Samuel Vincent, le chef d'orchestre du Stéréoparc

Le Stereoparc se déroulait le 3 et 4 août dernier à Rochefort. Pour sa première édition, le petit nouveau des événements électro made in France, nous faisait frémir avec une programmation de qualité digne des plus grands: Steve Angelo, Popof, Nervo, Bon Entendeur ... Curieux que nous sommes, nous avons voulu poser quelques questions à son directeur mais aussi programmateur : Samuel Vincent.



Bonjour Samuel, cette année c'est la première édition du Stereoparc qui s'installe à la Corderie Royale. Auparavant, il y avait eu trois éditions du Summer Sound, la création du Stereoparc vient t'elle d'un devoir de remplacement ou d'une volonté indépendante? 

Concrètement, cela est venu du maire de Rochefort qui a fait appel à nous car le Summer Sound avait décidé de faire une pause après trois ans et beaucoup d'investissements. Le maire souhaitait absolument un événement cette année et il nous a proposé de faire un festival électro. De notre côté, avec Cognac Blues Passion, nous voulions faire un événement électro depuis bien longtemps mais nous ne savions pas trop où nous poser. Du coup, en mars dernier, nous avons décidé de relever le défi de créer notre festival de musiques électroniques : le Stereoparc.



Vous êtes le directeur et fondateur du FreeMusic, est-ce que pour vous le Stereoparc est le petit frère du Free ou bien ce sont deux projets totalement différents?

Esthétiquement, nous travaillons les choses de manières différentes. Je trouve ça très important d'avoir un festival avec une identité propre. Concrètement, ceux sont les mêmes process que nous retrouvons au Free et au Stereoparc. Nous travaillons avec les mêmes réseaux, la même équipe technique. La scène, c'est exactement la même que celle du Free.

Cependant, je ne peux pas dire que cet événement est le petit frère du FreeMusic. Moi, je rêve d'une identité "Stereoparc". C'est à dire que quand tu arrives ici, tu n'es pas ailleurs, tu n'es pas au Garorock, pas à Rock en Seine. Le lieu est totalement différent et je trouve que c'est ça qui est le plus important. Je ne vois pas monter un festival sur un terrain de foot. J'ai besoin d'une histoire derrière, d'un minimum de patrimoine pour faire rêver les gens. 



Le spot du festival: la Corderie Royale est assez décalée de l'image d'un festival Electro, est-ce volontaire?

Personnellement, j'ai vu Birdy Nam Nam au Grand Palais à Paris. C'est ça que je trouve superbe. Ce côté décalé, la confrontation de l'histoire. Il faut savoir que la musique est aussi un patrimoine comme l'architecture et l'identité d'un festival se construit aussi grâce à ce décalage. Donc oui, c'est un peu volontaire.


Comment avez-vous choisi les artistes qui ont joué sur le festival, c'est un choix personnel ?

Totalement, c'est un choix personnel. J'échange beaucoup avec mon équipe pour trancher sur cela mais à la base, ce sont des noms de j'ai en tête. Après, concernant ce festival, il fallait prendre la place du Summer Sound et de sa programmation électro. Cependant, j'ai un peu éclaté les styles. Par exemple, Fakear, cela a un côté un peu plus ambiant, LostFrequencies a un côté plus radiophonique, Steve Angelo et Nervo, de l'EDM pure et j'ai rajouté un peu de crème de la techno: Popof par exemple. C'est un pari d'avoir voulu mixer ces différents styles car ils attirent tous un public différent mais justement, l'idée était de capter toutes ces personnes pour donner plus d'envergure au festival. On a pas encore le recul pour savoir si cela va marcher mais en tout cas, on a un excellent retour sur la programmation.

Aussi, quand je créais ma programmation, je pense à l'ordre de passage. Par exemple, tu peux pas mettre un Fakear à 2h du matin après un show énervé de Steve Angelo. Cela n'a pas de sens. Cela semble logique mais quand tu fais ce boulot, il faut penser à le faire. C'est un truc à te ruiner l'ambiance d'une soirée. 



Quelle serait votre programmation rêvée pour le Stereoparc?

Un petit live de Chemical Brothers, Massive Attack en début de soirée. Ou bien The Prodigy. Peut être une programmation avec un peu plus de live en début de soirée puis des grands noms de la musique électronique après. 


Pour vous, le Stereoparc c'est quoi?

C'est l'idée de trouver une histoire. Ce que j'adore quand je commence un projet c'est de chercher à trouver une identité à mon festival. Stereoparc c'est l'envie de voir grandir un événement et que l'on en parle dans quelques années comme on parle du Hellfest, de TomorrowLand. Il y a énormément de choses à faire ici et c'est ce que j'aime. Il y a beaucoup de potentiel.



Il y a t'il des festivals que vous prenez en exemple en terme d'organisation? De plus, il y a t'il des festivals qui vous influencent? 

Oui, il y en a beaucoup. Pour moi ceux qui vendent toutes leurs places avant d'avoir annoncé la programmation, c'est un exemple: le Hellfest, le Paléo Festival ... Je trouve ça dingue, cela m'inspire. En 2011, le Hellfest a faillit mettre la clef sous la porte et aujourd'hui, c'est un des plus grands festivals de France. L'organisation est dingue au niveau marketing!

Après, il y a aussi de petits festivals que j'aime beaucoup. Le fait qu'ils travaillent un lieu avec une petite association, l'accueil y est souvent dingue. Je pense à Vie Sauvage par exemple.


Beaucoup de festivals anciens ou émergents mettent la clef sur la porte à cause du coût de la sécurité mais aussi à causes des cachets de plus en plus gros concernant les artistes, vous pensez quoi de cela?

C'est très compliqué en effet. Ils deviennent fous concernant les cachets. Surtout l’international, c'est du pure délire. 

Du coup, tu dois augmenter le prix de ton billet mais tu as un risque de perdre ton public. 

Pour la sécurité, depuis les attentats, cela a un fort coût aussi et tu dois absolument te mettre aux normes. 



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Nicolas Jolfre I 09/08/2018

© Emma Seintouil