Relâche : les dix ans d’un festival incontournable et libre

Mis à jour : 10 juil. 2019

Le festival Relâche fête cette année ses 10 ans de pérennité et d’apport de multiformité à la vie culturelle bordelaise. L’association Allez les filles a su créer un événement présent sur cinq mois dont la programmation se veut chaque fois, unique et diversifiée. A l’occasion de l’anniversaire du festival, Feather a rencontré Francis, le directeur de la programmation qui revient sur la création de l’évènement et sur son évolution ainsi que son impact conséquent.

« J’ai eu l’idée de Relâche pendant l’hiver 2008-2009 et au début on y a été doucement parce qu’on avait pas beaucoup d’argent. On marchait un peu à l’aveugle puisque l’année durant laquelle le festival a commencé c’est à dire au printemps-été 2010 il n’y avait quasiment rien à Bordeaux à la période qu’on voulait occuper. La plupart des acteurs culturels ont le même rythme de vacances que les instituteurs donc en règle général ils ne font rien l’été. Les seuls évènements en été à Bordeaux étaient jusqu’à la mi juillet. D’ailleurs Relâche n’a pas l’unité de temps nécessaire pour être définit comme festival vis-à-vis du gouvernement puisqu’on propose des événements en continu de juin à octobre. Donc au début on avait très peu de moyen, on a toujours très peu de moyen d’ailleurs par rapport à la quantité de travail qu’on fournit. Le festival a évolué notamment avec l’addition des Dancing in the Street. On s’est rendu compte qu'à cause de l’interdiction des cigarettes dans les bars, certaines personnes arrêtaient de venir. Donc on a voulu faire danser les gens dehors.

Cette année il y a des nouveautés aussi. J’ai essayé de programmer un peu plus de reggae et de musiques africaines. J’ai aussi essayé de repartir sur la durée les groupes latino qu’on avait déjà programmé l’année dernière. Assez peu de choses ont changées finalement. La seule chose qu’on a modifié de plus c’est que la soirée d’ouverture et de fermeture qui aura lieu au Square Dom Bedos sera en petit payant (de 2,50 à 10 euros) sauf pour les adhérents de l’association pour qui ce sera gratuit. On fait ça pour inciter les gens à adhérer et pour qu’ils sachent que le festival ne tient que grâce à une armée de bénévoles. Je trouve aussi que le poids des mots est dévalorisé aujourd’hui. Les gens vont dire qu’ils adorent Relâche, l’association Allez les filles ou un groupe qui passe au festival et on les voit au concert une bière industrielle la main. Alors que pour nous,

la buvette est une source de moyen conséquente qui nous aide à payer les groupes qu’on programme. Parce que contrairement à ce que les gens peuvent penser, on les rémunère tous.

Ces groupes viennent du monde entier et on essaie de prendre le contre pied de la mode dans nos choix. J’appartiens à une génération qui, pour se cultiver était obligée d’acheter. Alors on faisait beaucoup attention à la musique qu’on écoutait. Aujourd’hui les gens n’achètent plus de musique, c’est facile d’aimer quand tu n’achètes pas ! Je me suis habitué à chercher des artistes qui faisaient de la musique que je pouvais aimer pendant longtemps. Une forme de développement durable dans la musique. Ça me fait penser à un groupe des années 90 qui a sorti une chanson qui s’appelle « Célébrons le vide ». Je trouve que cette chanson correspond bien à notre époque dans laquelle on célèbre beaucoup le vide des choses.

Relâche est différent parce qu’on ne dit pas forcément qu’on est atypique, qu’on fait de la musique métisse ou rock mais finalement on est plus atypique, plus métissé et plus rock que ceux qui prétendent l’être. Et ça les gens le savent même si le festival se créé un nouveau public chaque année. Bien souvent les concerts sont en plein air et gratuits ou peu chers donc quelqu’un qui n’avait pas l’intention de venir à Relâche, qui traverse la place Saint Michel et qui entend quelque chose qui lui plaît va s’arrêter quelques instants et découvrir quelque chose. On essaie d’introduire des groupes de scène qui ne font pas forcément des disques extraordinaires mais pour qui la scène est leur élément. On veut de la musique qui swing et qui groove. La raison pour laquelle la programmation est de plus en plus éclectique est surtout le nombre d’agents artistiques qui s’est décuplés. De plus en plus d’agents nous proposent des groupe et nous permettent d’avoir accès à une grande diversité musicale. »

Vous l’aurez compris, Relâche c’est un festival qui va enchanter vos oreilles de part ses propositions musicales issus du monde entier et dont vous pourrez profiter de juin à octobre dans toute la métropole bordelaise. L’authenticité du festival et sa capacité à créer une nouvelle place à la musique, en été, à Bordeaux. Ce qui fait de Relâche un événement essentiel et attendu. L’association Allez les filles ne vous laissera pas vous ennuyer et vous promet pour cette 10ème édition des concerts endiablés, une ambiance douce sous le soleil et des souvenirs à en perdre la tête ! À venir retrouvez les groupes Shellac et The Messthetics venus tout droit des Etats-Unis ainsi que le groupe français Décibelles le 3 juin au BT 59, une salle de concert incontournable dans le Bordelais située à Bègles.

Alors, qu’attendez-vous ? Relâchez-vous !


INFOS PRATIQUES :

On remercie Francis pour ses mots qui nous motivent à venir.

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Billetterie / Réservation

Louise Naudot | 30.05.2019