Rêves de gosses, passion et cinéma : Thibault Dardant

En cette période de (re)confinement, nous avons eu l’occasion de discuter avec Thibault. Après avoir organisé et donné lieu à la deuxième édition de son Festival Millimétrage qui s’est déroulée le 21 et 22 août 2020, il est actuellement sur un nouveau court-métrage, bien différent de son premier. Lors de notre rencontre, nous en avons profité pour en savoir un peu plus sur ce qu’il nous préparait...

© Benjamin Stephan

Salut Thibault ! Comment tu vas ? Où en es-tu dans ta vie et tes projets actuellement ?

Salut ! Eh bien au niveau des études, je suis en troisième année d’art du spectacle maintenant et au niveau projets, j’aimerais, après le court-métrage sur lequel je suis actuellement, qui est très intense et fatiguant, me concentrer sur des choses plus petites, comme les sketchs. J’en ai écris 3-4 où je jouerais tous les personnages réunis autour d’une table et ça s’appellerait « Brainstorming » à chaque fois… Comme pour la vidéo d’ouverture de cérémonie pour « Milimétrage », je voudrais garder ce concept et le faire évoluer !



Peux-tu nous rappeler quel cursus scolaire et universitaire tu as suivi ?


La première chose artistique qui est venue c’était au collège avec l’option Théâtre à la Tremblade, donc c’était vraiment le premier pas sur ce que je fais aujourd’hui. Après le brevet je suis parti au lycée Merleau-Ponty à Rochefort pour suivre un bac L option Cinéma que j’ai obtenu. Et après ce bac L je suis parti en fac d’Art du spectacle Théâtre et Cinéma à Poitiers… L’année prochaine j’aimerais tenter une formation d’acteur sur trois ans, au sein de l’Acting Studio à Lyon, car finalement j’ai toujours appris un peu seul et je pense que me concentrer 2-3 ans sur le jeu ne serait que bénéfique.


Tu as monté ton premier festival de court-métrages à Rochefort en 2019 dans lequel tu as également diffusé le tient intitulé « The Real Spider-man », on se doute que le rythme a dû être assez intense et à la fois excitant… quelles ont été tes impressions d’abord sur l’organisation de ce tout premier festival, ainsi que sur la réalisation de ton court-métrage ?


Oui, j’ai co-créé le Festival Millimétrage avec Thibault Delacoste. D’ailleurs, on bosse en ce moment sur la troisième édition.

Pour la première édition, c’était pour moi la découverte de l’organisation d’un festival. C’est beaucoup de paperasse, beaucoup de réunions, et ça m’a appris à être un peu plus rigoureux sur des choses que je ne maîtrise pas comme l’administratif et je ne suis pas du tout organisé pour ça. Donc j’apprends tous les jours à l’être.


Et concernant mon court-métrage, c’était mon premier hors scolaire, donc sans matériel que j’avais à proximité via le lycée, et ça s’est fait dans un contexte où on avait une caméra, on avait des ami.e.s et on a fait ce projet un peu fou qui était de faire un film de super-héros à Royan. Ça m’a aussi fait comprendre que plus tard j’ai pas forcément envie d’être réalisateur mais surtout comédien ou scénariste et ça m’a aussi appris qu’en tant que réalisateur je veux faire kiffer et je veux réaliser des rêves en fait !


Peut-être te sens-tu un peu plus confiant aujourd'hui après ces expériences, quels bénéfices humains tu en tires ? Des leçons, des nouvelles techniques cinématographiques et notions apprises sur le terrain ?


Alors est-ce que je me sens plus confiant…? Je vais dire non parce que mon manque de confiance en moi fait que peu importe ce que je fais, je serai toujours hésitant sur plein de choses. J’essaie de combler ça par beaucoup de travail. Mais ça m’a appris à faire confiance aux autres, à délaisser des tâches, à travailler en duo puis aussi à vivre des aventures humaines ! L’année dernière c’était incroyable, des réalisateurs sont venus des quatre coins de la France, j’ai pu parler avec des gens du milieu… Je revois les photos avec tous les réalisateurs en train de boire des coups tous ensemble ! On ne se connait pas et la seule chose qui nous réunit, c’est le cinéma ! On se rend compte qu’on n’a pas du tout les mêmes cursus, ni les mêmes vies, mais par contre on se comprend quand même autour du langage cinématographique. C’est vraiment super !


Parles-nous du court-métrage sur lequel tu travailles en ce moment, tu parlais déjà d’un western quelques mois avant de commencer ce nouveau projet…Pourrais-tu nous en donner quelques détails … ?


Oui ! Et bien ce court-métrage s’appelle « La Traque ». On est produits par le Studio N et diffusés par Kipitch Créations. Pour faire court, c’est l’histoire de deux personnages : un cowboy nommé Clint Edwards, forcément Clint en référence à Clint Eastwood. C'est l’un de mes réalisateurs et acteurs préféré, et ça me tenait à cœur que le personnage s’appelle ainsi. Le deuxième personnage, une cowgirl qui s’appelle Rose. Ils sont tous les deux à la recherche d’un homme depuis plusieurs jours et on ne sait pas pourquoi… Et je m’arrête là car c’est au fil des dialogues que tout se joue….


© Benjamin Stephan

C’est complètement différent de ton premier court-métrage ! As-tu un rapport personnel avec cet univers ?


Oui, en fait depuis tout petit je suis passionné de films western et je les catégorise aussi avec les films d’aventure. Ma référence pour les films d'aventure sont les Indiana Jones ou les Pirates des Caraïbes, ce sont pour moi des films qui font voyager. Et donc, oui, j’ai toujours été intrigué par les westerns…. Je regardais en boucle les films de Sergio Leone avec la Trilogie du Dollar ou encore un peu plus ancien On l’appelle Trinita, en me disant que « woah, je voudrais faire pareil ! ». Et toujours passionné par ce côté aventure, cette idée d’un cowboy avec son cheval qui galope dans un décor incroyable ! Mais justement ces décors c’étaient toujours des déserts, le Grand Canyon et il y avait ce côté inaccessible. En 2018, j’ai pris une petite gifle au cinéma en regardant Les frères sisters, de Jacques Audiard, où l’histoire se déroule pendant la conquête de l’Ouest mais en Oregon, ce qui fait qu’on a des forêts, on a la mer, le sable, des décors que nous ne sommes pas habitué.e.s à voir dans des westerns. Ça m’a fait un déclic parce que j’ai ce paysage près de chez moi avec la forêt de la Coubre et c’est parti de cette idée-là aussi. J’aime aussi le dépaysement, je suis plutôt content pour ce court-métrage car on a réussi à filmer d’une telle manière qu’on se croit dans un autre pays, donc c’est cool ! Et puis c’est vrai que je sors totalement de ma zone de confort. Finalement, on est sur quelque chose de plus lent et de contemplatif…



Tu nous laisses encore sur l’image de Spiderman depuis ton premier court-métrage, est-ce que tu joues à nouveau dans ce projet ?


Ouais, je suis acteur et réalisateur. En vrai, ça part d’un sentiment peut-être un peu égoïste, mais j’ai aussi envie de me faire kiffer et de jouer dans un western. Et vu que pour le moment on ne propose pas de westerns, disons que je me le propose moi-même avec les petits moyens que j’ai !


Et du coup tu montes à cheval ?


Oui ! Ça fait deux mois avec Eglantine Cheminade, qui joue Rose, qu’on apprend à monter à cheval. Après, elle a fait énormément d’équitation auparavant donc elle a seulement eu besoin de revoir les bases. Me concernant, j’ai fait 9 ans d’équitation quand j’étais petit mais j’ai arrêté au collège et j’ai dû tout réapprendre ! Mais surtout, j’ai dû apprendre à monter comme les cowboys et ça c’était plus compliqué (rires) !


Nous avons cru comprendre via Instagram que malheureusement vous avez dû arrêter le tournage, comment ça se passe alors ?


En fait, on aurait dû terminer le jeudi d’avant le confinement, mais comme on a eu des soucis de météo, on avait prévu deux jours en plus. Il nous restait deux séquences à tourner. Seulement, on a dû voir auprès du centre équestre pour les chevaux et pour eux ce n’était pas possible. Donc on a reporté nos dernières journées de tournages après le confinement et dès que le centre équestre le pourra également.


En tous cas c’est super ! Nous te souhaitons toujours que du bon dans tes projets, et l’équipe de Feather t’envoie toute son énergie pour fournir le travail nécessaire ! Une dernière petite question avant qu’on se laisse : Quelles sont tes attentes et tes idées pour l’avenir ?


J’aimerais à l’avenir prendre plus confiance en moi et continuer à me faire plaisir ! J’ai toujours à côté de moi le petit Thibault de 10-12 ans qui est là, et j’ai envie de le faire kiffer. Et mon rêve c’est aussi de faire du stand-up et des One Man Show, faire des sketchs et des choses drôles. Me spécialiser plutôt dans l’humour !


Génial, à très vite Thibault ! On reste attentif.ve.s aux nouvelles !


© Benjamin Stephan

Thibault Dardant ⎮Festival Millimétrage

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Emma Pichard ⎮ 14.11.2020