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Lithium: Le nouvel album indolore de C.Cole et Waxx

À L’occasion de l’édition 2023 du Cabaret Vert: un festival ardennais proposant une palette d'artistes diverses et variées, nous avons l’occasion de poser quelques questions à Waxx et C.Cole. Deux artistes qui ont collaboré pour créer Lithium. Un album de 12 pistes faisant fusionner deux genres distincts: le rap et le rock.

© Coralie Waterlot

Est-ce que vous pouvez commencer par vous présenter:

Waxx: Moi c’est Waxx, je suis musicien.

C.Cole: Moi c’est C.Cole, donc, producteur et Beatmaker


Comment vous vous êtes rencontrés et comment a évolué votre collaboration musicale?

C.Cole: Je suivais ce que faisait Waxx. Et, je sortais d'une école de musique, j’avais fais pas mal de choses en live et en studio et je me suis dis que j’allais le contacter. Et, du coup on a commencé à se voir à l’époque du Comité Des Reprises . Mais, notre vraie rencontre musicale c’était en composant et en réalisant l’album ensemble.


Est-ce que vous pouvez me parler de la dimension « média » que vous avez réussi à développer avec Fanzine, votre émission Youtube que vous avez commencée en 2019?

Waxx: On s’est dit qu’on aimerait faire un média où on parle 100% de musique, sans faire réagir sur des polémiques. Sans passer par d’autres choses que de la définition de ce qu’est l’artiste à travers SA musique. Ça nous permet de jouer avec les artistes et tout le monde est gagnant. L’envie est partie de là, et l’idée a plutôt marché, et il y a 4 saisons maintenant.

Quelle est votre philosophie de la musique?

C.Cole : La musique est très large, surtout pour notre activité, vu qu’on a un esprit un peu médiatique. Ça passe par l’image, les réseaux, tout ce qu’on fait en studio... Mais, si je réfléchis, la dimension de la rencontre revient énormément: ne pas rester chacun dans son coin. On aime être nourris des artistes qui nous entourent. On se retrouve dans des zones qu’on ne maîtrise pas forcément. On échange, on prend des risques. C’est ce qu’on fait avec Fanzine. Ou alors Lithium, l’album qu’on va jouer sur scène, où on voulait retrouver une nouvelle sonorité entre le rock et hip-hop/rap.


D'où vous est venue l’idée de Lithium? Pouvez-vous nous en dire plus?

Waxx: L’idée: c’est un peu une continuité de Fanzine, beaucoup de gens de la pop, du rap… C’est mélanger des styles musicaux. Pour nous il y a une vraie question d'énergie , et un vrai parallélisme entre l’énergie du rap et celle du rock qui se rejoignent sur certains points. Qu'est-ce qu'on a voulu avec ce projet? Faire un album indolore, nous prouver qu’on peut autant faire du rap que du rock.


Serait-ce donner de la visibilité à ce sous-genre en France?

C.Cole: Peut être que je me trompes, mais on n'avait même pas forcément l'idée de faire un sous-genre ou un genre. C’est juste notre sauce, notre cocktail explosif et, au final on se débarrasse des étiquettes. On fait notre album comme on aimerait l’écouter. On veut juste faire de la musique, peu importe les styles.


Au niveau des valeurs défendues, le rap et le rock se rejoignent, c’est faire entendre la douleur des exclus. Donc avant tout est-ce que c’est un symbole idéologique que vous voulez mettre en avant au-delà du symbole musical?

Waxx: Nous, on a une volonté, c’est de comprendre que la musique c’est une vibration qui appartient à tout le monde. On l’utilise comme moyen de casser toutes les frontières. Et, finalement, on fait juste de la musique et les gens viennent nous dire « Waw! C’est fou! J’écoutais pas de rap et j’avais plein d’aprioris. Et , finalement, j’adore ! ».

D’un point de vue purement visuel, comment faites-vous pour allier ces deux styles?

C.Cole: On voulait garder cet aspect Grunge. La pochette de l’album, par exemple, est un vrai clin d'œil aux publicités des années 50. On aime bien aussi, jouer avec la pop culture, comme avec les décors de Fanzine . Et, pour les clips, on a travaillé avec Julius, le réalisateur de Fanzines, qui a vraiment cette dimension, rap, rock et punk.Pareil pour Coralie Waterloo, la réalisatrice de notre documentaire . Donc, c'est avec les gens qu’on a croisé au fil du temps qu’on a pu faire un projet ou toute l’équipe pouvait s'y retrouver.


Comment les artistes ont réussi à s’acclimater au projet?

Waxx: Moi, je viens de la génération juste avant celle-ci. Celle où t’écoutait du rap, soit t’écoutais du rock. Il y avait une grosse scission entre les deux. Et aujourd’hui, cette génération s'adapte à tout très facilement. Donc il n'y a eu aucun gros effort à faire pour les artistes. Et, moi je trouve ça formidable. Tu mets quelqu’un qui chante du rock sur un prod de rap, et ça tue, et inversement…

C.Cole :Et, si des artistes, comme A2H, Youv Dee ou Sopico ont accepté de jouer le jeu à fond, c’est qu' ils avaient cet ADN de mélanges des styles dans leur propres projets. Mais, par exemple, Le Juiice qui n’a rien à voir avec cette variété de musique, a matché directement avec nous.


Comment vivez-vous ce processus créatif avec les artistes? Ce travail d’acclimatation, d’adaptation?

Waxx: Je pense qu’on est sorti de notre zone de confort. Même si, en réalité, c'était plus la nôtre que celle de n’importe qui. Et les artistes sont rentrés dans notre univers. Et, ils ont une malléabilité tellement forte que c’était juste du kiffe.


Question débat: les deux styles connaissent une dimension mainstream (rap commercial d’un côté/ pop rock de l’autre), certains pensent que leur surmédiatisation efface les valeurs qui étaient défendues à la base. Qu’en pensez vous?

C.Cole: Selon moi, certains artistes vont vouloir défendre des choses en particulier, d’autres vont plus se tourner vers le divertissement. Je ne sais pas si l’un est au dessus de l’autre, parce que je crois pas qu’il y ait quelque chose dans la musique qui desserve la cause. Personne n'est là pour prendre la place des autres. Avec l’arrivée du streaming, on a un peu le moyen de tout écouter. Peut être qu’un artistes de rap très mainstream qui véhicule pas d’idée en particulier, va attirer un public qui va vouloir s’enfoncer dans les méandres du genres et découvrir d’autres artistes.


Waxx: Moi je pense qu’il ne faut pas que définir un artiste de par ce qu’il dit mais de par ce qu’il fait. Par exemple, Jul ne fait pas de politique; mais quand il fait « Bande Organisée » où il brasse toutes les ethnies possibles qu’on a en France et qu'il les réunit dans un même projet, et bah c’est politique. Beyoncé n’a pas besoin de parler outre mesure des sujets qu’elle défend. Le fait qu’elle soit là où elle en est, c’est déjà quelque chose de puissant. Ces gens-là sont des artistes qui font de la politique sans avoir à en dire.

Avez-vous des anecdotes avec des artistes ?

Waxx: Luv Reseval est venu en studio sans vraiment savoir quel projet on voulait faire et comment on voulait le faire. La folie de cette rencontre là, c’est qu’on ne s’était jamais rencontrés avant. Il a écouté les morceaux, et il a adoré notre travail.

Il s’est vraiment mis dans son coin et il a quasiment posé en une fois.


C.Cole: Il l’a fait en one shot, et c’est ce qui a créé “Fucked up”. Dans le morceau il y’a vraiment un moment où on se demande comment il respire. Sa spontanéité incarnait tellement l’aspect grunge du morceau. Il a une force dans le rap qui est phénoménale, ça a featé de manière parfaite. Un peu comme Le Juiice, qui a trouvé le refrain “c’est du rock c’est pas de la pop”

au dernier moment alors qu’elle avait son taxi qui l’attendait. Elle s’est dit « vas- y, je trouve quelque chose et on le retravaillera ». On retrouve de la spontanéité dans tout l’album, c’est une question d’énergie, si on sur-réfléchie le truc on perd de la vitalité.


Des projets à venir?

Waxx: Je sors mon album l’année prochaine, donc on travaille dessus avec C.Cole. Il sortira normalement le 1er trimestre 2024.


Un message pour ceux qui nous écoutent et qui voudraient s’essayer au genre de la fusion nucléaire ?

C.Cole: Dans ma construction artistique en tant que compositeur, je trouve super important d’écouter notre petite flamme artistique, malgré les codes et tout ce qu’on entend . De s’écouter énormément plutôt que d’imiter, ce qui est très dur parce qu'au début tu es obligé d’imiter, pour te trouver, te placer. Mais c’est aussi pouvoir déconstruire tout ça pour trouver sa flemme et s’écouter quand on veut faire les choses.

Waxx: Moi je dirais surtout: faites de la musique avec des gens différents, de vous, de ce que vous écoutez, de ce que vous faites. Moi, en tout cas, toute la richesse de mon parcours est uniquement due aux autres. Ce qu’il faut c’est ne pas avoir peur de rencontrer des gens et essayer pleins de choses !


 

Rozas Stessy I 23.08.2023

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