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Utopia Palmer : la rive droite a son projet de cinéma « art et essai »

Le réseau de cinéma indépendants Utopia affirme son projet d’ouverture d’un cinéma « art et essai » comprenant trois salles (250 places) dans le Château Palmer à Cenon en lançant sa campagne de financement participatif. On a rencontré Nicolas, l’un des programmateurs de l’Utopia Bordeaux, afin de vous en parler.

Une « nouvelle aventure possible »

Comment résumer cet énorme projet porté depuis 2018 (retard-Covid oblige) par l’équipe ?

« Un cinéma alternatif et populaire, nourri de toutes les cultures et accessible à toutes et tous », nous dit la page ulule, « un projet de cinéma alternatif pour toutes et tous à deux pas du Rocher » nous répond Nicolas.


Derrière ce doublement de l’offre cinéma Utopia sur Cenon, il y a un projet ambitieux et important : porter une idée de la salle de cinéma comme lieu vivant, populaire et collectif, en opposition au modèle des grands multiplexes déshumanisés.

Le réseau Utopia est installé à Bordeaux depuis 1999, de la même manière qu’il a investie avec justesse, singularité et respect ce qui était l’église Saint-Siméon, il s’apprête à faire de même avec le charmant Château Palmer situé dans le parc du même nom. Cependant, l’installation se double d’un projet de bâtiment écologiquement raisonné et en cohérence avec la vie du Parc et de la ville en général, dans la mesure où, en répondant à une absence culturelle – un cinéma « art et essai » -, l’Utopia Palmer se souhaite aussi stimulateur des dynamiques locales.


S’intégrer dans une dynamique associative en plein essor

Fruit des collaborations « hors-les-murs » répétées avec le Rocher de Palmer, situé à quelques minutes, l’Utopia Palmer sera un lieu ouvert au passage et à l’échange. Comme nous l’explique Nicolas, le Château est un bâtiment du XVIIIème siècle utilisé depuis 1985 par les associations culturelles de la ville de Cenon, jusque l’année dernière encore. Sa remise aux normes s’accompagne donc d’une volonté de se lier aux activités présentes et futures.


Notre interlocuteur en a bien conscience lorsqu’il parle du projet pour le futur local : « Il y aura un petit bar qui permettra de venir boire un verre ou après les films, et profitez du parc. Il faut savoir que le parc a une très grosse activité. Il y a une aire de jeu à côté, le Rocher de Palmer à côté, des gens qui font leur jogging. C’est traversant, il a plein de chemins qui mènent au parc et il y en a d’autres à venir. Des gens en vélos, des gens qui se promènent, des terrains de tennis à côté, la piste d’athlétisme avec un club actif. C’est un espace de verdure exceptionnel avec la forêt derrière. Ce qu’on veut, c’est s’intégrer dans l’activité du parc, ne pas la bousculer. »

© Utopia Palmer

En résumé, avec la rénovation du Château Palmer, c’est l’intégration d’un lieu non-marchand traversant (jusque dans l’architecture) qui proposera même, à l’image de l’Utopia Saint-Siméon et sa pièce de la cheminée, une salle pour les associations (réunion, marche bio, etc.).


La richesse d’une programmation complémentaire

Côté cinéma, on peut déjà s’imaginer devant des séances en plein air. La programmation est prévue comme complémentaire à celle des salles Place Camille Julian, les horaires des huit salles seront sur la même gazette. Nicolas nous l’a affirmé à plusieurs reprises : « On considère que ce ne sera pas deux lieux différents. Ils vont s’insérer dans le tissu culturel de Cenon et de la rive droite. Comme nous serons sur la même gazette, ce sera 5 + 3 salles »


La richesse de l’offre cinéphilique n’en sortira que vainqueur : les films pourront commencer leur exploitation à Bordeaux pour terminer sur Cenon et vice-versa ; les festivals se tiendront sur les deux sites ; d’autres verront naturellement le jour au Château. On pense aussi à la Villa Valmont de Lormont, la résidence d’écriture située à quelques minutes, ou encore aux nombreux films ne pouvant être à l’affiche, auxquels l’allègement du planning de l’Utopia Saint-Siméon profitera. Bref, si le parc a tout à y gagner, les cinéphiles de Bordeaux ne sont pas en reste.

Le futur espace café du cinéma dessiné par Giuseppe Liotti

Rendre possible un projet de cinéma alternatif

Et finalement, pourquoi passer par le financement participatif pour aider le projet ? Le projet Utopia n’est pas municipal et est porté à ce jour par l’Utopia Bordeaux. À l’écriture de cet article, la moitié des contributions prévues a déjà été récolté (10.000/20.000 €). Le budget total étant estimé à 2,5 millions, le financement servira à montrer le soutien derrière le projet afin d’amener le plus loin possible dans l’achèvement de la phase de conception. C’est aussi l’occasion de montrer l’importance et l’exigence nécessaire à un projet de cinéma alternatif aux valeurs environnementales et sociales fort ; c’est-à-dire, pour reprendre les mots de Nicolas, de permettre un usage du cinéma « comme véritable miroir, un reflet sur notre société. Aller vers les gens pour pouvoir documenter le monde tel qui l’est aujourd’hui. »

Et puis, on va se l’avouer, aller au cinéma via le BatCub pour l’arrêt Lormont, ça a de la gueule.


 

Clément Beuchillot I 16.04.2023

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