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Rencontre (insolite) avec Garance Marillier

Le grand public a découvert Garance Marillier début 2017 avec le film Grave (de Julia Ducourneau), dans lequel elle tenait le premier rôle. Une nomination aux Césars plus tard (dans la catégorie Meilleur Espoir Féminin), la voici membre du jury de la sixième édition du FIFIB (Festival International du Film Indépendant de Bordeaux). Nous en avons profité pour la rencontrer et lui poser quelques questions entre deux projections.



Bonjour Garance ! On va faire comme si on ne te connaissait pas du tout.

Qui es-tu ? D’où viens-tu? Que fais-tu ?

Alors je m’appelle Garance Marillier, j’ai 20 ans. Je viens de Paris, et je suis comédienne.


Ta carrière d’actrice est en train de sérieusement décoller. Tu as eu le bac récemment, est-ce que tu continues les études à côté de ta carrière ?

J’ai eu le bac l’année dernière oui. Et maintenant je ne fais que ça en effet, je suis dans une école qui s’appelle l’Ecole du Jeu, et j’y suis à plein temps !


On connaît tous assez bien ta carrière justement, ce n'est pas la première interview que tu donnes. Le grand public t’a découverte avec Grave il y a un peu moins de deux ans. Tu peux nous parler de tes futurs projets ?

J’ai tourné dans une série l’année dernière, et elle va sortir le mois prochain. C’est Ad Vitam de Thomas Cailley et c’est une série d’anticipation.

Sinon j’ai terminé un film cet été également : Pompéï de John Shank et Anna Falguères. En gros c’est une histoire d’amour avec Aliocha Schneider.


On voulait justement que tu nous parles un petit peu de la série Ad Vitam, qui sera diffusée sur Arte dans un petit mois. Qu’est-ce que tu peux nous en dire ?

Comment as-tu eu le rôle ? C’est comment de tourner avec Thomas Cailley ?

C’est mon agent qui m’a envoyé sur le casting et ça s’est fait très naturellement. Je sortais juste du bac et je me sentais très libre, ça a certainement beaucoup aidé au moment du casting. Puis j’ai été prise et j’ai rapidement rencontré Thomas pour commencer les lectures.


Depuis toute petite, tu as eu une éducation musicale, tu as fait du trombone et des percussions. Quelle place laisses-tu à la pratique musicale dans ta vie maintenant ?

J’écoute genre cinq heures de musique par jour, mais depuis Grave j’ai arrêté la pratique musicale. C’est surtout un manque de temps mais aussi un manque d’envie, j’ai senti que c’était finalement peut être pas ce qui me faisait rêver. Mais la musique garde une part très importante dans le jeu, au niveau du rythme notamment. Même parfois inconsciemment, je fais facilement le rapprochement entre les percussions et jeu quand je travaille.


Le clip Fangs out de Agar Agar est sorti au début de l’année. Ça a été assez surprenant de t’y retrouver, comment en es-tu arrivée à jouer dedans ?

En fait je connaissais William Laboury, le réalisateur. J’avais participé à son film de fin d’études pour la FEMIS. Ça nous faisait marrer de re-travailler ensemble. C’était vraiment hyper physique, j’ai dû apprendre à marcher comme un loup, ou plutôt comme un chien.


On ne te demande pas si tu aimes la musique d’Agar Agar ?

Bien sûr oui, clairement.


Tu écoutes quoi en ce moment ? Des groupes à nous conseiller ?

Bah là justement j’écoute le nouvel album d’Odezenne (Au Baccara) ! J’adore, je suis une grosse fan, mais je trouve que le dernier album est trop court.


Dans Ad Vitam tu donnes la réplique à Yvan Attal, qu’il n’est plus besoin de présenter. Comment s’est passé le tournage à ses côtés ?

Yvan c’est quelqu’un de très classe, il m’a jamais fait ressentir que c’était quelqu’un de mille fois plus expérimenté que moi. C’est un partenaire très généreux, c’était une grande leçon de tourner avec lui, il est vraiment humble.



Un acteur ou une actrice qui t’inspire particulièrement, à qui tu aimerais donner la réplique ? Un réalisateur ou une réalisatrice avec qui tu aimerais travailler ?

Pour moi, en terme de jeu c’est Isabelle Huppert qui reste la plus grande référence.Sinon y’a aussi David Lynch dans sa direction d’acteur. Les deux se rejoignent dans le sens où il ne prennent jamais le chemin le plus simple, ils ne vont jamais là où on les attend. Lynch a une manière de diriger ses comédiens, il peut te faire boire de l’eau de la manière la plus étrange possible. Et Huppert c’est pareil, elle peut paraître à côté de la plaque mais elle est toujours incroyablement juste.

Bon tout ça ça reste un rêve hein, y’a encore pas mal de travail avant d’atteindre ce niveau !


On remarque que l’on te connaît essentiellement dans du cinéma de genre. C’est quelque chose qui te correspond et que tu aimes particulièrement ?

Non pas vraiment, j’ai pas envie de m’enfermer dans une case en particulier. Ça s’est simplement présenté comme ça. Pour moi, dans le cinéma de genre, les palettes de jeux sont agrandies et c’est plus intéressant parce que j’ai plus de choses à jouer. C’est ça qui me pousse vers le genre. Mais je ne suis pas friande des films de genre en tant que spectatrice, j’ai jamais vu de film d’horreur. Le cinéma de genre m’intéresse surtout en terme de jeu oui, ça me pousse vers des endroits que je ne pourrais pas explorer avec un cinéma plus naturaliste par exemple.


Tu aimerais jouer des rôles totalement différents ? Une bonne grosse comédie par exemple ?

Si c’est bien écrit, oui !


Je remarque que tu parles beaucoup du corps et de ton rapport au corps dans tes interviews. Pour toi le cinéma, c’est une question de posture, de rapport au corps ?

C’est vrai que pour moi tout passe par le corps, et ça apparaît clairement dans le jeu. Une posture, la manière dont un corps se tient peut raconter mille fois plus de choses qu’une réplique. Les sensations, tout ce que l’on ressent passe beaucoup par l’attitude et c’est ça que j’ai envie d’explorer.


Quel est ton rapport à ton image justement ? On te voit un peu partout ces derniers temps, ton image envahit les réseaux et les espaces publics, ça doit être déstabilisant ?

Je traîne avec la même bande d’amis depuis que je suis au collège, depuis environ dix ans. Je suis pas très mondaine, je reste avec eux tout le temps et rien n’a vraiment changé en fait, dans la vie de tous les jours. Je sépare complètement vie personnelle et professionnelle, donc ça m’aide beaucoup à rester focalisée sur les choses importantes.


Ad Vitam est une série qui parle de l’âge et de vaincre la mort. D’immortalité en quelque sorte.

Là aussi ça sous-entend un rapport au corps et à son vieillissement.

C’est drôle parce que ça fait un mois que je constate que la peau de mes mains a changé, c’est plus une peau de bébé ! J’ai l’impression qu’elles sont toutes fripées alors que pas du tout !

Non en vrai j’ai un rapport complètement normal au fait de vieillir, moi j’ai trop hâte d’avoir trente ans, je trouve ça beau de grandir et de vivre plein de trucs.


Que penses-tu des films en compétition au FIFIB cette année ? Tu as pu aller voir les films de la compétition court-métrages aussi ?

J’ai pas pu voir les court-métrages, je suis un peu dégoûtée… Je ne peux pas vraiment parler des films en compétition évidemment, mais je trouve que c’est une super sélection, les films sont super variés et très intéressants !



Depuis l’interview, le FIFIB s’est terminé et le jury a notamment décerné son grand prix à Game Girls, d’Alina Skrzeszewska.

Nous retrouverons Garance Marillier dans la série Ad Vitam sur Arte dès le 8 novembre. Aucune date n’est encore annoncée pour Pompéï, de John Shank et Anna Falguères.


Ad Vitam, de Thomas Cailley : Bande annonce


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Pierre Martial, Nicolas Jolfre I 26/10/2018

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