KT GORIQUE : un rap-show à découvrir au MaMA

Le MaMA Festival approche ! Cette année, crise sanitaire oblige, concerts et conventions seront réservés aux professionnels de la musique. À cette occasion, Feather a pu interviewer quelques une des pépites de sa programmation.

Aujourd’hui, on vous propose de découvrir (ou redécouvrir) KT Gorique. KT Gorique a 29 ans et 4 albums à son actif. Lyrics intransigeants, rythmique travaillée, son rap est riche, conscient et fait voyager.

© Jen Ries

Pendant le confinement tu as été hyper active, tu as notamment lancé le 1er

biggest female allstars cypher. Comment ça s’est organisé ?


J’ai lancé l’idée du concept sur Instagram et mes abonnés ont tout de suite suivi. Ils ont donc voté pour les rappeuses qu’ils voulaient entendre dans le cypher, puis je les ai contacté et nous nous sommes retrouvées à 19 rappeuses de 9 pays différents. Le projet a vraiment plu au public donc j’ai décidé de continuer et remettre ça avec d’autres artistes. Le deuxième cypher arrive en septembre !


Tu as aussi eu une carrière d’actrice, je pense au film Brooklyn de Pascal Tessaud. Tu y joues une jeune artiste qui se lance dans le rap. Est ce que tu t’es retrouvé dans ce personnage ? Tu penses refaire du cinéma ?


Disons que le fait que le personnage partage la même passion et les mêmes rêves que moi m’ont aidé, parce que je n’avais jamais joué auparavant. C’était une expérience formidable. J’ai d’ailleurs joué dans le film Marie et les Naufragés de Sébastien Betbeder après ça, et bien sûr j’espère pouvoir refaire du cinéma.


Ton dernier album Akwaba vient de sortir. Qu’est ce qu’il a de particulier par rapport aux albums précédents ?


Cet album est l’aboutissement de plusieurs années de recherches non seulement artistiques, mais aussi identitaires et même spirituelles. En effet, j’avais tendance à considérer toutes les choses qui m’inspiraient séparément, mais à partir de mon EP Kunta Kita, j’ai compris que les personnes qui m’écoutaient n’avaient pas forcément besoin de mettre ma musique dans une case pour l’identifier. Bien sûr, il s’agit de rap, mais un rap hybride, qui intègre beaucoup d’influences reggae ou encore des instruments traditionnels africains, le tout dans un son très moderne.



On y trouve des textes en baoulé. Tu peux nous parler de ce choix et du processus créatif qui l’a accompagné ?


Il y a des passages très court en baoulé effectivement, notamment dans le morceau Dieu Merci, mais c’est plutôt léger. J’apporte également des expressions nouchis (argot ivoirien), parce que j’aime partager ça avec les personnes qui écoutent ma musique. J’écris comme j’ai envie de dire les choses et je ne me mets pas de barrière. C’est simplement que parfois le message me vient en français, parfois en nouchi, et aussi un peu en baoulé. Par contre, ce qui caractérise beaucoup mon style d’écriture est le côté franglais. En effet, j’utilise énormément d’anglicisme parce que de la même façon que pour le reste, c’est une langue que j’utilise au quotidien, donc ça me vient également naturellement de l’utiliser dans mes textes.


Quelque chose à ajouter ?


Je vous invite tous à aller écouter mon dernier album AKWABA et à venir nous voir en live parce que sur scène, je propose un show original qui est différent de ce dont on a l’habitude dans le rap. En effet, ma formation scénique est composée d’un DJ mais également d’un batteur, d’un backeur/danseur et de moi qui joue également des instruments via un contrôleur.

Le concert est un voyage vers ailleurs. AKWABA a tous ceux qui viendront visiter !



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Maeva Gourbeyre ⎮ 22.09.2020