Jeune, talentueux et engagé : rencontre avec Tom Villa, le couteau-suisse de l’humour français.

Comédien et chroniqueur âgé de seulement 31 ans, Tom Villa a fait ses débuts sur scène en 2011, en faisant les premières parties de célèbres humoristes tels que Anne Roumanoff, Gad Elmaleh ou encore Mathieu Madénian. Après Europe 1, Salut les Terriens auprès d’Ardisson, France 2 avec Michel Drucker ou encore la Bande Originale de Naguy sur France Inter depuis 2016, Tom Villa monte sur les planches en bois pour nous faire découvrir son univers. Ce premier one-man-show « Les Nommés sont… » reprend le fil conducteur d’une cérémonie de remises de prix tout en critiquant l’actualité. Écologie, médias, racisme, gilets jaunes, religions, Tom nous dépeint la société française d’aujourd’hui avec humour.


Rires et réflexions, le cocktail parfait d’une bonne soirée en perspective le 6 novembre au Théâtre Trianon de Bordeaux et tous les lundis soir à La Nouvelle Ève à Paris.

© Loic Cousin

Bonjour Tom ! Qui êtes-vous d’après vous-même ? Comment vous décririez-vous ?

Bonjour, Tom Villa, 31 ans, gémeaux, 1m83, couteau suisse et troubadour. Je fais de la scène, de la radio, mais aussi de la télévision et un peu de cinéma.


Vous avez, à 31 ans, déjà travaillé avec les plus grands de l’humour français tels que Gad Elmaleh, Mathieu Madénian, Eric Antoine, Jérôme Commandeur, Jeff Panacloc, Arnaud Ducret ou encore Anne Roumanoff. Avec qui avez-vous gardé la meilleure relation ?

Ce sont tous des cas de figure très différents. Celui qui est vraiment mon ami aujourd’hui c’est Jeff Panacloc, nous sommes très proches et on part même en vacances ensemble. Je suis également ami avec Eric Antoine. En fait, grosso modo, j’ai gardé de bons rapports avec tous. Mais nous ne créons pas toujours des amitiés fortes, c’est avant tout des collaborations professionnelles et artistiques.


Parmi tous vos beaux moments de télé, si vous deviez en choisir qu’un seul, lequel serait-il ?

Ce serait sans hésiter la toute première chez Ardisson. Ce n’était pas la meilleure me concernant, loin de là mais me retrouver là, face à Thierry, c’était vraiment fou ! Comme un rêve d’enfant qui se réalisait.

Et si vous deviez choisir votre meilleur souvenir sur scène, lequel choisiriez-vous ?

Là vraiment, ce que je vis en ce moment à Paris à La Nouvelle Eve c’est magnifique. La salle est folle. C’est un beau petit cabaret un peu rococo des années 1960-70. Et puis avant, il y avait des gens qui venaient mais ils ne me connaissaient pas tous. Maintenant, j’ai vraiment l’impression qu’ils me connaissent, qu’ils viennent véritablement pour moi et c’est un vrai plaisir. C’est si gratifiant de sentir que les gens apprécient ce que vous faites. C’est comme dans une relation amoureuse : j’ai passé le stade de la séduction, on est maintenant au deuxième rendez-vous amoureux dans lequel je ne dois pas faire de conneries pour ne pas décevoir mon public.


Que l’on écoute vos chroniques sur France Inter, que l’on regarde vos vidéos sur Instagram ou que l’on vienne vous voir jouer « Les nommés sont… » nous entendrons parler de l’actualité, point de départ de vos idées. Qu’est-ce qui vous fait rire dans l’actualité d’aujourd’hui ?

Aujourd’hui, ce qui me fait tristement rire c’est Donald Trump qui surf sur le fait qu’il ait eu la Covid-19 et ce côté super héros en carton qu’il tend à mettre en avant. L’autre chose qui m’amuse c’est Enrico Macias qui dit que si Marine Le Pen passe en 2022 il quitterait le pays et cette dernière lui a répondu que c’était une bonne raison supplémentaire de voter pour elle... On en est à ce niveau de gamineries, c’est terrible.

Quelles sont les personnes qui vont ont donné envie de jouer ou qui vous ont inspiré ?

Quand j’étais plus jeune, je regardais les premiers spectacles de Bigard qui étaient fabuleux. Il y avait aussi Franck Dubosc, Albert Dupontel et Coluche. Desproges quant à lui était très différent des autres, je l’aimais énormément. Puis lorsque j’ai vu, comme bcp de gens de ma génération, le Jamel Comedy Club je me suis dit qu’il y avait aussi des jeunes qui pouvaient faire rire. C’est de là que j’ai eu le déclic et que je me suis dit que c’était possible.


Pourquoi avez-vous décidé de faire du rire votre vie ?

C’est une envie depuis tout petit, j’étais très timide, je n’osais jamais faire les choses à part dans ma tête. Puis au lycée, des copains se sont mis au théâtre et je les ai suivis. Petit à petit, j’ai essayé de vaincre et de combattre cette timidité. Aujourd’hui, au quotidien, je suis toujours une personne introvertie, le contraire de ce que je suis sur scène et à la télé. Il n’y a rien de plus impudique que d’être devant un public, mais ça bouillonnait tellement à l’intérieur de moi que je m’en serais voulu toute ma vie si je ne m’étais pas lancé.

© Loic Villa

Qui est le ou la première humoriste qui vous a marqué ?

Le premier en étant tout à fait honnête c’est Jean-Marie Bigard. C’est un souvenir où je suis chez mon oncle, il y a des cassettes qui trainent, j’en prends une, je la regarde et je tombe sur ce mec, c’était fou. La chauve-souris, est un sketch incroyable !

Vous jouez également Aurélien Berton, un jeune avocat dans la série TF1 Munch. Que pensez-vous de l’acting, souhaitez-vous réitérer cette expérience ? Et pouvez-vous nous donner un petit conseil : quel est votre film ou série préféré ?

L’acting, c’est tellement un plaisir, un bonheur, surtout quand on est face à des Rolls-Royce comme Isabelle Nanty. C’est comme jouer au tennis face à Raphaël Nadal mais en plus il te met les bonnes balles et il te fait croire que tu joues bien, c’est génial. On va tourn