A la rencontre d’Emeric Gallego

Pour la onzième édition du Nikon Film Festival, Feather est allé à la rencontre d’un des talentueux réalisateurs dont le court-métrage a été sélectionné. Emeric Gallego, jeune réalisateur mais également photographe, nous propose un court-métrage de deux minutes qui traite avec subtilité et justesse la violence au sein du domicile perçue à travers le regard des enfants. Deux minutes c’est le temps qu’il faut pour saisir l’impact et être bouleversé par les images proposées par le jeune cinéaste.

Pouvez-vous revenir sur vos débuts artistiques? Quand avez-vous commencé à vous intéresser au cinéma? Quel a été votre parcours?


Depuis toujours je me suis refugié dans l’art : les films, les jeux vidéos, la musique. D’ailleurs, je pense que mon envie de faire du cinéma a pas mal été influencé quand j’étais gamin par le nombre incalculable de cassette vidéos qui se trouvait dans l’appartement. J’ai pu m’intéresser du coup à tout ce qui s’y trouvait avec une énorme curiosité. Un rien attirait mon attention. Pourtant, je n’avais jamais osé franchir le pas si ce n’est par l’écriture. Au début, c’était des petites vidéos, des photos de concert avec des amie.s, des montages stupides. Je m’éclatais, c’était le principal et ça aide franchement à sortir de la réalité.

Après avoir obtenu mon Bac, j’ai fait un stage à Noisy le Grand et je me suis retrouvé embarqué sur un tournage. Par la suite, j’ai enchaîné l’apprentissage. Encore et toujours, en particulier la photo. J’ai fait une Licence de cinéma à la fac.

Mon premier court-métrage date de 2016, une très mauvaise année et je n’ai finalement décidé de consacrer ma vie à l’art que trois ans plus tard. J’étais perdu, je le suis peut-être encore mais maintenant je me connais mieux. Aujourd’hui, je suis auto-entrepreneur en tant que cadreur, réalisateur et photographe et je suis aussi un des membres fondateurs de Punica, une association audiovisuelle. Je ne cesse jamais d’apprendre.

J’essaie toujours de définir mon propre style en m’inspirant de mes idoles. J’adorerais pouvoir faire des films comme ceux de David Cronenberg dont je suis un fan absolu.

Quelles sont vos inspirations cinématographiques?


C’est assez divers et varié, j’aime beaucoup le style de Terrence Mallick, Lars Von Trier et de plein de cinéastes. J’essaie toujours de définir mon propre style en m’inspirant de mes idoles. J’adorerais pouvoir faire des films comme ceux de David Cronenberg dont je suis un fan absolu. Oui, je sais, c’est très particulier comme réponse lorsque l’on voit Je suis devant la Télé. Pour ce film, l’inspiration viendrait peut-être un peu de Michael Haneke, mais c’était surtout une vraie envie de pousser un coup de gueule. C’est un peu dur de répondre.

J’ai bien souvent entendu les ravages des familles toxiques et généralement, les enfants sont livrés à eux-mêmes.

Le sujet abordé à travers votre court-métrage est prenant, comment avez vous eu l'idée de vous orienter vers celui-ci mais également de montrer un point de vue qui est celui abordé par le regard des enfants?


Cela fait déjà un très long moment que je voulais traiter des violences domestiques, ce fléau qui continue d’exister. Avec le Nikon Film Festival, je me suis dit que le moment était venu. En plus, il entrait parfaitement dans cette thématique familiale et de l’enfant délaissé que j’ai construit avec ce concours de film (Je suis cette étoile la nuit, SOS Harmonie, Je suis devant la télé). J’ai bien souvent entendu les ravages des familles toxiques et généralement, les enfants sont livrés à eux-mêmes. L’idée de deux petites filles regardant une histoire de violence à la télévision et la normalisant pour accepter ce qui se passe chez eux me semblait le meilleur choix scénaristique pour dénoncer ce fléau. En montrant l’innocence de l’enfance, on peut montrer à quel point toute cette violence passe sous silence et se banalise.


Pouvez-vous revenir sur le tournage et la réalisation du film?


Le tournage était super génial ! Tout à été organisé très rapidement. Et encore une fois je ne remercierais jamais assez cette équipe fabuleuse et bien évidemment les actrices qui sont déjà présentes depuis le début de cette trilogie, en particulier Elisabeth qui est présente depuis Je suis cette étoile, la nuit. Nous avons tourné de la manière la plus simple et la plus efficace. Malgré cela, nous nous sommes bien amusés tout au long de ces deux jours de créativité intense. Le stresse était présent au début mais il a vite disparu quand j’ai vu que j’étais si merveilleusement bien entouré. Je crois qu’il s’agit du film dont je suis le plus fier depuis très longtemps. Les retours sont très positifs, nous faisons partie des films les plus partagés et les plus commentés du festival. Je ne m’attendais tellement pas à ça !

Ce qui est fantastique avec le court-métrage, c’est qu’on peut expérimenter comme bon nous semble et aller au-delà de nos idées. On peut faire un film avec pas grand-chose et ça c’est top !

Qu'est ce qui vous plaît dans le format du court-métrage? Avez vous l'intention de continuer dans ce domaine ou bien aimeriez-vous au long terme réaliser des moyens/longs-métrages?


Ce qui est fantastique avec le court-métrage, c’est qu’on peut expérimenter comme bon nous semble et aller au-delà de nos idées. On peut faire un film avec pas grand-chose et ça c’est top !

Même si à côté je construis mon activité de photographe professionnel, je souhaiterais rester dans les thématiques féministes et familiales avec lesquelles je me suis construite. En ce moment j’ai l’écriture de deux longs-métrages dont un sur les violences conjugales et un autre court-métrage sur les traumatismes ou encore le harcèlement de rue. Je continue d’y croire ! J’espère un jour trouver ma place !


Avez vous d'autres passions extérieures au cinéma?


La photographie bien évidemment mais je me répète ! J’adorerais d’ailleurs faire un film entièrement en photos ! Un rêve ! Bref… Pour être honnête, j’adore à m’intéresser à tout : la peinture, la musique, les livres, la technologie, la mécanique, la médecine… Enfin ce genre de choses ! Si au bout d’une semaine, je n’ai rien appris, c’est que ça ne me passionnait pas plus que ça. Mais ce serait tellement dommage de ne pas essayer tout ce qui est possible.

L’acting, c’est passionnant mais que c’est difficile ! Une bonne raison d’être en admiration devant le jeu de toutes les comédiennes et comédiens !

Avez vous déjà essayé d'être devant la caméra? Si oui pouvez vous nous faire part de votre différence de ressenti entre être acteur et être réalisateur


J’ai déjà essayé d’être devant la caméra et je me déteste encore plus ! Enfin l’expérience était chouette mais… je crois que je suis mauvais. C’est complètement différent et c’est terriblement stressant. L’acting, c’est passionnant mais que c’est difficile ! Une bonne raison d’être en admiration devant le jeu de toutes les comédiennes et comédiens !


Pour finir avez vous quelques mots supplémentaires à nous partager à propos du film, du nikon festival ou de vous tout simplement ?


Je dirais que ce qui est bien avec le Nikon Film Festival, c’est qu’on peut regarder pleins de films en attendant que les salles de cinéma réouvrent, et on peut retrouver l’inspiration. Et encore une fois, merci infiniment pour tous les retours positifs sur le film !


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Marie Manon Poret I 30.03.21



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