Bordeaux Hardcore, once and for all

Mis à jour : 11 oct. 2019

À l’occasion de la soirée hardcore organisée ce 19 octobre au VOID, nous avons rencontré Vincent du webzine bordelais Disturbance et Gurvan, chanteur du groupe Glock 203. Notre point sur l’état de la scène hardcore bordelaise.



Nous retrouvons Vincent et Gurvan dans un café du centre-ville bordelais. La conversation s’engage très rapidement avec ces deux compères passionnés de musiques extrêmes.


Vincent : Je bosse pour le webzine bordelais Disturbance. À l’origine, on l’a créé il y a un an environ pour parler de la musique que l’on aime, c’était très personnel. Pour le moment on est principalement actifs sur facebook, on fait le relai de différents articles et on partage pas mal de sons. Au début on parlait beaucoup de la scène hardcore américaine des années 80, qui a évidemment influencé un peu tout ce qui en a découlé depuis.

Là on organise cet événement musical pour relancer la machine et fêter le premier anniversaire du zine en quelque sorte. On a pas mal d’idées pour élargir notre champ d’action ensuite.

Gurvan : Moi je suis dans le groupe Glock 203 depuis deux ans. Le groupe a été fondé en 2014, et les membres cherchaient un nouveau chanteur en 2017.

Vincent nous a contacté pour jouer lors de cette soirée hardcore au VOID, avec Smash It et Hardmind, que l’on connaît bien. On a tout de suite accepté.


Glock 203 © Pierre Wetzel

Glock 203 © Pierre Martial

Vous jouez souvent à Bordeaux ? Il y a beaucoup de concerts de hardcore organisés dans le coin ?

Vincent : J’ai moi-même organisé plusieurs concerts lorsque je bossais dans l’AIM (Alternative International Movement). Avec Disturbance c’est la première date que l’on organise, mais certainement pas la dernière ! Après y’a pas mal de concerts de hardcore sur Bordeaux ouai, notamment organisés par une autre asso qui s’appelle Under The Knife.

Gurvan : Le hardcore, ça reste une petite scène, à Bordeaux en tout cas, mais il y a pas mal de trucs qui sont organisés. Nous on vient d’ici donc forcément on y joue régulièrement. Mais on a aussi le désir de faire jouer d’autres groupes à Bordeaux, qui viennent d’un peu plus loin. Et puis bien sûr c’est important de ne pas s’enfermer et on essaie au maximum de se produire ailleurs en France, ou même à l’étranger.


Quels sont les hauts lieux du hardcore sur Bordeaux ?

Vincent : Alors évidemment ça se passe en général dans des lieux assez alternatifs, pas forcément dans des grosses salles plus conventionnelles. Bien souvent les dates sont organisées à la Voûte, à l’Antidote ou au VOID, pour ce qui est scène locale. Après il y a parfois des plus gros groupes internationaux qui passent par Bordeaux, et là en général c’est au Krakatoa ou à la Rock School Barbey.

Gurvan : Rien qu’au cours de l’année passée, Sick Of It All et Suicidal Tendencies sont passés au Krakatoa. Avec Glock 203 on a d’ailleurs assuré la première partie de Suicidal Tendencies, c’était un grand moment pour nous. Même si notre style s’en éloigne un peu, c’est quand même un groupe mythique qui a eu (et qui a toujours) une grande influence dans le milieu.

Pour revenir au Krakatoa et à la Rock School Barbey, ce sont en effet des salles qui proposent des musiques plus alternatives et « extrêmes », mais qui ne sont pas non plus spécialisées dans ce style. L’expérience hardcore se vit davantage dans les petites salles dont on parlait, qui sont bien souvent des caves.

Vincent : C’est quand même important de souligner l’importance du VOID à Bordeaux, c’est la seule salle associative avec une bonne capacité sur Bordeaux et qui est en mesure de faire jouer des groupes internationaux, de la scène hardcore mais aussi d’autres scènes très variées. Ils ont fait jouer par exemple Stick To Your Guns ou Terror, qui sont de très grands noms du hardcore.

On critique souvent Bordeaux pour son côté « bourgeois » et ses concerts à 20€ minimum. Au VOID, on peut voir plein de choses différentes pour 10-12€ maximum, ça vaut vraiment le coup.


Glock 203 © Fabien Sourisses

Vous parlez de « l’expérience hardcore », comment la définissez-vous ?

Vincent : Alors justement Bordeaux avait une identité très punk, très skin dans les années 80, en terme de scène alternative en tout cas. Le groupe Camera Silens par exemple, originaire de Bordeaux, a eu une renommée internationale.

Forcément les gens de cette scène ont un peu vieilli depuis et la relève n’a pas particulièrement été assurée en la matière. Mais depuis quelques années on remarque que c’est surtout la scène hardcore qui prend la suite, et ça fait plaisir !

Gurvan : Même si le hardcore est beaucoup influencé par le punk, et c’est même en quelque sorte un héritier direct, il s’en démarque pas mal. Et puis le public du hardcore est différent aussi. Même si les concerts peuvent paraître assez violents, c’est une communauté très respectueuse et qui véhicule très souvent des messages de tolérance et d'entraide. Les concerts c’est un défouloir, la musique est forte et rapide, les voix sont agressives, les spectateurs dansent et sautent dans tous les sens, mais tout le monde passe un bon moment et il n'ya jamais de problème ou d’accident.

Après c’est sûr que c’est une petite communauté, sur Bordeaux en tous cas, donc beaucoup de gens se connaissent. Mais on n’est pas non plus communautaristes et on est toujours contents de voir de nouvelles têtes. Il ne faut vraiment pas hésiter à sortir un peu de sa zone de confort et à venir découvrir ce qu’on fait, on sera ravis de partager tout ça avec vous !


Est-ce que la scène hardcore se sent marginalisée ?

Gurvan : Évidemment, le hardcore c’est une musique extrême et elle vit forcément en marge de tout ce qui va être musique plus conventionnelle ou « mainstream ». Et c’est normal, on ne revendique pas du tout ce côté « industriel ».

Après c’est aussi à nous, membres de la communauté hardcore, d’inciter les gens à découvrir ce que l’on fait et à constater qu’on n’est pas des bêtes de foire. C’est souvent l’image que les gens ont de la scène métal de manière générale. C’est dommage parce que même dans le métal, il y a de très nombreux styles différents, et le hardcore est très loin du hard rock ou du black metal par exemple.

C’est un peu notre boulot de faire comprendre ça aux gens, et cette interview sert aussi à ça. Ce qui peut être intéressant par exemple, ce serait d’organiser des dates avec différents groupes venant de différentes scènes, ce qui permet aux spectateurs de découvrir autre chose. C’est quelque chose qui se fait déjà d’ailleurs.


Glock 203 © Fabien Sourisses

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Vincent : Avec Disturbance on bosse sur un gros dossier sur le Boston Hardcore là, qui devrait bientôt voir le jour. On a plusieurs projets, mais rien de certain encore. Peut être le tirage papier d’un bouquin, dans lequel on aimerait publier ce dossier et un listing des groupes bordelais. Peut être également la création d’une compilation de groupes locaux, c’est à l’étude !

Gurvan :  En ce qui concerne Glock 203, on joue le 19 octobre au Void, pour la soirée en question. C’est un peu un anniversaire pour nous aussi puisque notre EP Hard Times est sorti il y a un an environ. Il nous est arrivé pas mal de choses depuis cet EP, entre la première partie de Suicidal Tendencies au Krakatoa et la victoire du tremplin de la convention de tatouage de Cognac cette année. Du coup ça nous motive à fond et ça a vraiment débloqué quelque chose scéniquement.

Maintenant on joue de plus en plus et on essaie de bouger au maximum. On commence à être bien connu dans la scène hardcore bordelaise donc on essaie de rayonner un peu plus ailleurs, ça ne sert pas à grand-chose de jouer tout le temps au même endroit. On joue à Toulouse le 10 octobre là, et on sort le clip de notre nouveau single « Once and for all » le 17 octobre.



Le clip « Once and for all » de Glock 203 est à découvrir en exclusivité sur IDIOTEQ à partir du 17 octobre, et sera relayé par Feather en suivant !


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> Event ici

Pierre Martial I 07.10.2019