Lorraine Sorlet : l’illustratrice solaire qui vous fera aimer l’amour

A seulement 27 ans et avec plus 444 000 abonnés sur Instagram, la brillante Lorraine Sorlet fait partie des illustratrices françaises les plus suivies et aimées du moment. Ses dessins doivent vous être familiers. Elle forme un duo talentueux avec sa sœur jumelle Agathe Sorlet. Toutes deux formées à l’école des Gobelins à Paris, elles proposent des illustrations douces et sucrées que l’on peut notamment retrouver dans leurs recueils d’illustrations respectifs : Une histoire d’Amour et les Amours chez les éditions Robert Laffont.

A travers ses dessins minimalistes, Lorraine propose ses nombreuses représentations de l’intimité. Une intimité libérée et assumée correspondant à nos nouvelles générations dont elle fait assurément partie. Avec simplicité et romantisme, elle narre des histoires auxquelles nous pouvons tous nous identifier. Les sentiments sont tournés, retournés à travers la petite fenêtre qu’elle nous crée sur des moments de douceur.

© Lorraine Sorlet
Le premier souvenir que j’ai du dessin est que j’ai commencé avec les BD françaises comme Titeuf. Je recopiais plein de Titeuf dans la cour de récréation en primaire. C’est là que je me suis rendue compte du pouvoir du dessin.

Bonjour Lorraine, nous sommes ravis de pouvoir t’interviewer aujourd’hui. Qui es-tu, comment te décrirais-tu ?

Bonjour ! Je dis souvent que je suis une illustratrice, mais je travaille surtout pour moi donc je suis avant tout une dessinatrice. Je fais aussi des couvertures de livres, des illustrations d’articles comme pour le New York Times par exemple. Généralement sur les thèmes du développement personnel ou sur l’amour. Je touche aussi un peu à la pub, récemment pour le beurre St Hubert (rires). L’idée était de faire une typologie de câlins différents avec le slogan « Près du cœur des Français », c’était super sympa. On appelle ça des collaborations et généralement on m’appelle pour ce que mon image renvoie sur les réseaux.

Avant toute chose, comment es-tu arrivée au dessin ? Était-ce une évidence ?

Le premier souvenir que j’ai du dessin est que j’ai commencé avec les BD françaises comme Titeuf. Je recopiais plein de Titeuf dans la cour de récréation en primaire. C’est là que je me suis rendue compte du pouvoir du dessin, les gens s'intéressaient à moi et me disaient « Tu sais dessiner Titeuf c’est un truc de ouf ! » (rires). C’est super bien pour s’aimer et pour se faire aimer. C’est mon meilleur moyen d’expression, de montrer qui je suis et surtout de me sentir bien.

© Lorraine Sorlet
Le fait de transmettre une idée de façon très directe avec peu de couleurs et de traits, pour que les gens captent d’un regard l’essence du dessin, c’est ce qui m’intéresse avant tout.

Pourquoi avoir choisi de dessiner les femmes à travers l’amour de soi et des autres ?

Je dessine surtout l’amour partagé, même si certains dessins parlent de l’amour de soi. Bon, tu me poses la question piège (rires). C’est venu très naturellement, depuis toute petite j’adore les histoires d’amour ça me fascine. Je suis Docteur Love pour mes copines (rires). Ça m’intéresse parce que c’est partout, c’est la source de tout. La vie c’est l’amour, on est là aussi grâce à ça. En plus, ça donne de l’espoir. Parce qu’il ne faut pas croire que ma vie amoureuse est géniale (rires), j’ai eu pas mal de déboires amoureux, pourtant je dessine toujours d’un angle positif. C’est clairement thérapeutique et vital pour moi. J’espère que cela aide aussi les autres.

Ton style est très minimaliste, pourquoi l’avoir choisi pour représenter un sentiment si fort et universel ?

Je pense que c’est dû à mes influences comme j’étais beaucoup dans la BD puis dans les mangas à l’adolescence. La ligne noire est présente dans tous mes dessins et vient de ça. Le côté minimaliste provient de mes études de graphisme, il faut que ce soit clair et percutant en un seul regard. Le fait de transmettre une idée de façon très directe avec peu de couleurs et de traits, pour que les gens captent d’un regard l’essence du dessin, c’est ce qui m’intéresse avant tout.

© Lorraine Sorlet
Dans l’amour il y a la sexualité, pour moi ça va ensemble, c’est tout aussi pure de s’aimer physiquement que psychiquement. Les corps qui s’assemblent par amour, je trouve ça si beau.

Les corps que tu dessines vivent des moments intimes, évoquant une sexualité libérée. Comment fais-tu pour suggérer l’érotisme ?


Ça fait partie de mon caractère, je suis une romantique (rires). Dans l’amour il y a la sexualité, pour moi ça va ensemble, c’est tout aussi pure de s’aimer physiquement que psychiquement. Les corps qui s’assemblent par amour, je trouve ça si beau. J’essaie de l’exprimer de façon délicate pour qu’il n’y ait pas de connotation sexuelle mais plus sensuelle. J’essaie de cacher les parties intimes, de jouer sur les lumières, les matières comme celle des draps par exemple pour simplement suggérer.

Dessines-tu cette thématique pour pousser les gens qui te suivent à s'aimer, à s'assumer ? Souhaites-tu faire disparaître les tabous sur la représentation du corps ?

Non, mon travail n’est pas du tout militant ou politique. Ça part vraiment de moi, ensuite j’essaie de réfléchir au-delà, mais l’objectif premier c’est de me faire du bien. S’il y a un écho chez les autres, ce n’est que mieux ! Mais je n’ai pas la prétention de dire que mon travail va aider les gens à se libérer (rires). J’aime le partage mais il n’y a pas d’intention politique derrière.

© Lorraine Sorlet
Je suis et j’ai toujours été solaire et joyeuse. Lorsque ça ne va pas, je dessine des choses positives car c’est thérapeutique.

Ton travail est parsemé de bulles de joie, d’espoirs et de couleurs. Qu’est ce qui d’après toi fait ta grande positivité ?

Je suis et j’ai toujours été solaire et joyeuse. Lorsque ça ne va pas, je dessine des choses positives car c’est thérapeutique. Je pense que c’est un exercice, il faut se forcer à trouver des idées mignonnes, positives et c’est cool pour le moral (rires). Ce n’est pas simple d’essayer d’être heureux, il faut se battre et faire des choses pour y parvenir.