Rap bordelais : l’union fait la force avec le WL Crew

Dernière mise à jour : 19 juin 2020

Le rap bordelais a dévoilé un nouveau cru, et c’est signé WL Crew et Velvet Coliseum. Différents univers et différentes personnalités s’allient pour former l’EP Rouge Bordeaux. Un savant mélange « home made », élaboré par le WL Crew. Ils ont choisi de tout faire eux-mêmes, et les galères quotidiennes ne les arrêtent pas. On a discuté avec Téo, Flam et Yanné du WL Crew.

© Velvet Coliseum

Pouvez-vous présenter votre crew ?

Tous: Il y a cinq rappeurs, un beatmaker et un backeur. Flam est le beatmaker, ingénieur son, il fait les mix mais pas les masterings. Téo est backeur et fait aussi tout ce qui est communication, clips avec Yanné, visuels, graphisme... Tout ce qui ne s’entend pas. Les cinq rappeurs sont Isaac, Perch, Yanné, Masanari et Jo.


Qu’est-ce qui vous a unis ?

Flam : On était déjà unis avant de faire de la musique, on s’est tous connus avant.On était potes à la base. Téo et moi on se connait depuis la petite section, ça fait 22 ans maintenant. On se connaît tous depuis entre 10 et 20 ans.

Tous : Le nom WL Crew existe depuis 2011, mais tel qu’il est actuellement, le crew existe depuis 2018. A la base, WL Crew c’est deux personnes : Jo, qui rappe, a dit à Flam « viens, on fait un groupe » et il a dit ok.

Ensuite, sans qu’on se le dise, des membres (des potes) s’ajoutaient au groupe. On n’a pas fait de réunions pour décider, ça s’est fait naturellement. On s’entendait bien musicalement et on avait envie de travailler ensemble. A sept on s’est quand même dit qu’on allait fermer les recrutements parce que ça fait déjà beaucoup. Mais on a pile le nombre qu’il faut. On faisait du son dans notre coin, chacun faisait des petits projets un peu en solo, ou des fois des sons avec un autre membre du groupe mais ça s’arrêtait là. Et puis il y a deux ans, on s’est dit bon ok, qu’est-ce qu’on peut faire de sérieux ? Et on a choisi de faire un travail un peu plus approfondi sur notre musique et de faire un truc plus régulier et sérieux, tous ensemble.

Pourquoi WL Crew ?

Tous : On ne le dit pas, c’est notre petit secret. La signification, à la base, c’est quelque chose qu’on a trouvé au collège et on n’est plus à l’aise avec ça. Mais on aimait bien le nom, donc on l’a gardé. Pour l’instant, on ne voit pas qui pourrait vendre la mèche. A part si un jour on devient super connus, que Sept à huit fait un truc sur nous et qu’ils commencent à interroger les grands-mères...


Depuis quand vous rappez (pour les 5 rappeurs) ?

Tous : Entre sept et quinze ans pour tout le monde. Dix ans en moyenne.

Quelles sont vos inspirations ?

Tous : Ça va de Joe Hisaishi à Travis Scott, en passant par Mobb Deep, Bob Marley et Alain Bashung.

Est-ce que vous vous reconnaissez dans l’univers de certains autres artistes ?

Tous : Les rappeurs de base, 50 Cent, Tupac, IAM, Lunatic... On en oublie sûrement mais ce sont des grands noms, rien de très surprenant.

© Velvet Coliseum

En quoi c’est une force d’être un collectif ?

Tous : C’est bien, parce qu’on peut être très sélectifs sur ce qu’on propose. Comme on a plein d’influences et d’univers différents, quand on tombe tous d’accord alors qu’on a des goûts différents on se dit que c’est pas mal. On est plus ouverts à d’autres choses aussi, vu que chacun va donner ses idées et les autres vont se les approprier, ou pas, à chaque fois selon les morceaux.

Il y a toujours une espèce de partage des idées, des influences, et ça amène chacun des membres à pousser un peu plus loin que ce qu’il allait faire à la base. Et puis, ça apporte aussi la formule complète en termes de création musicale. On n’a pas besoin d’une intervention extérieure quelconque pour créer. On fait tout maison. On est vraiment indépendants pour ça. La force aussi c’est sur scène, ça prend tout son sens, on occupe l’espace et c’est dynamique.

Vous avez fait quelles salles de concert ?

Tous : A peu près toutes les salles à Bordeaux. Le Krakatoa, la Rock School , le Rocher de Palmer, l’Iboat...

Vous faites quoi à part la musique ? Vous avez des jobs à côté ?

Tous : Certains sont à 100% dedans et d’autres travaillent à côté dans des boulots alimentaires, mais on articule toute notre vie, professionnelle jusqu’à personnelle, autour de la musique. Par exemple, quand on cherche un job, on fait en sorte d’en trouver un qui ne va pas nous occuper le week-end et le soir pour les concerts, les répétitions, les sessions studio...