FIFIB 2020 : Films indépendants, cinéma résistant

Petit retour sur les cérémonies d'ouverture et de clôture de la neuvième édition du Festival international du film indépendant de Bordeaux auxquelles nous avons eu la chance d’assister. Certes, nous vous parlons d’un accès au cinéma qui se trouve (à nouveau) malheureusement interdit… Cependant, il est important de mettre en avant les dynamiques culturelles, aussi restreintes soient-elles ces derniers temps, et c’est grâce au FIFIB que nous allons vous faire vivre le septième art de manière déconfinée.

© Irving Herrera

Une ouverture transcendante


Le festival a présenté une programmation hétéroclite et merveilleuse. Du drame social à la comédie, en passant par le thriller, les cinémas partenaires proposaient la diffusion d’une palette très étendue de films, pendant ces quelques jours de festival.


Le festival s'est introduit par la projection d’ADN de la réalisatrice Maiwenn. Mais cette cérémonie a surpassé toutes les attentes. Outre le fait que le film était une véritable vague d’émotions pures, c’est tout le contexte qui l’a introduit qui a fait de cette séance un moment d'une puissance palpable.

En effet, avant de visionner ADN, nous avons eu le droit à différents discours poignants, transmetteur de l’émotion et du travail réalisé pour maintenir le festival, dans le contexte actuel. Les deux co-fondatrices du festival, Pauline Reiffers et Johana Carreire, ainsi que des membres du jury comme l’iconique Lio ont témoigné leur joie d’être présentes et de pouvoir assister à une continuité du cinéma. Les différentes interventions furent des mélanges d’éloges prônant l’amour du cinéma, de remerciements pour tout ceux qui contribuent à faire perdurer et de faire vivre le 7ème art aujourd’hui. Lorsque cette parenthèse se clôt, au même instant, les lumières s’éteignent et laissent place au film.

Nous ressortons plein d’espoir de cette cérémonie après le visionnage d’un chef d’œuvre qui traite avec subtilité de sujets sensibles comme la mort, la famille, les non-dits, les origines sans pour autant plonger le spectateur dans une atmosphère lourde. Au contraire, le spectateur sourit face au jeu d’acteur formidable du brillant casting composé d'acteurs comme Louis Garrel et Fanny Ardan, ainsi que par des répliques cinglantes et bien placées. Un feu d’artifice d’émotions qui annonce un festival hors du commun.


Un clap de fin percutant


Après une semaine de festival, nous sommes à nouveau dans la salle 15 de l’UGC de Bordeaux, pour assister, cette fois-ci, en avant-première, à la comédie de Laurent Lafitte, L’origine du monde. Une fois encore, des prises de paroles, des interventions de la part de membres de jurys et d’organisateurs du festival se succèdent pour nous offrir un retour sur ces quelques jours intenses de cinéma. A cela, s’ajoutent les remises de prix pour les différentes catégories de la programmation. Certains membres des trois jurys sont présents (compétition française, contrebande et internationale) et ont donné vie à leurs délibérations et laissé la parole aux réalisateurs des films primés qui étaient sur place ou par retransmission en direct.

C'est notamment le discours des co-fondatrices du festival qui nous a particulièrement bouleversé. Elles nous ont fait part de leur colère liée aux difficultés auxquelles est confronté le secteur culturel dans cette situation de crise mais nous ont affirmé que le cinéma ne plierai pas.


En effet ce festival aura été un lieu et une forme de résistance quand tout autour de nous semble s’écrouler. Les films, et les créations artistiques en général, sont ce qui permettent au monde de ressentir, d’aimer, de s’inspirer, de lutter contre un contexte oppressant. Bien plus qu’une séance de transmission de sensations et d’émotions, c’était un acte résistant qui a été mis en avant. Pour finir avec une note de légèreté, nous avons visionné ce film complètement loufoque et décalé avec des personnages haut en couleur qu’est L’origine du monde.

C’est une salle remplie d’éclats de rires durant une majeure partie de la projection qui a complété cette séance particulière de cinéma. Sur cette note de légèreté qui fait du bien au moral et à l’esprit, les spectateurs ont petit à petit quitté le cinéma. Les salles se sont vidées mais les spectateurs repartent avec des pensées pleines de rêve.


Continuer de rêver, continuer de regarder des films, continuer de croire en la culture et en son aspect salvateur, ce sont les messages que nous pouvons retenir de cette neuvième édition du FIFIB. Un festival qui a su faire face, qui a su nous faire voyager tout en étant assis, qui a su nous faire résister à l’oppression et à la négativité.



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Marie-Manon Poret ⎮ 01.11.2020