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Rencontre : Le Collectif Pneuma nous parle de sa performance « Saturé »

Dernière mise à jour : 21 avr.

Le Collectif Pneuma a obtenu le Prix du Public Arts Visuels à la Cité Bleue après une performance mémorable de leur spectacle « Saturé ». Sélectionnées aux côtés de cinq autres artistes émergent.es de la région Nouvelle-Aquitaine à l’occasion de la cinquième édition des Prix de l’ICART Bordeaux, elles ont proposé leur interprétation de la Métamorphose, le thème commun à toutes les disciplines du festival cette année.

© Thomas Bazin

Les Prix de l’ICART Bordeaux, organisés par les étudiant.es du MBA ingénierie culturelle et management de l’ICART, met à l’honneur, depuis cinq ans, les arts et la culture. Pour cette édition, qui a eu lieu du 5 mars au 8 mars 2024, le focus s’est fait sur le cinéma, les arts visuels, la danse et la musique. Dans quatre lieux culturels emblématiques de la ville que le public a pu découvrir différentes approches du thème aussi riche que complexe qu’est la Métamorphose.


Nous avons eu la chance de rencontrer celles qui ont conquis le cœur du public lors de la soirée d'exposition « Métamorphosis » à la Cité Bleue. Le Collectif Pneuma c’est une dizaine de jeunes artistes, étudiantes pour la plupart, qui se sont rencontrées de manière fortuite mais qui se sont réunies autour d'un projet commun de création et de performance porté par leur appétence commune pour les arts. Elles racontent.


Tout part d’une idée d'Ana, Elia, Anouk et Ambre. Ana et Esther discutaient à la machine à café de la fac.

« J’ai demandé à Esther si elle aimait peindre, elle m’a répondu que oui, j’ai rajouté « Ça te dirait de peindre sur des corps ? » Et elle a tout de suite accepté, très emballée par le projet. C’est de là que « Saturé » est né ».

« Saturé », c’est une performance au croisement des arts visuels, du cinéma, de la danse, de la musique et du théâtre. Au centre : la peinture sur les corps des performeuses. Derrière Saturé, il y a une volonté de performer, mais aussi de dénoncer. Dénoncer le fléau que représente les réseaux sociaux pour notre génération, à quel point nous en sommes saturés.


Ana, comment décrire au mieux cette performance ?


« L’un des points importants de la performance est sa pluridisciplinarité. Faire se rencontrer tous les arts possibles, ce mélange intéressant entre arts plastiques et arts vivants. On tire beaucoup de nos inspirations de Marina Abramović et Romeo Castellucci par exemple, qui ont fait des choses folles sur scène. Alors on s’est dit, pourquoi ne pas faire coexister plusieurs arts et le faire de la manière la plus adéquate possible en fonction des disciplines que l’on choisit de mettre en avant ? ».


En effet, l’une des caractéristiques phare du spectacle, c’est sa capacité à se métamorphoser. « Saturé » est voué à changer aussi en fonction des collaborations.


Ana, qu'est-ce qui t'intéresse dans la collaboration avec d'autres artistes ?


« Cela permet d’épouser la vision d’autres artistes que nous, qui pratiquent un art différent et différemment. On propose une base qui peut s’adapter aux gens avec qui nous choisissons de collaborer, selon les occasions aussi ».


« Pour répondre aux attentes du Prix Arts Visuels, on a vraiment mis l’accent sur la partie plastique de la performance. »

© Thomas Bazin

Cette année, le thème de la Métamorphose était mis à l’honneur. Qu'est-ce que ça vous inspire et comment cela se matérialise dans votre œuvre ?


« Je pense que la Métamorphose est abordée à travers différents thèmes dans le spectacle. D’abord le corps humain : les performeuses se défont de leurs chaînes progressivement, s’ouvrent au public. Puis, à travers la vidéo, on passe d’extraits d’époque à des extraits issus de la société contemporaine et des réseaux sociaux. » Nous dit Sarah, l’une des peintres.

« D'un point de vue artistique, on part sur une peinture quadrillée sur les corps à une peinture beaucoup plus expressive qui défie les codes. Elle transforme les corps qui ne sont plus humains, mais des œuvres d’art. Une véritable transition s’opère à tous les niveaux sur scène. »

Ana rajoute qu’il s’agit aussi de la métamorphose inévitable de la société depuis l’avènement des réseaux sociaux et des médias de masse. Le fait de recevoir et d’être confrontés à autant d’informations.

« C’est aussi la métamorphose de notre société que l’on essaie de retranscrire à travers plusieurs biais artistiques sur scène ».

Les filles abordent la suite de leur aventure artistique comme un challenge. Elles sont passionnées et souhaitent continuer de faire ce qu’elles aiment. Les Prix de l’ICART sont un vrai tremplin pour elles et le collectif, c’est la cristallisation de leur travail depuis novembre.


Esther, l’une des peintres, nous dit avec un grand sourire « On est super heureuses et fières d’avoir obtenu ce prix. C’est la consécration de notre travail jusqu’ici, c’est très gratifiant de constater qu’il plaît et qu’il touche. On arrive à se projeter encore plus loin ».


Ana rajoute « On adore notre projet, on a aimé le créer et le performer. On est ravies qu’il touche le public d’une manière ou d’une autre. Il y avait réellement cette volonté de transmettre de l’émotion à travers l’art, plutôt que les mots ». Les filles perçoivent la suite de leur aventure comme un véritable challenge et parlent d'une volonté de se dépasser. Le 28 mars dernier, elles se produisaient au Tremplin régional de Théâtre @campulsations.


© Pneuma

Si elles considèrent les Prix comme de belles récompenses et la consécration de leur travail, elles précisent toutefois que le principal pour elles est de continuer à pratiquer un art qui les rend heureuses.

« Le plus important c’est l’aventure que l’on vit et la manière dont on la transmet au public. » finit Sarah.

On souhaite le meilleur au collectif Pneuma pour la suite de leur aventure artistique !


 

Maya Merle | le 20.04.2024


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