L'Interview déambulatoire : Jaïa Rose

Dernière mise à jour : 11 janv.

A 24 ans Jaïa Rose vient de sortir son deuxième EP. Une voix de velours à la Billie Holliday, un style affirmé : elle a déjà tout pour devenir une grande dame du RNB francophone.

Basée à Bordeaux où elle a passé une partie de son adolescence, elle a accepté que nous la suivions le temps d’une d’une soirée.

© Guillaume Ferran

Nous retrouvons Jaïa sur la terrasse du Kokomo café, rue Ravez. De retour depuis juin, c’est à Paris qu’a débuté sa carrière de chanteuse :

« Je suis partie à Paris pour faire une école de danse et j’y ai commencé des cours de chant, puis j’ai rencontré mes premiers producteurs dans la foulée. C’était dans le cadre d’un tournage où j'étais danseuse. »


D’ailleurs Bordeaux entretient un lien fort avec la danse, et les danses urbaines en particulier…

Je faisais des trainings aux Douves quand j’étais plus jeune ! C’est aussi une des raisons de mon retour à Bordeaux, d’ailleurs. Avec ma compagne, on a une association de danse hip-hop, l’objectif à terme serait de créer une école. Pour l’instant on aimerait créer des événements autour de la culture hip-hop.
© Guillaume Ferran

La carrière de Jaïa Rose connaît un démarrage en trombe, cependant la crise sanitaire rend les choses plus compliquées pour les artistes :

« Je devais assurer la première partie de Nemir mais ça a été annulé dû à la crise, j’ai fait la première partie d’Yseult (elle proposait un piano voix très intéressant). Puis des scènes par ci par là… La première que j’ai faite après le confinement c’était pour un festival de court métrage à Trouville, puis ponctuellement j’ai pu faire des showcases, dont la première partie de Luijipeka. Je devais faire celle de Chilla en janvier mais c’est annulé (à cause de la crise sanitaire). »

Une programmation en cohérence avec ses influences :

C’est vraiment Pop et RnB, mes grosses inspirations sont vraiment années 2000 : Beyoncé, Jlo, les Destiny’s child, et plus récemment j’ai été influencée par des personnes comme Jorja Smith ou IAMDDB.

Son premier EP est une véritable invitation dans son monde, que les sujets soient légers ou un peu plus sombres avec notamment 100MG qui traite de santé mentale :

« Le premier EP, je l’ai écrit dans la période où je suis arrivée à Paris, j’étais un peu seule. J’étais en formation et ça a aussi été un peu l’école de la vie dans le sens où je me suis retrouvée confrontée à moi même. Et en même temps, ce n’est pas un isolement dramatique d’où le titre de la chanson, 1000MG, qui rappelle un peu le doliprane. En fait, je voulais parler du fait de grandir et de se remettre en question. »


Dans une ambiance complètement différente, le morceau Veste met en avant l’une de ses passions : la mode.

J’aime trop la mode, j’aime m’habiller depuis petites… Ado, je lisais Vogue et Elle, je regarde des défilés… Même sur scène j’aime faire attention à mes costumes. D’ailleurs je suis dans une house de voguing, c’est un mouvement à l’origine queer basé sur la danse, né dans les années 80 et c’est assez proche de l’univers de la mode.

Qu’en est-il de la sappe à Bordeaux ? Des adresses à recommander ?


« Je n’ai pas encore eu le temps de faire le tour des friperie mais j’ai été à Docks Caviar pour des idées de look pour ma promo. Sinon j’aime bien faire du shopping sur le compte instagram de Cozy-Hestia. Elle est basée aux Capucins ! Il y a aussi des pièces très cool à trouver sur le marché de St Michel et dans les friperies de la rue du Mirail… Bon j’en ai repéré pas mal finalement ! »

© Guillaume Bonnaud

Suite au lancement de sa carrière sur Paris, Jaïa Rose fait le choix de s’installer à Bordeaux. Un choix qui peut paraître étonnant, dans l’imaginaire collectif, la capitale est le lieu privilégié dans la poursuite d’une carrière artistique. Pourtant la scène bordelaise a énormément à offrir :

Déjà il y a une qualité de vie très différente ici, j’ai un plus grand espace pour créer, plus de calme. Je suis à Bordeaux depuis juin et j’ai déjà pu entrer en contact avec des salles ou des artistes locaux. D’ailleurs le studio où je vous emmène tout à l’heure je l’ai connu grâce à un rappeur de la scène bordelaise... Ça vit ici !

Ricky Bishop, membre d’un collectif de rappeurs, beatmaker et musiciens de la scène underground, tient un studio polyvalent et indépendant Rue du Loup. Une cave de pierre calcaire, vaste et chaleureuse. Parfait pour un shooting improvisé !

© Guillaume Ferran

Merci à Jaïa Rose pour son temps !


FacebookInstagramYoutube


 

Maeva Gourbeyre ⎮ 03/01/2022