon frère m’a dit “viens, on va aux Francofolies de la Rochelle !”. Je lui ai répondu “mais comment ça on y va?”. Il me dit “vas-y, j’ai une voiture, on y va”. On est partis, on a vu un concert sur une scène gratuite puis on a dormi sur la plage et dans la voiture. J’ai remonté mon Facebook tout à l'heure pour voir si j’avais posté des statuts, et j’avais mis “quelqu’un peut nous héberger à la Rochelle?”. Personne n’avait répondu donc on avait fini par dormir sur

la plage. J’avais vu un super concert où il y avait Ben l’Oncle Soul, Philippe Katerine, Irma et Anaïs. C’était fou, j’étais trop contente donc je suis revenue pratiquement chaque année depuis. C’est la première fois que je suis là en tant qu’artiste. C’est vraiment mon festival préféré et évidemment quand j’ai commencé mon projet, je me suis dit que c’était mon rêve de chanter ici. Je me souviens quand ma bookeuse m’a envoyé un message pour me dire qu’on jouait aux Francos cette année, j’ai hurlé dans la rue ! C’était vraiment LE festival que je voulais faire.


A propos de ton album, pourquoi l’as-tu appelé “Toujours des fleurs” ? Sur scène, tu es d’ailleurs accompagnée d’un vase jaune rempli de fleurs sur ton piano.

Je ne savais pas comment l’appeler. Je pensais que ça allait venir tout naturellement, en fait pas du tout. Donc je me suis dit que j’allais chercher dans les titres de mes chansons. Je relève quelques options puis à un moment donné, à la fin de “Mon idole”, je dis “je déposerai toujours des fleurs”. Ça m'est venu comme une évidence car les fleurs font partie de ma vie, de moi, depuis que je suis toute petite. J’adore ça. Dans tous les clips que j’avais tourné, il y avait des fleurs alors qu’on n’avait pas forcément fait attention. Il y avait plein de petits signes. C’était aussi un hommage à mon papa. Je trouve sublime le symbole de la fleur, du courage, qui part d’une petite graine qui pousse, s’embellit, traverse la terre, la pluie, le soleil… J’achète tout le temps des fleurs, j’en ai toujours chez moi. Quand j’ai commencé à y penser, j’ai vu tous les signes et je me suis donc dit que c’était une évidence.

© Clémence Roger

Tu peux nous parler de ta chanson "Piano Coccinelle" ?

Il y a trois ans, lorsque j’ai eu les moyens de m’acheter mon premier vrai piano acoustique pour mon appartement, je suis allée dans une boutique d’occasion à Paris. Je rentre dans cette boutique où il y avait plein de pianos noir et blanc, très classiques, puis au fond du magasin, je vois un piano bicolore en bois des années 1970 avec un tableau posé dessus, un bouquet de fleurs (encore !) et une lampe. Je me dis donc que ce piano ne sera jamais à vendre, mais le monsieur me dit que si. Je le teste pour voir le son, et lorsque je joue, une petite coccinelle se dépose sur le rabat en plexiglas, en plein Paris. Je suis très attentive aux signes, c’était une date très significative dans mon histoire. Je suis allée boire un lait menthe pour réfléchir dans un bar à côté, j’y suis retournée et je l’ai pris.


A travers tes chansons, on remarque que tu es plutôt nostalgique, tes textes sont très poétiques. Qu’est-ce qui t’inspire ? Tes histoires personnelles, celles de tes proches, des sujets qui te touchent..?

J'écris sur des choses qui me sont arrivées, ou à des gens très proches. Je n'invente jamais rien, et j’ai remarqué, en ayant fini l’album, que ça parlait toujours de choses qui s’étaient passées. D’où la nostalgie, je vais toujours puiser. Je ne suis pas dans le futur. Je pense que c’est aussi très salvateur et thérapeutique. Le fait d’écrire, sortir, faire des chansons, ça aide à aller mieux, à lâcher prise. Chaque chanson a un sujet particulier, il n’y en a pas qui se ressemblent.


Tu es toujours accompagnée de ton piano. Comment as-tu appris à en jouer ? Quand tu composes, tout part de cet instrument ?

J’ai commencé quand j’étais petite. Ma mère m’a inscrite au solfège et aux cours de piano. J’ai arrêté au bout d’un an parce que c’était trop classique. A 14 ans, j’ai pris des cours particuliers avec quelqu’un qui m’apprenait juste à m’accompagner avec les accords américains pour chanter, pendant un an. Puis j’ai tout fait en autodidacte avec ce que j’avais appris, mon oreille, comment j’ai travaillé après, etc. Mes chansons partent toujours d’un piano ou d’un synthé.

© Clémence Roger

Comment as-tu appréhendé le fait de jouer dans d’immenses salles, en première partie de Vianney notamment ?

En fait, c’est moins stressant de jouer devant 5 000 personnes que devant 40. C’est irréel tellement c’est grand. En plus, les gens ne viennent pas te voir personnellement, mais le public de Vianney est tellement fou qu’il n’y a pas eu de problème. Cela n’est pas toujours le cas d’avoir un accueil aussi bienveillant et à l’écoute. Son public est comme ça, il s’attache, il est fidèle, j’ai beaucoup de chance.


Tu es contente des retours du public avec cette tournée des festivals ?

Oui, j’ai sorti mon EPPetite blonde” la veille du confinement, donc je n’avais pas eu l’occasion de rencontrer mon public jusqu’à maintenant. Même si j’avais déjà fait pas mal de scènes avec d’autres projets, le fait de voir les gens chanter mes propres chansons, j’ai vraiment fait “wow” la première fois. C’est fou. Tout à l’heure pendant que j’ai chanté “Mon idole”, j’ai vu cinq personnes en train de pleurer devant, c’est un moment de partage immense. Voir les gens danser, avoir des émotions quelles qu'elles soient, c’est fou. A chaque fois je me demande comment ça se fait, je ne réalise pas que c’est par mon biais, celui de mes musiciens, ce qu’on est en train de jouer, que ça se produit. La scène c’est ce que je préfère au monde.

Pour moi, il y a vraiment deux moments hyper magiques dans mon métier. C’est le moment sacré d’un instant T où une chanson arrive de je ne sais où. C’est un sentiment très pur. Et le sentiment pur de la scène. Ce sont deux moments très éphémères, qui ne durent pas longtemps. Tout le reste du temps tu doutes, tu pleures, tu te remets en question, tu bosses, tu refais… Mais ces deux moments-là, rien que pour ça, ça vaut tout le reste.


Après les festivals, tu envisages une tournée à la rentrée ?

Pas du tout, j’arrête cette tournée à la fin de l’été, puis je me concentre à fond sur le deuxième album. Écriture, studio, je pars m’isoler. J’aimerais bien aller vers le bassin d’Arcachon, c’est un coin que je ne connais pas du tout, je trouve les images de là-bas sublimes, ça a l’air très inspirant !


Merci à Janie pour le temps qu'elle nous a accordé pour cette interview !


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Clémence Roger | 23.07.2022